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Yémen: un cessez-le-feu prévu à partir du 10 avril

Yémen: un cessez-le-feu prévu à partir du 10 avril

Un char combattant les Houthis aux côtés de loyalistes, le 21 mars 2016. Photo Ahmad Al-Basha / AFP

NATIONS UNIES, New York - Le médiateur de l'ONU au Yémen Ismaïl Ould Cheikh Ahmed a annoncé mercredi un cessez-le-feu dans tout le pays pour le 10 avril et la reprise de négociations de paix le 18 avril au Koweït.

«Les parties au conflit ont accepté une cessation des hostilités dans tout le pays à partir du 10 avril à minuit, avant la nouvelle session de négociations de paix qui aura lieu le 18 avril au Koweït», a-t-il déclaré à la presse à New York.

Il a précisé qu'après des consultations extensives - notamment dans la capitale Sanaa, tenue par les rebelles chiites houthis, et à Ryad - il avait reçu des assurances que «toutes le parties (yéménites) participeraient» à ces discussions qui devraient se dérouler «en face à face».

Il a souhaité que la cessation des hostilités permette un «accès humanitaire sûr, rapide et sans entraves» aux millions de civils yéménites qui en ont besoin.

Il faudra aussi, a-t-il dit, «augmenter dans les prochaines semaines le flot de marchandises commerciales» qui parviennent dans les ports du Yémen, malgré un blocus naval saoudien.

Ismaïl Ould Cheikh Ahmed n'a pas précisé si ce blocus serait totalement levé, se contentant d'indiquer que le système d'inspection des cargaisons mis en place par l'ONU, pour s'assurer que les navires ne transportent pas d'armes, resterait en place. Le Yémen importe l'essentiel de ses fournitures et de son carburant.

L'objectif des négociations «est de parvenir à un accord pour mettre fin au conflit et permettre la reprise d'un dialogue politique inclusif, en conformité avec les résolutions de l'ONU dont la résolution 2216», a-t-il souligné.

La résolution 2216 stipule notamment que les rebelles houthis doivent se retirer des territoires dont ils ont pris le contrôle.

Les deux autres «piliers» des négociations, a-t-il ajouté, seront «l'initiative du Conseil de coopération du Golfe et le dialogue national» yéménite.

Le Yémen est en guerre depuis l'intervention en mars 2015 d'une coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite en soutien au gouvernement du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi contre les rebelles houthis.

La dernière session de pourparlers entre le gouvernement yéménite et les rebelles, qui sont soutenus par l'Iran, avait eu lieu du 15 au 20 décembre 2015 en Suisse sous l'égide de l'ONU.

La guerre au Yémen a fait près de 6300 morts, pour moitié des civils, selon l'ONU. Les rebelles houthis contrôlent toujours Sanaa et de larges territoires du nord du pays.

«L'absence de l'État dans de nombreuses régions du Yémen, a souligné le médiateur, a aussi permis l'expansion de groupes terroristes qui représentent une menace à long terme pour le pays et la région», une référence à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique.

Les Yéménites font face à «une tragédie sans nom», où les civils notamment sont soumis à «un niveau extrêmement élevé de souffrances», a déploré Ismaïl Ould Cheikh Ahmed.

Il a précisé que «les négociations inter-yeménites se concentreraient sur cinq dossiers: retrait des milices et des groupes armés, restitution à l'État des armes lourdes, arrangements de sécurité intérimaires, restauration des institutions de l'État et reprise du dialogue politique inclusif, création d'un comité spécial pour les prisonniers et les détenus».

Des comités seront constitués pour débattre séparément de ces cinq points et le médiateur a demandé aux protagonistes de lui soumettre des propositions sur chacun d'eux d'ici le 3 avril.

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