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Formation anti-harcèlement sexuel pour des chauffeurs Uber

Formation anti-harcèlement sexuel pour des chauffeurs Uber

Photo Archives / Reuters

ISLAMABAD - Uber a formé ses chauffeurs au Pakistan pour qu'ils ne harcèlent pas sexuellement leurs passagères, a indiqué une porte-parole vendredi, après le lancement de l'application de transport dans ce pays conservateur, où les femmes sont régulièrement importunées dans les transports collectifs.

Depuis jeudi, les habitants de Lahore, grande ville de l'est du Pakistan au trafic chaotique, peuvent contacter via Uber quelques centaines de chauffeurs accrédités.

Or au Pakistan, «il y a un manque de connaissance sur le harcèlement sexuel», a expliqué à l'AFP Shaden Abdellatif, porte-parole pour le Moyen Orient et l'Afrique de la société californienne de location de véhicules avec chauffeur.

«Il semble que cela ne fasse pas partie des sujets abordés dans l'éducation de base», a-t-elle ajouté, précisant que les chauffeurs de Lahore sont les seuls, avec ceux du Caire, à être soumis à cette séance de prévention du harcèlement sexuel.

Le séminaire est sommaire -- une demi-heure environ, sur les quatre heures de formation dispensées à chaque conducteur Uber.

«Notre objectif principal est que chaque conducteur comprenne que harceler sexuellement une personne ne signifie pas seulement l'agresser ou lui faire du mal, que c'est illégal, et que des comportements déplacés sont du harcèlement, quelle que soit votre intention», exlique Tooba Fatima, de l'organisation pakistanaise RABTT, qui a conçu la formation.

«Les gens ont tendance à fixer du regard, faire des commentaires sur les vêtements, poser des questions sur qui on va voir et pourquoi. Et au final, ce sont les femmes qui se voient dire "vous ne devriez pas être être dehors si tard" ou "pourquoi voudriez-vous aller ici ou là+?"» ajoute-elle.

Les conducteurs sont aussi priés de ne pas rappeler la passagère ni se renseigner sur elle une fois la course finie.

«Nous espérons aider à offrir un espace plus sûr pour les femmes dans les transports publics, en éduquant les chauffeurs, même de façon très sommaire», a indiqué Mme Abdellatif.

La compagnie californienne a été officiellement bannie de New-Delhi après le viol d'une jeune femme dans la capitale indienne fin 2014 par un chauffeur Uber qui a été condamné en octobre.

Autre adaptation au contexte pakistanais: les passagers pourront payer en liquide, et pas seulement par carte de crédit, l'usage de cette dernière étant peu répandu dans le pays.

Uber, qui a lancé son service au prix de 13,7 roupies (0,17 cents CAD) par kilomètre, espère étendre ses activités à d'autres villes pakistanaises après Lahore. La compagnie valorisée à plus de 50 milliards est désormais présente dans 69 pays, soit environ 380 villes.

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