Michael Mathes
AFP

Trump: «Il n'y a aucun blessé dans mes rassemblements»

Donald Trump dans la course à la présidentielle 2016

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Michael Mathes

Dernière mise à jour: 13-03-2016 | 12h47

CINCINNATI - Les rassemblements de Donald Trump sont de plus en plus émaillés d'incidents, mais le candidat républicain s'est défendu de faire monter les tensions et a menacé dimanche d'envoyer ses militants aux rassemblements de Bernie Sanders, deux jours avant une journée de vote cruciale.

Malgré une rhétorique incendiaire, le magnat de l'immobilier, qui s'en prend régulièrement aux musulmans et aux Mexicains, a affirmé qu'il n'incitait pas à la violence et a affirmé que la plupart de ses meetings se déroulaient bien.

«J'ai de loin les plus grosses affluences, 25 000, 30 000 personnes. Et il y a parfois des perturbateurs, parfois envoyés par d'autres gens. Mais aussi gros que soient mes rassemblements, personne n'a été blessé. Et pourtant certains protestataires sont des durs, sont de mauvaises personnes qui donnent des coups de poing, mais personne ne parle de cela dans les médias», a souligné le candidat républicain à la présidentielle dans une interview à Fox News.

Il a accusé le candidat démocrate Bernie Sanders d'envoyer des militants pour perturber ses réunions de campagne et l'a menacé de représailles.

«Bernie Sanders ment quand il dit que les protestataires n'ont pas reçu l'ordre de venir à mes rassemblements. Attention Bernie, ou alors mes supporteurs iront à tes réunions!», a ainsi tweeté Donald Trump.

Autre provocation, le magnat de l'immobilier a aussi affirmé étudier la possibilité de payer les frais d'avocat d'un de ses militants qui a frappé un protestataires non violent au cours d'un de ses rassemblements.

Trump «devient très nerveux»

Depuis le début de sa campagne, M. Trump doit faire face presque à chaque rassemblement à des interruptions en raison d'opposants le plus souvent bruyants mais pacifiques, qui sont rapidement évacués des salles où il se produit. Mais, vendredi, le milliardaire a dû annuler un rassemblement à Chicago, en marge duquel se sont produites des échauffourées. Certains opposants à sa venue semblaient être des militants de Bernie Sanders.

Samedi, à Dayton, en Ohio, une personne a essayé de monter sur scène, mais a été maîtrisée avant d'atteindre M. Trump par les agents du Secret Service qui le protègent. Et en soirée, la police a dû utiliser des gaz lacrymogènes pour disperser des opposants devant une salle où le candidat tenait un meeting à Kansas City.

«Quiconque comprend la campagne de M. Trump sait qu'il dit très rarement la vérité. Et j'ai bien peur que là encore il mente», a répondu M. Sanders, sur ABC, affirmant qu'il n'avait jamais demandé à ses supporteurs d'aller perturber les réunions du milliardaire. «M. Trump devient très nerveux, il commence à voir que les Américains ne supportent pas un candidat dont le verbiage, la rhétorique incite à la violence. Et j'appelle M. Trump à baisser le ton».

Cette poussée de fièvre survient alors que cinq grands États riches en délégués votent mardi, une journée à l'issue de laquelle M. Trump espère faire le break et se démarquer définitivement de ses adversaires.

Ces derniers dénoncent depuis longtemps les excès de langage du milliardaire et s'ils ont tous promis de le soutenir dans le cas où il remporterait la nomination pour le parti républicain, les tensions semblent faire chanceler leur détermination.

«Un fiasco complet»

Ainsi, Marco Rubio, qui joue gros mardi avec le vote dans son État de Floride, a dit que tenir parole lui devenait «chaque jour de plus en plus difficile». «Il a fait des élections les plus importantes pour notre génération un véritable cirque, un fiasco complet et un carnaval: notre pays mérite mieux. À un moment, il va falloir se réveiller», a-t-il lancé sur CNN.

Ted Cruz, qui a de son côté remporté la primaire du Wyoming samedi, est allé dans le même sens: «Si Donald Trump obtient la nomination, je pense que cela sera un désastre pour les républicains, pour les conservateurs, pour le pays», a-t-il dit sur ABC. «Je ne pense pas qu'on doit encourager les gens à la violence et au-delà de ça nous avons besoin d'un candidat qui respecte les gens».

Quant à John Kasich, qui joue son va-tout mardi dans son État de l'Ohio, il a pointé «l'atmosphère toxique» instillée dans la campagne par Donald Trump.

En tête de la course dans le camp démocrate, Hillary Clinton a elle aussi reproché à M. Trump ses excès de langage: «Si vous jouez avec le feu, vous allez causer un incendie incontrôlable. Cela ne s'appelle pas gouverner. C'est jouer au pyromane politique».

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