Matthieu Demeestere Philippe Agret
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«Brexit»: dernier round pour tenter d'arracher un accord

«Brexit»: dernier round pour tenter d'arracher un accord

David Cameron.Photo Stéphane de Sakutin / AFP

Matthieu Demeestere Philippe Agret

Dernière mise à jour: 19-02-2016 | 14h45

BRUXELLES - Après un intense marathon, les dirigeants européens s'efforçaient vendredi soir à Bruxelles de boucler un projet d'accord avec David Cameron pour éloigner le spectre d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE.

«Les négociations vont se poursuivre dans la soirée», a twitté le premier ministre britannique en fin d'après-midi.

Les 28 chefs d'État et de gouvernement devaient se retrouver pour un «English Dinner» --selon un tweet du porte-parole du président du conseil européen Donald Tusk-- censé sceller le compromis qui met l'Europe sous tension.

Un projet d'accord était sur le point d'être mis sur la table, a précisé le premier ministre maltais Joseph Muscat. 

Si le président français François Hollande a assuré qu'il faisait «ce qu'il faut» pour garder Londres dans l'Europe, il s'est réfusé à «céder à quelque chantage que ce soit».

«C'est la Grande-Bretagne, par la voix de David Cameron, qui dit "aidez-moi à rester dans l'Europe". Mais pas à n'importe quelle condition», a insisté M. Hollande dans un entretien à la radio France Inter.

«Une nuit je ne sais pas, en tout cas une longue soirée», a-t-il répondu quand on lui a demandé s'il allait passer une deuxième nuit consécutive en tractations.

Pugnace

Avant le dîner, tête-à-tête et consultations entre dirigeants se sont succédé toute la journée. «Un éventail de problèmes est encore en jeu», a confié en fin d'après-midi un responsable britannique.

David Cameron a enchaîné les rencontres avec notamment M. Tusk, la chancelière allemande Angela Merkel, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, afin d'aplanir les divergences sur ses demandes de réformes, certaines controversées.

«Nous avons fait quelques progrès, mais il n'y a toujours pas d'accord», avait déclaré M. Cameron en début de journée.

«Je ne conclurai un accord que si nous obtenons ce dont la Grande-Bretagne a besoin», avait martelé le dirigeant conservateur. Il lui faut arracher un accord des chefs d'État et de gouvernement européens qui lui permettrait d'organiser dès juin le référendum qu'il a promis sur le maintien ou non de son pays dans l'UE.

À Bruxelles il a cultivé l'image d'un dirigeant pugnace face à ses partenaires continentaux, déterminé à faire mentir la presse britannique qui l'annonce déjà perdant.

Mais d'autres responsables européens semblaient eux aussi jouer une partition à l'adresse de leur opinion publique, tout en s'efforçant d'empêcher un «Brexit», la sortie «catastrophique» du Royaume-Uni de l'Union.

La Grèce a menacé de bloquer un accord avec M. Cameron si ses partenaires européens venaient à fermer leurs frontières avant la date du prochain sommet UE-Turquie consacré à la crise migratoire, prévu début mars.

L'arrivée de plus d'un million de réfugiés et de migrants en Europe l'an dernier a fait réagir certains pays de l'Europe centrale qui ont imposé des restrictions sur leurs frontières, jugeant Athènes incapable de gérer le flot.

 

«Pas de deuxième chance»

«Le message est très clair. Il n'y aura pas de deuxième chance, c'est maintenant ou jamais», a lancé le premier ministre belge Charles Michel.

La Belgique se pose en rempart, avec la France et le Luxembourg, contre les exigences de M. Cameron d'avoir un droit de regard sur le renforcement de la zone euro, à laquelle Londres n'appartient pas. 

Même si les électeurs britanniques restent partagés, la perspective d'un «Brexit» fait trembler l'UE, déjà ébranlée par une crise migratoire sans précédent depuis 1945.

«Le diable se cache dans les détails. Nous devons négocier sur des questions en suspens comme les aides sociales au travail, le frein d'urgence» proposé pour que Londres puisse suspendre leur paiement, «et quel en serait le cadre temporel», a souligné le Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

La mesure est très sensible pour les pays d'Europe de l'Est et centrale qui la jugent contraire aux intérêts des centaines de milliers de leurs ressortissants installés outre-Manche.

«Pour les résultats de ces négociations il faut encore attendre: toutes les parties doivent calculer ce que chaque proposition signifie pour elles, en particulier pour la Grande-Bretagne», a observé un dirigeant polonais.

Jeudi soir, M. Cameron avait réclamé devant ses 27 pairs un «accord crédible (...) qui soit assez fort pour persuader les Britanniques» de soutenir l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE.

L'occasion se présente de régler le problème des relations entre Londres et le continent «pour une génération», a fait valoir le premier ministre, confronté à un puissant courant eurosceptique au sein même de son parti conservateur.

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