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Migrants: agressions à Calais et tension dans les Balkans

Incursion dans la «Jungle», le camp de réfugiés de Calais

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Dernière mise à jour: 24-02-2016 | 12h14

LILLE, France - Trois hommes ont été inculpés après avoir agressé des migrants aux abords de la «Jungle» de Calais, un immense bidonville près de l'entrée française du tunnel sous la Manche, a-t-on appris mercredi auprès de la justice.

Ces trois personnes âgées de 20 à 30 ans ont été inculpées mardi soir pour «violences en réunion avec armes». Deux d'entre elles ont été placées en détention provisoire, selon le bureau du procureur de Boulogne-sur-Mer (nord).

Les trois hommes sont soupçonnés d'avoir agressé en mai et juin 2015 des migrants aux abords de la «Jungle» avec des barres de fer et ont avoué être à l'origine d'une dizaine d'agressions, a ajouté cette source.

Lundi, la police avait interpellé dans cette affaire quatre individus, trois hommes et une femme «suite à une enquête de longue haleine».

Dans un autre dossier, sept hommes avaient été interpellés le 11 février en flagrant délit à Loon-plage (Nord), après avoir agressé cinq migrants, des Kurdes irakiens. Ils avaient été inculpés et placés en détention provisoire.

Depuis des années, des migrants transitent dans la région de Calais, d'où ils espèrent pouvoir traverser la Manche. La récente crise migratoire a augmenté leur nombre, même si la France reste plutôt à l'écart des grands flux.

Depuis quelques semaines, les relations semblent plus tendues avec les populations locales. Outre ces cas d'agression, des manifestations pro ou anti-migrants se multiplient et renforcent les clivages.

Dans ce contexte, le gouvernement a ordonné le démantelèlement de la partie sud de la Jungle. Saisie en urgence, la justice doit se prononcer à ce sujet mercredi ou jeudi.

Les pays des Balkans veulent enrayer le flux migratoire

De leur côté, les pays des Balkans et l'Autriche ont persisté mercredi dans leur offensive pour freiner le flux migratoire, une «question de survie» pour l'Union européenne, augurant d'une réunion difficile des 28 jeudi à Bruxelles.

«Nous devons réduire le flux migratoire maintenant. Il s'agit d'une question de survie pour l'Union européenne», a déclaré la ministre de l'Intérieur autrichienne Johanna Mikl-Leitner lors d'une conférence régionale à Vienne.

Après l'Autriche, qui a instauré vendredi des quotas quotidiens d'entrées sur son territoire, les principaux pays de transit ont drastiquement resserré les conditions de passage, créant un engorgement en Grèce, où 12 000 migrants sont bloqués.

En pratique, les migrants économiques ainsi que les personnes voyageant sans papiers d'identité, documents en règle ou faisant de fausses déclarations sont désormais systématiquement refoulés, selon un accord qui sera présenté jeudi aux ministres européens de l'Intérieur réunis à Bruxelles.

Dans une déclaration commune, les dix pays concernés (Albanie, Autriche, Bosnie, Bulgarie, Croatie, Macédoine, Monténégro, Serbie, Slovénie et Kosovo) ont souligné que «le flux migratoire à travers les Balkans doit être massivement réduit», en dépit des réserves de la Commission européenne sur la méthode.

«Nous voulons faire pression sur l'UE pour qu'une solution commune soit adoptée», a résumé Mme Mikl-Leitner.

L'Autriche a notamment pour cible son voisin allemand, avec qui elle avait agi jusqu'ici en tandem, mais qu'elle pousse désormais à instaurer à un plafond de réfugiés.

«Nous attendons que l'Allemagne dise si elle est encore prête à recevoir des réfugiés et combien, ou si elle n'est plus prête à cela», a déclaré le chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz, au journal allemand Bild.

L'Autriche a limité à 37 500 le nombre de nouveaux demandeurs d'asile qu'elle est prête à accueillir cette année.

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