Ivan Couronne
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Le directeur de campagne de Trump inculpé

Le directeur de campagne de Trump inculpé

Corey Lewandowski (à gauche).Photo Archives / Reuters

Ivan Couronne

Dernière mise à jour: 29-03-2016 | 12h14

WASHINGTON - Corey Lewandowski, directeur de campagne de Donald Trump, a été inculpé mardi pour avoir agrippé une journaliste qui tentait de poser une question au candidat républicain à la Maison-Blanche, des faits qu'il avait vigoureusement démentis mais semblent confirmés par une nouvelle vidéo de surveillance.

La police de Jupiter, en Floride, a arrêté, inculpé et immédiatement remis en liberté Corey Lewandowski, convoqué au tribunal le 4 mai à 8 h 30, selon un procès verbal transmis à l'AFP. L'entourage de Donald Trump conteste le terme d'arrestation mais a confirmé l'inculpation, tout en clamant l'innocence du plus proche des conseillers du milliardaire.

Le chef d'inculpation correspond à un délit mineur: une «voie de fait» ou atteinte à l'intégrité physique d'une personne. L'enquêteur de la police indique qu'il existe suffisamment d'éléments pour inculper Corey Lewandowski, accusé d'avoir «intentionnellement touché Michelle Fields (...) contre le gré de Michelle Fields», la journaliste.

«M. Lewandowski a reçu une assignation à comparaître et on lui a donné une date au tribunal. Il n'a pas été arrêté. M. Lewandowski est absolument innocent de ce chef. Il plaidera non coupable et a hâte de se défendre au tribunal. Il est absolument sûr d'être exonéré», a indiqué l'équipe de Donald Trump dans un communiqué officiel.

«Ouah, Corey Lewandowski, mon directeur de campagne, un homme très respectable, vient d'être inculpé pour agression d'une journaliste. Regardez les vidéos-il n'y a rien!» a aussi écrit sur Twitter Donald Trump.

L'altercation remonte au 8 mars, à l'issue d'une conférence de presse de Donald Trump à Jupiter, dans son club de golf.

Michelle Fields, alors journaliste pour le site conservateur Breitbart, suivait Donald Trump pour lui poser une question. Le candidat se dirigeait vers l'arrière de la salle, quand elle dit avoir été violemment tirée par l'avant-bras par Corey Lewandowski, une scène dont fut témoin un journaliste du Washington Post.

Violences récurrentes

Michelle Fields, qui a depuis démissionné de Breitbart, avait photographié des bleus sur son avant-bras gauche comme preuve, mais Corey Lewandowski avait nié la moindre altercation. Les vidéos partielles et l'enregistrement audio de l'incident n'avaient jusqu'à aujourd'hui pas permis de confirmer avec certitude sa version.

«Vous êtes totalement délirante. Je ne vous ai jamais touchée. En fait, je ne vous ai même jamais rencontrée», avait écrit Corey Lewandowski sur Twitter le 11 mars, le jour où la journaliste avait porté plainte.

Donald Trump avait également défendu son directeur de campagne. «À mon avis, ça a été inventé. Tout le monde dit qu'il ne s'est rien passé. Elle a peut-être tout inventé», avait-il déclaré sur CNN deux jours après.

Mais une vidéo de surveillance rendue publique par la police mardi semble confirmer la version de la journaliste. On y voit Corey Lewandowski tendre le bras et agripper Michelle Fields, qui se retrouve à quelques mètres derrière Donald Trump.

Le 11 mars, Corey Lewandowski avait aussi été filmé en train de tirer un jeune manifestant en arrière par le col, sans apparemment le blesser, lors d'un rassemblement à Tucson, dans l'Arizona.

«Je dois lui reconnaître qu'il est plein d'entrain. Il voulait enlever ces pancartes pleines de grossièretés», avait alors justifié Donald Trump.

Ces incidents s'ajoutent à de nombreux heurts et de violences dans les réunions publiques de Donald Trump, qui refuse systématiquement de les condamner et rejette la faute sur des «agitateurs professionnels». Il a annulé l'un de ses rassemblessements, à Chicago, dans lequel s'étaient infiltrés un grand nombre de manifestants opposés à sa venue.

Le favori de l'investiture traîne aussi une réputation de coups bas et de sexisme. La semaine dernière, il a ainsi directement menacé l'épouse de Ted Cruz, Heidi, dont il a retweeté une photo grimaçante à côté de sa femme Melania, ancien mannequin.

Le refus de Donald Trump d'appeler au calme parmi ses partisans lui avait attiré les foudres non seulement des démocrates mais aussi de ses rivaux républicains, le sénateur Ted Cruz et le gouverneur John Kasich.

Après plus d'une semaine de pause, Donald Trump organise un rassemblement à Janesville, dans le Wisconsin, mardi à 16 h.

Primaires américaines: Obama critique la couverture médiatique

Le président Barack Obama a exhorté lundi les médias américains à dénoncer les candidats à la présidentielle de 2016 qui «mentent haut et fort» et mènent des campagnes qui «échappent à toute raison», visant, sans le nommer, le milliardaire Donald Trump.

Tirant à vue sur la couverture des chaînes d'information, qui rapportent les moindres faits et gestes du favori à l'investiture républicaine, gratifié d'entretiens-fleuves, M. Obama a déclaré: «Bien faire son travail, c'est faire un peu plus que tendre le micro à quelqu'un».

Le président américain, qui s'exprimait lors d'une cérémonie de remise de prix journalistiques à Washington, a appelé les médias à «enquêter, remettre en cause, creuser et exiger plus», et jugé que «ce que nous voyons aujourd'hui pervertit notre démocratie et notre société».

«Lorsque nos responsables élus et nos campagnes électorales échappent complètement à toute raison, aux faits et aux analyses, lorsque le vrai et le faux n'importent plus, cela nous empêche de prendre de bonnes décisions au nom des générations futures», a déclaré M. Obama.

Le président sortant a balayé le mépris pour le politiquement correct - un thème récurrent dans la campagne de Trump -, «un prétexte pour dire des choses offensantes ou mentir haut et fort».

Le président américain a estimé que le succès de la saga journalistique Spotlight, Oscar du meilleur film, montrait l'appétit du public pour la vérité et le reportage.

Il a aussi dit que des critiques virulentes formulées à l'encontre d'autres pays par certains candidats commençaient à inquiéter à l'étranger.

Selon lui, les dirigeants étrangers comprennent que «l'Amérique est le pays où on ne peut pas se permettre une politique délirante».

Interrogé dimanche sur les réactions dont lui font part les dirigeants étrangers lors de ses déplacements, le chef de la diplomatie américaine John Kerry avait répondu que «ce qui se passe est embarrassant pour notre pays».

Le milliardaire Donald Trump fait actuellement la course en tête à la primaire républicaine avec une campagne marquée par des attaques personnelles, des propos jugés islamophobes et des débats qui tournent souvent au pugilat.

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