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Syrie: les pourparlers de paix prévus pour le 10 mars

Syrie: les pourparlers de paix prévus pour le 10 mars

Un rebelle syrien au repos, le 5 mars 2016. Photo Amma Abdullah / Reuters

BEYROUTH, Liban - Les négociations sur un règlement politique en Syrie devraient reprendre le 10 mars malgré les réticences de l'opposition réclamant notamment des avancées sur le plan humanitaire, son parrain saoudien estimant lui qu'elle ne pouvait se rendre à ces discussions «les mains vides».

Ces pourparlers à Genève sous l'égide de l'ONU seront les premières du genre depuis l'entrée en vigueur le 27 février d'une trêve inédite entre régime et rebelles, qui semble tenir globalement malgré des accusations mutuelles de violations quotidiennes.

Un porte-parole de l'opposition a affirmé samedi à l'AFP que celle-ci n'avait toujours pas pris de décision concernant sa participation, disant attendre un «progrès» sur le plan humanitaire.

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura a annoncé dans une interview que les négociations, auparavant reportées du 7 au 9 mars, devraient débuter le 10.

«Je pense que nous allons commencer le 10. C'est à ce moment que débutera le processus», a affirmé l'envoyé spécial au quotidien panarabe Al-Hayat, selon la traduction arabe du journal.

L'envoyé spécial a expliqué que les participants arriveront successivement, certains le 9, d'autres le 10 ou encore le 14.

Assad doit partir, rappelle Ryad

M. de Mistura a précisé que les discussions se tiendraient, comme les précédentes, «avec chaque partie de manière séparée concernant les questions cruciales», après des réunions préparatoires.

Depuis les premières négociations qui avaient échoué en 2014, la principale pierre d'achoppement reste le sort du président Bachar al-Assad, qui refuse de partir malgré la révolte de 2011 qui a dégénéré en guerre brutale, faisant plus de 270 000 morts et des millions de réfugiés et de déplacés.

M. de Mistura a rappelé que «l'ordre du jour du processus est clair: premièrement des négociations en vue d'un nouveau gouvernement, deuxièmement une nouvelle Constitution et troisièmement des élections parlementaires et présidentielle dans un délai de 18 mois».

Quelques jours plus tôt, il avait estimé que c'était aux Syriens eux-mêmes de décider du sort du chef de l'État, au pouvoir depuis 2000.

Mais samedi, l'Arabie saoudite, un des principaux soutiens de la rébellion, a estimé que M. Assad, dont le clan dirige la Syrie depuis plus d'un demi-siècle, devait partir dès la mise en place d'une autorité de transition.

«Un organe de transition est mis en place, le pouvoir passe d'Assad à cet organe (...), et il s'en va», a affirmé le chef de la diplomatie saoudienne Adel al-Jubeir.

«Il n'y a aucune possibilité» qu'il reste président, a-t-il déclaré. «Les Syriens ont parlé lorsqu'ils ont pris les armes contre Bachar al-Assad (...): il ne sera pas leur président».

En février dernier, des négociations à Genève avaient tourné court en raison de l'intensification des bombardements de la Russie, venue au secours du régime syrien. Depuis, un accord sur une cessation des hostilités a été conclu par les États-Unis et la Russie, avec le soutien de l'ONU.

Dans l'attente de l'opposition

La campagne aérienne russe en Syrie a infligé de sérieux revers aux rebelles, affaiblissant du même coup la posture de l'opposition aux négociations.

Les conditions ne sont «actuellement pas propices» à une reprise des discussions, a d'ailleurs déclaré vendredi Riad Hijab, coordinateur du Haut comité des négociations (HCN), regroupant responsables politiques et représentants de groupes armés de l'opposition.

M. Jubeir a lui-même admis que l'opposition «ne pouvait pas se rendre les mains vides aux négociations».

L'opposition réclame notamment la libération des prisonniers et l'acheminement de l'aide humanitaire conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l'ONU.

«Le HNC n'a pas pris de décision jusqu'à présent», a affirmé à l'AFP son porte-parole Monzer Makhos.

«Nous attendons un progrès sur la question humanitaire et le respect du cessez-le-feu. Ce qui s'est passé jusqu'à présent n'est pas suffisant pour que nous participions», a-t-il dit.

La Coalition nationale syrienne (CNS), la principale formation de l'opposition en exil, a élu samedi un nouveau chef, Anas al-Abdé, succédant à Khaled Khoja.

M. de Mistura a pour sa part indiqué que l'ONU avait récemment fait parvenir de l'aide à «115 000 personnes» assiégées, rappelant que 300 000 autres personnes avaient besoin d'aide, et qu'un total de 4,6 millions de personnes se trouvaient dans des zones difficiles d'accès.

«Malgré le recul des opérations militaires sur le terrain, il y a une recrudescence des hostilités de la part du régime syrien et de ses alliés, notamment la Russie», a par ailleurs relevé M. Makhos.

De son côté, Moscou a signalé samedi seules neuf violations du cessez-le-feu en 24 heures, contre 27 la veille.

La trêve offre un répit aux Syriens, épuisés par près de cinq ans de guerre, de destruction et de pénuries. Samedi, au lendemain du retour de l'eau à Alep, l'électricité était progressivement rétablie dans l'ex-capitale économique de la Syrie.

Les bombardements intenses se poursuivent toutefois, notamment sur les territoires tenus par les extrémistes de l'organisation État islamique et sur les positions du Front Al-Nosra, tous deux exclus de l'accord.

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