Matthieu Demeestere et Philippe Siuberski
AFP

Un suspect tué lors de l'opération de police à Bruxelles

Matthieu Demeestere et Philippe Siuberski

Dernière mise à jour: 15-03-2016 | 18h27

BRUXELLES - Un suspect armé d'une Kalachnikov a été tué mardi à Bruxelles dans une fusillade lors d'une spectaculaire opération de police belgo-française liée aux attentats de Paris de novembre, qui était toujours en cours en fin de soirée, selon les autorités belges.

«Il s'agit d'une personne dont l'identification est en cours», a indiqué le parquet fédéral belge, qui a toutefois précisé qu'il ne s'agissait pas de Salah Abdeslam.

Ce suspect clé des attentats de Paris est toujours en fuite. Une source policière française avait expliqué plus tôt que l'opération de mardi ne le visait pas mais concernait «l'entourage d'un ou plusieurs des 11 inculpés belges».

Trois policiers belges et une collègue française ont été légèrement blessés au cours de leur intervention, ont précisé les autorités.

«Nous constatons que nous avons eu beaucoup de chance. Quatre de nos agents ont été blessés légers, ça aurait pu être un drame, nos agents de police continuent de travailler sur le terrain», a déclaré le premier ministre belge Charles Michel dans une brève déclaration à la presse en milieu de soirée.

«Nous avons été immédiatement informés que dans le cadre d'une perquisition, les forces de l'ordre ont essuyé des tirs. Il s'en est suivi des opérations de police, qui se poursuivent», a ajouté M. Michel.

Le premier ministre a confirmé que cette perquisition, de routine, était «en lien avec les attentats de Paris» du 13 novembre qui ont fait 130 morts.

Suspects en fuite?

L'opération de police a été déclenchée en début d'après-midi après qu'une perquisition a mal tourné rue du Dries, dans la commune bruxelloise de Forest, débouchant en fin de journée sur un assaut contre la maison où un ou plusieurs suspects s'étaient retranchés.

«Lors de cette opération, une ou plusieurs personnes ont immédiatement ouvert le feu sur les policiers dès l'ouverture de la porte par les forces de l'ordre», a rapporté le porte-parole du parquet fédéral, Eric Van Der Sypt. Deux suspects seraient en fuite, selon des informations de presse non confirmées.

«Depuis trois heures de l'après-midi j'étais coincée. Figurez-vous que j'attendais ici, sur la place Saint-Denis, pour aller chez la coiffeuse et les policiers sont arrivés. Ils ont crié: "Évacuez! Évacuez la place!"», a raconté à l'AFP Renée, une retraitée.

«Il y avait beaucoup de policiers. Ils m'ont dit: "Dépêchez-vous ou vous risquez de vous ramasser une balle!"», a-t-elle ajouté.

Le calme est revenu dans la soirée à Forest, certains riverains étant autorisés à regagner leur domicile sans que l'on sache précisément si des hommes étaient encore recherchés.

Mais de nouvelles perquisitions se sont déroulées à Forest en fin de soirée, selon les médias locaux. Un conseil national de sécurité, qui réuni les principaux ministres et les responsables des services de sécurité belges, est prévu mercredi.

Un hélicoptère et des membres des forces spéciales, certains encagoulés, avaient été dépêchés sur place dans l'après-midi. Le quartier a été complètement bouclé et les journalistes tenus à l'écart pendant plusieurs heures.

Il s'agissait, selon la chaîne RTBF, d'une opération de vérification d'identités figurant dans le dossier du volet belge de l'enquête sur les attentats de Paris.

«Coups de feu»

Depuis Abidjan où il était en visite, le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a dit que des policiers français avaient participé à la perquisition au cours de laquelle les visiteurs «ont essuyé des coups de feu, des tirs d'armes lourdes visiblement».

D'après le bourgmestre (maire) de Forest, Marc-Jean Ghyssels, les enfants de deux écoles et de deux crèches du quartier ont dû être mis à l'abri à l'intérieur des établissements. Ils ont ensuite été évacués.

Onze personnes ont été inculpées à ce jour en Belgique en lien avec les attaques du 13 novembre 2015. L'enquête a montré que ces attentats avaient été largement préparés et coordonnés depuis Bruxelles.

Huit de ces onze inculpés sont toujours en détention provisoire. Salah Abdeslam, et son ami Mohamed Abrini, originaire comme lui de la commune bruxelloise de Molenbeek, n'ont toujours pas été appréhendés.

Salah Abdeslam, 26 ans, soupçonné d'avoir eu au moins un rôle-clé de logisticien dans les attentats de Paris, s'est évaporé dans la nature depuis son exfiltration de la capitale française par des amis, le lendemain des attaques.

Sa trace s'évanouit à Schaerbeek, une autre commune de Bruxelles, le samedi 14 novembre vers 14 h. Il aurait ensuite passé trois semaines dans une planque de Schaerbeek où son empreinte ADN a été retrouvée.

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