André Viollaz
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Corée du Nord: l'ONU alourdit nettement les sanctions

Corée du Nord: l'ONU alourdit nettement les sanctions

Le Conseil de sécurité des Nations unies vote.Photo Don Emmert / AFP

André Viollaz

Le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé mercredi une nouvelle série de lourdes sanctions contre la Corée du Nord après les derniers essais nucléaire et balistique menés par le régime communiste.

Cette résolution du Conseil, présentée par les États-Unis, a été adoptée à l'unanimité, y compris par la Chine, seul allié de Pyongyang.

Le Canada coparraine

Le Canada a coparrainé une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui impose des sanctions supplémentaires contre la Corée du Nord.

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a déclaré que cette résolution envoyait «un message sans équivoque» de la communauté internationale destinée à «stopper la recherche imprudente et illégitime » de la Corée du Nord pour se doter d'armes nucléaires et de missiles balistiques.

M. Dion a précisé, par voie de communiqué, que le Canada adoptera, «au besoin», d'autres mesures en s'appuyant sur les lois canadiennes, pour mettre en œuvre les nouvelles sanctions contre la Corée du Nord.

«Le Canada dénonce fermement les actions provocatrices continues de la Corée du Nord au mépris de ses obligations internationales, y compris un quatrième essai nucléaire réalisé en janvier et le lancement d'un missile à longue portée le mois dernier » a déclaré le ministre Dion.

La résolution a par ailleurs été saluée par le président américain Barack Obama, y voyant une réponse «ferme, unie et appropriée» à un essai nucléaire - le quatrième depuis 2006 - et un tir d'une fusée effectués respectivement les 6 janvier et 7 février par la Corée du Nord, en violation de plusieurs résolutions onusiennes.

«La communauté internationale, s'exprimant d'une seule voix, a envoyé à Pyongyang un message simple: la Corée du Nord doit abandonner ces programmes dangereux et choisir une meilleure voie pour son peuple», a ajouté le président américain dans un communiqué.

Ces sanctions «sont parmi les plus lourdes jamais adoptées contre un pays», a souligné l'ambassadeur britannique Matthew Rycroft, tandis que son homologue français François Delattre saluait «des sanctions sans précédent mais ciblées».

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, ancien chef de la diplomatie sud-coréenne, a espéré que «cette réponse ferme du Conseil mette fin au cycle de provocations et mène à une reprise du dialogue».

L'ambassadeur chinois Liu Jieyi a lui estimé que la résolution devait être «un point de départ» pour la reprise de négociations, actuellement au point mort, sur le démantèlement du programme nucléaire nord-coréen.

Contrôle des marchandises

Pour la première fois, les pays membres de l'ONU seront tenus d'inspecter toutes les marchandises en provenance et à destination de la Corée du Nord.

Ils devront aussi interdire aux navires soupçonnés de transporter des cargaisons illégales vers la Corée du Nord de faire escale dans leurs ports.

Et la résolution impose de nouvelles restrictions aux exportations nord-coréennes afin de limiter la capacité du régime à financer ses programmes militaires.

Elle interdit ainsi les exportations de charbon, de fer et de minerai de fer, sauf si les revenus générés sont utilisés pour la "subsistance" de la population nord-coréenne.

Pyongyang aura aussi interdiction de vendre de l'or, du titane et des minerais rares utilisés dans la haute technologie, et ne pourra plus se procurer de carburant pour l'aviation et pour les fusées.

Selon l'ambassadrice américaine Samantha Power, Pyongyang amasse un milliard de dollars par an en exportant son charbon, et 200 millions de dollars en vendant son minerai de fer.

La résolution renforce les restrictions bancaires existantes et les pays seront tenus de bloquer tout avion soupçonné de transporter des marchandises en contrebande vers la Corée du Nord.

Liste noire allongée

La liste noire des individus et entreprises sanctionnés pour leur implication dans le développement par Pyongyang d'armes nucléaires et balistiques s'allonge avec 16 personnes et 12 entités - dont l'agence spatiale nord-coréenne (NADA) - supplémentaires.

Les diplomates nord-coréens «impliqués dans des activités illicites» devront être expulsés et les dignitaires du régime ne pourront plus se procurer montres de luxe ou motomarines.

Depuis l'accord de Washington et Pékin la semaine dernière sur la résolution, États-Unis, France et Royaume-Uni poussaient pour une adoption rapide, d'abord prévue mardi.

Mais la Russie a réclamé davantage de temps pour examiner le texte, arrachant au passage quelques amendements mineurs.

La Corée du Nord est déjà sous le coup de quatre séries de sanctions internationales depuis son premier essai nucléaire en 2006, suivi par trois autres en 2009, 2013 et 2016.

Ces sanctions ne l'ont cependant pas empêchée de poursuivre sa course aux armements, soulignaient récemment des experts de l'ONU.

La Chine et la Russie «trouveront des échappatoires comme toujours» pour ne pas appliquer strictement les sanctions, a estimé Roberta Cohen, experte à l'institut de recherche américain Brookings.

Mais le renforcement des liens militaires entre Washington, Séoul et Tokyo - dont un projet de bouclier anti-missiles, dénoncé par Pékin - montre à la Chine «qu'elle ne peut pas continuer comme avant» à laisser son protégé défier la communauté internationale, a-t-elle ajouté.

La Chine, pourtant irritée par les dernières initiatives de Pyongyang, s'est efforcée de limiter la portée des nouvelles sanctions dans les négociations avec Washington, selon des diplomates.

Pékin redoute un effondrement du régime communiste qui déverserait un flot de réfugiés à sa frontière et n'aimerait pas voir une Corée réunifiée sous influence américaine, des inquiétudes partagées en partie par la Russie.

Avec l'Agence QMI

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