Derek Henkle et Ivan Couronne
AFP

Chaos à Chicago: Trump annule un discours

Trump annule un discours à Chicago

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Derek Henkle et Ivan Couronne

Dernière mise à jour: 11-03-2016 | 22h50

WASHINGTON -  Le milliardaire Donald Trump a annulé vendredi à la dernière minute un grand rassemblement à Chicago perturbé par des manifestants opposés au candidat républicain à la Maison-Blanche, déclenchant des échauffourées entre partisans et opposants.

Donald Trump dit avoir pris la décision d'annuler le rassemblement après consultation des forces de l'ordre, alors que la tension était graduellement montée au cours de la journée à l'intérieur et à l'extérieur de l'arène sportive de l'université de l'Illinois où l'événement était prévu. 

«Je ne voulais pas qu'il y ait des blessés. J'ai rencontré les forces de l'ordre et je pense que nous avons pris la bonne décision d'annuler», a-t-il expliqué à CNN, «même si notre liberté d'expression est totalement violée».

Il a refusé d'assumer la responsabilité des violences en raison de son «ton», alors que ses rivaux soulignent qu'il encourage régulièrement ses partisans à s'en prendre aux fauteurs de troubles, rejetant la faute sur des «manifestants très violents».

Des manifestants, en majorité noirs et hispaniques, avaient réussi à se rassembler à l'intérieur du bâtiment où devait avoir lieu la réunion publique, et des altercations les ont opposés à des partisans de Donald Trump à l'annonce de l'annulation de l'événement, forçant la sécurité à intervenir pour les séparer. 

Des insultes et des coups de poing ont alors volé, selon un photographe de l'AFP sur place.

À l'extérieur, des bousculades ont éclaté à la sortie à au moins deux endroits entre des manifestants et les forces de police, selon des images aériennes d'une télévision locale.

Plusieurs personnes ont été arrêtées par les policiers. Des fourgons et des policiers à cheval ont été dépêchés sur place.

Les manifestants agitaient des pancartes telles que «Trump = haine» ou «Trump est un bouffon» et beaucoup, membres du mouvement «Black Lives Matter» (les vies des Noirs comptent, ndlr), étaient venus dénoncer le racisme du candidat. Le gros de la foule semblait toutefois en passe de se disperser. 

Appel à cogner

Un autre événement, plus tôt dans la journée à St. Louis, dans le Missouri, avait été interrompu à de nombreuses reprises, comme il est désormais coutumier avec le candidat. Au total 32 personnes y ont été arrêtées, selon la police de St. Louis, dont 28 à l'intérieur de la salle d'opéra où avait lieu le discours. Toutes sauf cinq ont été relâchées sur place.

Ces scènes font partie intégrante des discours du milliardaire qui, tour à tour, s'en amuse, raille et houspille les perturbateurs. Il a le 1er février enjoint ses partisans à «cogner», promettant de payer leurs frais d'avocat.

«Quand on manifeste il n'y a plus de conséquences, avant il y avait des conséquences», a dit Donald Trump à St. Louis, en disant qu'il fallait que le pays «se durcisse».

«Honnêtement, c'est plus amusant que d'écouter un discours, n'est-ce pas?», a-t-il aussi dit, alors que la police procédait à des arrestations.

Le candidat s'était défendu plus tôt contre la polémique qui enfle sur ces incidents violents, après l'inculpation d'un homme de 78 ans, John McGraw, filmé en train de frapper un manifestant noir, Rakeem Jones, lors d'un meeting mercredi à Fayetteville, en Caroline du Nord, alors qu'il était raccompagné dehors par des policiers.

Une journaliste du site Breitbart a aussi accusé le directeur de campagne de Donald Trump de l'avoir brutalement agrippée par le bras mardi à la fin d'une conférence de presse, ce que le proche du candidat a démenti. Les circonstances de l'altercation restaient confuses vendredi.

«Super mardi» prise deux

En conférence de presse vendredi, Donald Trump a accusé les personnes qui interrompent ses réunions publiques d'être violentes, déplorant le biais des médias. Il a cité le cas d'un manifestant «très dangereux, qui balançait des coups», sans dire où, ni quand.

Hillary Clinton et Bernie Sanders, les deux candidats à l'investiture démocrate, ont dénoncé jeudi les incitations à la violence du candidat Trump.

«Donald Trump: cautionner la violence contre des manifestants et la presse à vos meetings est une vraie honte», a écrit Hillary Clinton sur Twitter.

Sur le plan politique, le favori de l'investiture a appelé le parti républicain à se rassembler derrière lui, alors qu'une nouvelle personnalité de poids, le neurochirurgien à la retraite et ex-candidat des primaires Ben Carson, s'est ralliée à lui.

Donald Trump mène dans la course aux délégués et veut triompher aux primaires de mardi prochain, en coulant à domicile le sénateur Marco Rubio dans son État de Floride, et le gouverneur John Kasich dans l'Ohio. Au total, cinq grands États voteront.

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