Catherine Triomphe
AFP

Marine Le Pen à la Trump Tower

Marine Le Pen à la Trump Tower

Marine Le Pen à la Trump Tower.Photo Twitter Sam Levine

Catherine Triomphe

Dernière mise à jour: 12-01-2017 | 13h46

NEW YORK - La candidate d'extrême-droite à la présidentielle française, Marine Le Pen, a fait une apparition surprise jeudi à la Trump Tower, QG de Donald Trump à New York, même si elle n'y a eu aucune rencontre avec le futur président américain ni aucun membre de son équipe. 

La présidente du Front national, qui incarne la vague populiste en France et avait été l'une des premières à féliciter Donald Trump pour son élection en novembre, a été prise en photo prenant un café au Trump Ice Cream Parlor, l'un des cafés situés au rez-de-chaussée de Trump Tower. Elle était attablée avec trois hommes, dont son compagnon Louis Aliot, vice-président du FN, et l'un des principaux contacts du FN à New York, Guido Lombardi.

Contrairement au leader europhobe britannique Nigel Farage, qui avait rencontré Donald Trump à New York peu après son élection, Mme Le Pen ne devait rencontrer «personne de notre équipe», a précisé une porte-parole de M. Trump, Hope Hicks.

Même si le milliardaire habite et travaille dans les étages de la tour, située sur la 5e Avenue, le bâtiment est resté ouvert au public depuis son élection. Tout le monde peut y entrer à condition de se soumettre aux fouilles de sac imposées par les forces de police. 

Mme Le Pen, qui assurait en novembre que Donald Trump avait son numéro de téléphone et qu'ils avaient «des connaissances en commun depuis longtemps», a refusé à son arrivée à la tour de dire si elle était venue rencontrer M. Trump ou des membres de son équipe. 

La raison de sa visite dans le nouveau temple du pouvoir américain pourrait être plus simple: son contact Guido Lombardi, qui s'est impliqué dans la campagne de l'homme d'affaire, habite dans l'un des appartements de Trump Tower.   

L'un de ses proches n'avait pas exclu que Marine Le Pen parle aux journalistes avant de repartir, mais en début d'après-midi, personne ne savait si elle était encore à Trump Tower.

Le directeur de campagne de Mme Le Pen, David Rachline, avait affirmé depuis Paris que Marine Le Pen était partie en visite «privée» à New York, ne donnant aucun détail sur son programme sauf pour écarter toute rencontre avec le futur président américain.

Un autre candidat à la présidentielle française, le centriste Emmanuel Macron, est venu à New York en décembre. Mais sa visite avait été annoncée et il n'avait pas caché qu'il était venu aussi bien pour se présenter à l'importante communauté française de la mégapole américaine lors d'interventions publiques, que pour des rencontres privées destinées à lever des fonds.

Apparemment désireuse de profiter d'un possible «effet Trump» sur les prochaines échéances électorales en Europe, Marine Le Pen a encore salué la semaine dernière le «volontarisme» du président élu en matière de protectionnisme, après qu'il a poussé le constructeur automobile Ford à construire certains de ses modèles aux États-Unis plutôt qu'au Mexique.

Sa dernière visite connue à New York remonte à avril 2015, lorsqu'elle était venue pour une cérémonie du magazine Time dédiée aux 100 personnes jugées les plus influentes de l'année par l'hebdomadaire. 

«Je fais partie de la majorité des Français qui parlent peu l'anglais. En cela je suis très gaullienne: "I speak very badly"», avait-elle alors plaisanté avec un gros accent français.

Elle était aussi venue dans la mégapole américaine fin 2011, avant sa première candidature à la présidentielle française de 2012. Elle avait alors eu une rencontre controversée avec l'ambassadeur d'Israël à l'ONU, la première rencontre avec un responsable israélien pour la fille de Jean-Marie Le Pen qui avait qualifié les chambres à gaz de "détail" de l'histoire de la Seconde guerre mondiale. 

Les sondages pronostiquent pour l'instant que Marine Le Pen devrait parvenir au second tour du scrutin qui doit désigner en mai prochain le successeur du socialiste François Hollande.

Rudy Giuliani à la cybersécurité

Donald Trump a désigné jeudi Rudy Giuliani, l'ex-maire de New York et l'un de ses plus fervents soutiens, pour le conseiller sur le dossier explosif de la cybersécurité, alors que le scandale du piratage informatique de la campagne électorale par Moscou ne cesse de l'empoisonner.

Tout en reconnaissant que la Russie était derrière le piratage des emails du parti démocrate, le futur président a répété mercredi que le piratage était le fait de bien d'autres pays et individus, dans de nombreux domaines autres que la politique, lors de sa conférence de presse mercredi. 

Donald Trump a notamment indiqué qu'il allait solliciter les grandes entreprises informatiques américaines et faire publier un rapport dans les 90 jours sur les moyens de se protéger face à cette menace.

Le communiqué publié jeudi par son équipe de transition reste vague sur les responsabilités exactes de M. Giuliani, 72 ans, qui fut procureur fédéral à New York, puis «maire de l'Amérique» après les attentats du 11 septembre 2001 avant de diriger une société de conseil en sécurité à l'international et conseiller en cybersécurité un grand cabinet d'avocats.

M. Giuliani va «partager son expertise» sur «les problèmes de sécurité du secteur privé», selon le communiqué.

La «menace majeure» que représente le piratage informatique pour la sécurité nationale nécessite «une contribution du secteur privé» et M. Giuliani devra «lancer ce processus», ajoute le texte. 

Le nom de M. Giuliani avait un temps circulé comme possible secrétaire d'État, poste dont il a finalement été écarté au profit du président d'ExxonMobil Rex Tillerson, actuellement auditionné au Sénat.




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