Ivan Couronne
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Trump et Clinton cherchent à encore creuser l'écart

Trump et Clinton cherchent à encore creuser l'écart

Hillary Clinton.Photo Ralph Freso / AFP

Ivan Couronne

WASHINGTON - La course à la Maison-Blanche se déplaçait mardi dans trois États de l'ouest des États-Unis, Hillary Clinton et Donald Trump espérant augmenter leur avance en nombre de délégués en vue des conventions d'investitures de juillet.

Les électeurs républicains et démocrates votaient simultanément dans l'Arizona et l'Utah. Des «caucus» (réunions d'électeurs) démocrates avaient aussi lieu dans l'Idaho et des caucus républicains dans l'archipel des Samoa, perdu dans le Pacifique. Les premiers résultats ne seront pas connus avant 20 h dans l'Arizona.

Dans l'Arizona, qui partage une frontière avec le Mexique, l'immigration clandestine est le sujet politique le plus débattu chez les républicains et c'est Donald Trump qui était favori pour l'emporter. Il est soutenu par le notoire shérif Joe Arpaio, connu pour ses méthodes musclées contre les clandestins, qu'il incarcère dans une prison de tentes en extérieur à Phoenix, malgré la chaleur.

Le milliardaire new-yorkais a fait de la construction d'un mur entre les États-Unis et le Mexique le pilier de sa campagne, promettant aussi d'expulser manu militari les plus de 11 millions de sans-papiers présents aux États-Unis.

Bruxelles aux primaires

Son discours anti-immigration se double d'un message sécuritaire et anti-musulmans. Après les attentats du 13 novembre à Paris et de San Bernardino en Californie en décembre, il avait proposé d'interdire aux musulmans d'entrer aux États-Unis. Il a persisté mardi après les attentats de Bruxelles en appelant sur NBC à «fermer nos frontières jusqu'à ce qu'on comprenne ce qu'il se passe».

Il a aussi argué que le recours à la torture pour faire parler Salah Abdeslam, l'un des auteurs présumés des attentats de Paris qui a été arrêté vendredi à Bruxelles, aurait peut-être permis de déjouer les attentats de mardi.

«Peut-être qu'il est en train de parler (aux enquêteurs, ndlr), mais il parlerait beaucoup plus vite avec la torture», a-t-il dit sur CNN. «On ne peut même pas faire de simulation de noyade. Écoutez, ça n'a rien de plaisant, mais c'est une forme minimale de torture».

Donald Trump domine la course avec 683 délégués contre 421 pour le sénateur du Texas Ted Cruz, et 145 pour le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, selon l'estimation de la chaîne d'informations. Ce sont les trois seuls candidats républicains encore en course.

Ted Cruz semblait en position de l'emporter dans l'Utah, où la majorité des habitants sont mormons et où Mitt Romney, candidat républicain à la présidentielle de 2012, a appelé à voter pour lui afin de faire barrage à Donald Trump. Dans l'Idaho voisin, avec une forte minorité de mormons, il avait largement battu le promoteur immobilier.

Mais l'objectif étant d'accumuler des délégués afin d'atteindre la barre de 1237 requise pour gagner l'investiture, une victoire de Donald Trump dans l'Arizona (qui donne tous ses délégués au vainqueur) lui suffirait pour conserver voire augmenter son avance totale mardi.

Hillary Clinton en tête

Chez les démocrates, l'équipe d'Hillary Clinton avait prévenu dès la semaine dernière que la semaine serait mauvaise pour la candidate et bonne pour le sénateur du Vermont Bernie Sanders, en raison de la démographie des États et du format des «caucus», ces réunions de partis où la participation est généralement plus faible, réduite aux militants les plus activistes.

Elle avait d'ailleurs été écrasée par Barack Obama dans l'Idaho aux primaires de 2008, et battue dans l'Utah. Dans ces États, les sondages sont trop rares pour donner une tendance.

Mais la répartition des délégués démocrates, contrairement aux républicains, se fait entièrement à la proportionnelle. Il faudrait donc à Bernie Sanders des victoires très larges pour rattraper sa rivale.

À ce jour, elle a remporté 1174 délégués contre 850 pour Bernie Sanders. À cela s'ajoute l'appui de près de 500 «super délégués» pro-Clinton, des responsables et élus du parti démocrate qui prendront part au vote à la convention d'investiture de Philadelphie, en juillet. La barre à atteindre est de 2383.

Chez les démocrates, un peu de la moitié des délégués restent à attribuer dans des primaires qui se poursuivront jusqu'en juin. Pour gagner l'investiture, Bernie Sanders doit empocher 58 % de ces délégués restants.

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