Daphne Rousseau
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Biden arrive en Israël sur fond d'attaques anti-israéliennes

Biden arrive en Israël sur fond d'attaques anti-israéliennes

Joe Biden et l'ancien président israélien Shimon Peres.Photo Thomas Coex / AFP

Daphne Rousseau

Dernière mise à jour: 08-03-2016 | 14h47

JÉRUSALEM - Le vice-président américain Joe Biden est arrivé mardi en Israël au coeur d'un nouvel accès de violences palestiniennes qui ont coûté la vie à un de ses compatriote près de l'endroit où il a rendu visite à l'ancien président Shimon Peres.

Le conflit israélo-palestinien ne s'annonçait pas comme la dominante de la visite de M. Biden, précédée d'un nouvel accroc dans les relations entre l'administration Obama et le gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Mais Israël et Jérusalem, en proie depuis cinq mois à un enchaînement de violences quasiment quotidiennes, ont été le théâtre mardi d'au moins trois attaques anti-israéliennes qui ont fait un mort, une quinzaine de blessés, et dont les trois auteurs palestiniens ont été abattus.

La police enquêtait sur une quatrième agression, dont l'auteur a également été tué, penchant fortement pour un acte de même nature.

L'une des attaques s'est produite à Tel-Aviv, à seulement une quinzaine de minutes à pied du Centre pour la paix du prix Nobel Shimon Peres qui recevait M. Biden.

Le vice-président a ensuite «condamné dans les termes les plus fermes possibles cette attaque brutale» tout en soulignant qu'il «n'y a aucune justification pour de tels actes de terrorisme», selon un communiqué de son bureau.

Selon la police, un Palestinien d'une vingtaine d'années a poignardé plusieurs passants sur le front de mer à Jaffa, quartier historique et l'un des sites touristiques les plus fréquentés.

Une vidéo le montre courant le long de la mer et poignardant apparemment au passage des automobilistes. Un policier a fini par l'abattre.

Un touriste américain est mort et 12 personnes ont été blessées, dont plusieurs gravement, ont dit la police et les secours.

Attaques à Jérusalem

«Je rentrais du travail quand j'ai vu deux gars s'enfuir en criant qu'une attaque était en cours», a raconté à l'AFP une jeune femme, Emily. «J'ai couru à mon tour et je suis tombée un peu plus loin sur quelqu'un d'allongé au sol, dans son sang».

Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée, a elle connu deux attaques dans et aux environs de la Vieille ville.

Une Palestinienne d'une cinquantaine d'années a tenté de poignarder des garde-frontières avant d'être abattue, et plus tard, un Palestinien a ouvert le feu sur des policiers, blessant grièvement deux d'entre eux, avant d'être tué, selon la police.

Les Territoires palestiniens, Jérusalem et Israël sont en butte à des violences qui ont coûté la vie à 184 Palestiniens, 28 Israéliens, deux Américains, un Erythréen et un Soudanais depuis le 1er octobre, selon un décompte de l'AFP.

La plupart des Palestiniens tués sont des auteurs ou auteurs présumés d'attaques.

Le mouvement résulte des vexations de l'occupation, de l'absence de toute perspective proche d'indépendance et des frustrations économiques, selon les experts.

Le gouvernement israélien accuse lui la direction palestinienne d'inciter à la haine.

Les perspectives de règlement du conflit semblent totalement bouchées.

L'inconnue américaine

Dans ce contexte, le vice-président américain rencontrera mercredi matin M. Netanyahu à Jérusalem et le président palestinien Mahmoud Abbas en soirée à Ramallah, en Cisjordanie.

M. Biden «ne présentera aucune nouvelle initiative majeure» quant au conflit israélo-palestinien, a dit l'administration américaine.

Pour Ahmed Majdalani, membre de la direction palestinienne, M. Biden ne vient que pour parler de Syrie avec Israël et «ne nous rencontre que pour la forme».

Outre la situation en Syrie, la visite de M. Biden doit toucher aux intérêts communs comme l'influence iranienne dans la région ou les menaces jihadistes. Le responsable américain devrait aussi aborder la question cruciale du renouvellement de l'aide américaine à Israël.

La visite a toutefois été précédée de la révélation du fait que M. Netanyahu avait décliné une offre d'entretien avec le président américain le 18 mars.

«Mon engagement envers la sécurité d'Israël est total», a assuré M. Biden auprès de M. Peres.

Les Israéliens s'inquiètent cependant que l'administration Obama, frustrée par l'enlisement du conflit israélo-palestinien, ne rompe le soutien historique apporté à Israël au sein des instances internationales, par exemple en soutenant une résolution de l'ONU appelant Israéliens et Palestiniens au compromis, comme le Wall Street Journal en évoque la possibilité mardi.

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