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Indonésie: un Canadien doit retourner en prison

Indonésie: un Canadien doit retourner en prison

Ferdiand Tjiong et Neil Bantleman au tribunal de Jakarta en 2014.Photo Archives / AFP

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Dernière mise à jour: 25-02-2016 | 05h50

JAKARTA, Indonésie - Un Canadien et un Indonésien devront retourner en prison après l'annulation par la Cour suprême de Jakarta de leur acquittement dans une affaire d'abus sexuels sur des élèves d'une prestigieuse école de la capitale, a-t-on appris auprès du greffe jeudi.

L'administrateur canadien de cette école, Neil Bantleman, également de nationalité britannique, et l'enseignant adjoint indonésien Ferdinand Tjiong avaient été reconnus coupables en première instance d'abus sexuels sur trois élèves. Condamnés à 10 ans de prison en avril 2015, ils avaient été acquittés en appel au mois d'août et libérés.

La Cour suprême a annulé le jugement d'appel et a ordonné qu'ils retournent en prison pour purger une sentence de 11 ans, soit un an de plus que leur condamnation initiale, a déclaré Suhadi, un porte-parole de cette instance à l'AFP.

Les deux hommes n'ont eu de cesse de clamer leur innocence et étaient soutenus par des gouvernements étrangers ainsi que par l'École interculturelle de Jakarta (JIS), un établissement fréquenté par les expatriés ainsi que par des Indonésiens fortunés.

Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer un procès inéquitable et des irrégularités.

Ferdinand Tjiong est retourné en prison jeudi mais les autorités étaient toujours à la recherche de Neil Bantleman, selon un porte-parole du parquet du district sud de Jakarta.

Le ministre canadien des Affaires étrangères Stephane Dion a déclaré dans un communiqué que son gouvernement était «choqué et atterré». Il a dénoncé une «décision injuste, compte tenu des nombreux irrégularités de procédure dans cette affaire et du fait que tous les éléments présentés par la défense ont été rejetés systématiquement».

L'ambassadeur des États-Unis en Indonésie, Robert Blake, a estimé que la réputation internationale de l'Indonésie serait entachée.

«La communauté internationale continue de suivre cette affaire de près. L'issue de la procédure judiciaire aura un impact sur les vues de la communauté internationle concernant l'état de droit en Indonésie».

Lorsque la justice avait fait appel de l'acquittement, le ressortissant canadien avait fait l'objet d'une interdiction de quitter le territoire. Un porte-parole de l'établissement scolaire, Rully Iskandar, a expliqué que cette interdiction était en principe valable jusqu'à la fin du mois, ajoutant ne pas savoir où il se trouvait.

«Nous sommes en contact avec les familles de Neil et de Ferdi et bien sûr, elles sont choquées, c'est inattendu», a-t-il dit.

L'affaire avait éclaté en avril 2014, lorsque des personnels de ménage avaient été accusés de viol sur un garçon de six ans, puis avait fait boule de neige avec d'autres parents qui avaient dénoncé des abus sexuels sur leurs enfants.

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