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Des antécédents psychiatriques pour la nounou sanguinaire

Des antécédents psychiatriques pour la nounou sanguinaire

Goultchekhra Bobokoulova.Photo Archives / AFP

MOSCOU - Les enquêteurs russes ont annoncé jeudi que la gardienne ouzbèke arrêtée lundi à Moscou alors qu'elle brandissait en pleine rue la tête décapitée d'un enfant avait des précédents psychiatriques.

Depuis l'Ouzbékistan, le père de celle qui a été surnommée la «nounou sanguinaire», placée mercredi en détention au moins pour deux mois, a par ailleurs déclaré à un média russe qu'elle avait été internée en 2002.

Dans un communiqué, le Comité d'enquête, chargé des enquêtes pénales en Russie, indique que Goultchekhra Bobokoulova a «depuis longtemps été diagnostiquée comme schizophrène».

«Son mobile au moment des faits ne colle pas aux explications qu'elle a données après les faits», ajoute le Comité d'enquête en mettant en garde la presse contre ses tentatives d'expliquer les déclarations de la meurtrière présumée.

Les schizophrènes «commettent leurs crimes quand ils ont une crise puis sont en mesure d'expliquer leur geste une fois la crise passée».

«C'est pourquoi on peut entendre les explications les plus invraisemblables», soulignent les enquêteurs.

Au moment de son arrestation près d'une station de métro avec la tête de la fillette née en 2011 qu'elle gardait, Mme Bobokoulova se proclamait «kamikaze». «Je déteste la démocratie. Je suis terroriste. Je veux votre mort», avait-elle lancé. «Je vais mourir. Dans une seconde, ce sera la fin du monde», avait-elle crié.

Lors de sa présentation devant un juge mercredi, elle avait répondu aux journalistes qui l'interrogeaient sur son meurtre présumé que «c'est ce qu'Allah (lui) a ordonné» de faire.

Elle avait ensuite tenu des propos décousus, mêlant doléances et discours prophétique. «Allah envoie le second prophète pour donner des nouvelles de la paix, bonjour tout le monde», avait-elle ainsi déclaré.

Et jeudi, dans une vidéo selon toute vraisemblance tirée de son interrogatoire par la police et diffusée sur Youtube mais dont l'authenticité n'a pas pu être établie, elle affirme avoir tué l'enfant pour «se venger» des bombardements russes en Syrie qui visent selon elle des «musulmans» syriens.

Dans une entrevue publiée sur le site d'information Gazeta.ru, son père, Bakhretdine Touraïev, indique qu'elle a été internée en 2002.

«Elle disait des mots bizarres, assurait entendre des voix qui lui parlaient, et puis elle est devenue agressive», a raconté M. Touraïev.

Après avoir passé deux semaines à l'hôpital psychiatrique régional de Samarkand, une ville du sud-est de l'Ouzbékistan, Goultchekhra Bobokoulova est rentrée à la maison, mais elle a dû prendre des médicaments pendant une longue période, selon la même source.

«Ensuite, tout est redevenu normal», a affirmé M. Touraïev. «Si on ne lui fait pas de mal, qu'on ne crie pas sur elle, elle est d'habitude très calme», souligne cet homme de 62 ans.

Mère de trois fils, divorcée, la gardienne est partie travailler à Moscou il y a plusieurs années pour gagner de l'argent pour ses enfants, dont le plus jeune est né en 2000.

Elle a passé deux mois avec sa famille en Ouzbékistan avant de repartir pour la capitale russe fin janvier. Au cours de ce séjour, elle «nous montrait souvent une photo de la fillette (qu'elle gardait à Moscou) et disait qu'elle lui manquait beaucoup», affirme M. Touraïev.

Selon son père, elle n'allait pas à la mosquée et ne portait pas de foulard.

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