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Breivik veut mettre fin à son isolement carcéral

Breivik veut mettre fin à son isolement carcéral

Anders Behring Breivik.Photo Archives / AFP

OSLO - L'avocat de l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik, qui a tué 77 personnes en Norvège en 2011, s'est dit prêt jeudi à aller jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) de Strasbourg pour mettre fin à l'isolement carcéral de son client.

Placé sous un régime de très haute sécurité qui limite drastiquement ses contacts, Breivik a intenté un procès à l'État norvégien, l'accusant de traitement «inhumain» et «dégradant», contraire selon lui à la Convention européenne des droits de l'homme. 

Ce procès se déroulera du 15 au 18 mars dans la prison de Skien, à une centaine de kilomètres au sud-ouest d'Oslo, où Breivik est détenu.

«Si nous y sommes obligés, nous irons aussi jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme», a déclaré l'avocat Øystein Storrvik dans un entretien avec l'AFP.

«L'isolement a été néfaste à sa santé psychologique», a-t-il ajouté. «Une de ses principales activités (en prison) était d'étudier mais il a maintenant arrêté et je trouve que c'est un signe que l'isolement est néfaste à sa santé psychologique».

Dans un document transmis au tribunal d'Oslo et publié mercredi, le Bureau du procureur général, qui défend l'État, estime quant à lui que les conditions de détention de Breivik sont «largement conformes à ce qui est permis» par la Convention européenne.

Breivik dispose de trois cellules - de vie, d'études et pour les exercices physiques -, d'une télévision, d'un ordinateur (sans accès à internet) et d'une console de jeux. Il peut se préparer à manger et laver son linge, fait-il valoir. À défaut de contacts avec les autres détenus, pour des raisons de sécurité, il a des interactions avec les surveillants et des personnels professionnels, ajoute-t-il.

Breivik accuse aussi l'État norvégien de violer une autre disposition de la Convention européenne des droits de l'homme en censurant ses échanges postaux. Les autorités justifient ces contrôles par la nécessité de l'empêcher de construire un «réseau extrémiste» et d'inciter à de nouveaux attentats. 

Le 22 juillet 2011, reprochant à ses cibles de faire le lit du multiculturalisme, Breivik avait tué huit personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, puis 69 autres en ouvrant le feu sur un rassemblement de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utøya.

Il purge une peine de 21 ans de prison susceptible d'être prolongée s'il reste considéré comme dangereux.

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