Michael Mates
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Journée cruciale samedi dans les primaires pour la Maison-Blanche

Journée cruciale samedi dans les primaires pour la Maison-Blanche

Un petit chien porte les couleurs d'Hillary Clinton.Photo Justin Sullivan / AFP

Michael Mates

CHARLESTON - Samedi sera la troisième étape des primaires présidentielles américaines: les républicains voteront en Caroline du Sud, où Donald Trump reste hégémonique, et les démocrates dans le Nevada, où Hillary Clinton joue gros.

Cette fois, démocrates et républicains sont décalés. La Caroline du Sud organise une primaire républicaine, tandis qu'au Nevada, premier État de l'Ouest à s'exprimer, seul le parti démocrate convoque des «caucus» samedi matin, ces consultations où il n'y a pas de bulletin de vote et où les électeurs se regrouperont par candidat.

L'enjeu, pour le milliardaire, est d'engranger une victoire symbolique qui le renforcera avant les primaires du «super mardi», le 1er mars, quand 11 États voteront, avec le quart des délégués en jeu.

Donald Trump a fini deuxième dans l'Iowa, le 1er février, et premier dans le New Hampshire le 9 février. Il a pour le moment récupéré 17 délégués, et Ted Cruz 11. Il leur en faudra 1 237 pour l'emporter.

Mais Donald Trump a un objectif en vue: le 15 mars. À partir de cette date, de nombreuses primaires républicaines accorderont l'intégralité de leurs délégués en bloc au candidat arrivé premier. Si les cinq autres candidats restaient en course jusque-là, ils continueraient à diviser le vote anti-Trump, ce qui pourrait lui assurer la victoire finale.

En Caroline du Sud, à la veille du scrutin, il dominait toujours les sondages, avec 28 % des intentions de vote des républicains, selon une enquête NBC/Wall Street Journal vendredi.

Il est suivi par le deuxième homme des primaires: le sénateur ultra-conservateur Ted Cruz (23 %), devant Marco Rubio (15 %) et Jeb Bush (13 %), avec 3,6 points de marge d'erreur.

La semaine a été particulièrement violente entre Donald Trump et Ted Cruz. L'homme d'affaires a traité son challenger de menteur et ses avocats lui ont envoyé une lettre de mise en demeure à cause d'une publicité utilisant une interview de Donald Trump en 1999, dans laquelle il se déclarait favorable au droit à l'avortement.

«Il a un problème avec la vérité», a dit Donald Trump jeudi soir lors d'une émission sur CNN.

Clinton joue sur l'immigration

Le décor ne pourrait être plus différent chez les démocrates, qui ont filé au soleil, dans le désert du Nevada, avant les consultations de samedi matin.

Ici, ce sont les minorités qui sont courtisées: les électeurs noirs, hispaniques et d'origine asiatique qui constituent la moitié de la population.

Hillary Clinton, qui a perdu la primaire du New Hampshire, mise sur la mobilisation des hispaniques, et notamment des employés d'hôtels et de casinos de Las Vegas. Depuis mercredi soir, elle s'est rendue au Caesars Palace, où elle dormait, à l'hôtel Rio et aux casinos MGM Grand et Paris, afin de rencontrer des femmes de chambre et employés dans les sous-sols.

Ces travailleurs pauvres, très syndiqués, pourront participer aux «caucus» sur leurs lieux de travail.

Hillary Clinton se présente comme l'alliée la plus fidèle des familles hispaniques sur l'immigration, en promettant des régularisations rapides en cas d'élection. Elle et ses alliés attaquent sans retenue Bernie Sanders pour avoir voté en 2007 contre une réforme migratoire.

«Si le passé permet d'anticiper l'avenir, le sénateur Sanders continuera à nous décevoir tandis qu'Hillary Clinton se battra pour les immigrés et la communauté latino», a dit à des journalistes le secrétaire au Logement Julian Castro, membre du cabinet de Barack Obama et l'un des possibles vice-présidents de la candidate.

Le sénateur du Vermont a expliqué pour sa défense que la loi n'était pas assez protectrice des travailleurs saisonniers et qu'il avait voté pour la réforme avortée de 2013 au Sénat.

«Comme président, je ferai tout mon possible pour faire adopter une réforme de l'immigration et créer un processus de naturalisation pour les sans-papiers», a-t-il répété jeudi dans une émission de MSNBC.

Ses partisans sont persuadés que les jeunes issus de minorités voteront pour lui dans les mêmes proportions que les blancs l'ont fait aux deux premières étapes des primaires.

«Dans notre communauté les gens savent qu'ils ne veulent pas voter Trump. Ils veulent voter pour un démocrate et le seul démocrate qu'ils connaissaient c'était Hillary Clinton», explique à l'AFP Erika Andiola, porte-parole de Bernie Sanders à Las Vegas. «Mais après la victoire dans le New Hampshire et le match nul dans l'Iowa, on a réussi à élargir notre public et donc à parler à la communauté hispanique».

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