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Les réfugiés sont utilisés comme une arme, selon les États-Unis

Les réfugiés sont utilisés comme une arme, selon les États-Unis

Une famille de réfugiés s'apprêtent à passer la nuit à la belle étoile, en Grèce. Photo Louisa Gouliamaki / AFP

WASHINGTON - Moscou et Damas utilisent délibérément le flot des réfugiés syriens comme une arme pour déstabiliser l'Europe, a accusé mardi le chef des forces de l'Otan en Europe, le général Philip Breedlove.

«Ensemble, la Russie et le régime de Bachar al-Assad utilisent délibérément la migration comme une arme pour essayer de submerger les structures européennes et casser la détermination européenne», a-t-il estimé devant la commission des forces armées du Sénat américain.

Le général américain à assurer que Damas utilisait des barils d'explosifs largués par hélicoptère et Moscou les bombes non guidées dans le but de pousser des Syriens hors des frontières du pays.

«Je ne vois pas d'autre raison» d'employer ces méthodes «que de mettre en mouvement les réfugiés et de faire en sorte qu'ils deviennent le problème de quelqu'un d'autre», a-t-il estimé.

Le général Breedlove a estimé par ailleurs que la Russie posait une «menace existentielle à long terme pour les États-Unis» et ses «alliés et partenaires européens».

En Ukraine, «elle continue d'utiliser» tout son pouvoir pour déstabiliser le pays, a-t-il souligné.

Les séparatistes soutenus par Moscou ont «augmenté» leurs attaques récemment, avec «71 attaques sur les dernières 24 heures», a-t-il accusé.

L'administration Obama a renforcé la présence militaire en Europe pour dissuader Moscou de toute attaque contre des pays de l'OTAN, en particulier les pays Baltes, et prévoit de continuer à le faire.

Le budget américain de la défense pour l'année 2017 prévoit un quadruplement à 3,4 milliards $ de l'enveloppe consacrée au renforcement des forces américaines en Europe.

Ces fonds permettront d'avoir en permanence trois brigades de combat (de 4000 à 5000 hommes) américaines déployées en Europe, contre deux jusqu'à maintenant.

La nouvelle enveloppe permettra également de stocker en Europe l'équipement d'une nouvelle brigade blindée, dont des dizaines de chars, prêt à servir en cas d'agression russe.

La Turquie refuse l'accès à ses eaux territoriales

Les navires de l'OTAN envoyés en mer Egée pour surveiller les réseaux de passeurs de migrants entre la Turquie et la Grèce ne sont toujours pas déployés dans les eaux territoriales turques faute d'autorisation d'Ankara, a appris l'AFP de sources concordantes.

Malgré des demandes de déploiement par le commandant allemand du groupement maritime de l'OTAN dépêché en mer Egée à la suite de l'adoption la semaine dernière du mandat de l'opération par l'Alliance, dont fait partie la Turquie, «les Turcs ont refusé» ce week-end que les navires entrent dans leurs eaux territoriales, a indiqué une source diplomatique à l'AFP. Ses propos ont été confirmés par un autre diplomate.

«Le mandat a clarifié un peu les choses, mais pas le problème de l'entrée dans les eaux territoriales turques», a-t-elle commenté. «Depuis le début, on sait que les Turcs sont pénibles et vont être pénibles» sur ce sujet.

Les autorités turques «ont demandé que le commandant allemand», le contre-amiral Jörg Klein, «aille à Ankara pour déterminer la zone où il pourrait se déployer», a précisé la source diplomatique.

«Maintenant ça se négocie entre les Allemands et les Turcs», a-t-elle ajouté, alors que la flotte de l'OTAN déjà présente en mer Egée est commandée par un navire allemand.

Par ailleurs, malgré les assurances d'officiels allemands et grecs à ce sujet, la Turquie «ne montre pas ou peu d'engouement» pour reprendre des réfugiés secourus par les navires de l'OTAN dans le cadre de l'opération, observe cette source.

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