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Un courant de «libéralisme social» entre le Canada et la France

Un courant de «libéralisme social» entre le Canada et la France

Nicolas Chapuis et Justin Trudeau.AFP

L'arrivée surprise au pouvoir fin 2015 de Justin Trudeau, figure montante d'un parti libéral rajeuni, et les intentions de vote de la prochaine présidentielle en France illustrent la convergence de courants politiques vers «le libéralisme social», a estimé jeudi l'ambassadeur de France au Canada.

Les formations politiques telles qu'elles existaient dans plusieurs pays occidentaux dans la deuxième moitié du XXe siècle «sont en train de mourir» au profit d'un mouvement de rassemblement de forces du centre, selon Nicolas Chapuis.

«La notion de libéralisme social est une étiquette intellectuelle qui a été posée pour la première fois sur le programme de Justin Trudeau», alors candidat aux législatives du Canada en 2015.

La dispersion des votes mercredi aux législatives aux Pays-Bas et la place dans les intentions de vote aux présidentielles en France du mouvement de l'ancien ministre Emmanuel Macron illustrent cette tendance.

L'étiquette «se retrouve posée aujourd'hui sur d'autres programmes», a souligné le diplomate français, lors d'une conférence au Conseil des relations internationales de Montréal (Corim).

«Le libéralisme social», spectre allant du centre gauche au centre droit, «devient une forme d'expression politique nouvelle qui pourrait être en phase avec les attentes de l'électorat», a-t-il ajouté.

En Europe, c'est une forme de «convergence» par rapport aux expériences précédentes du socialisme, de la sociale-démocratie, de l'écologie ou même de la droite conservatrice, avec une approche différente de la mondialisation.

A ce titre, l'ambassadeur de France a rappelé l'approche défendue par le premier ministre canadien, à savoir une meilleure répartition des bénéfices de la mondialisation pour les populations et «non au détriment des peuples».

Pour Nicolas Chapuis, la victoire de Donald Trump «met en lumière une politique Trudeau qui rayonne au-delà du Canada», même si le premier ministre canadien «est réticent à brandir l'étendard de la résistance» au sein des grandes puissances.

«La nature a horreur du vide», et si les Américains «vont se recroqueviller derrière des murs pour s'affranchir d'une mondialisation qu'ils ont créée», alors «d'autres vont prendre la place» pour être moteurs par exemple sur le climat ou sur l'innovation, a poursuivi Nicolas Chapuis.

Les Européens, en partenariat avec la Chine, l'Afrique ou «les États américains qui voudront être avec nous» vont assurer ce rôle, a-t-il estimé.



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