Alix Rijckaert
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«Aucune garantie» que l'Union européenne évitera le «Brexit»

«Aucune garantie» que l'Union européenne évitera le «Brexit»

David Cameron et Jean-Claude Juncker.Photo John Thys / AFP

Alix Rijckaert

Dernière mise à jour: 17-02-2016 | 13h49

BRUXELLES, Belgique - Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a confié mercredi n'avoir «aucune garantie» que l'UE parviendra à un accord avec Londres à la veille d'un sommet européen «crucial» sur l'avenir du Royaume-Uni au sein de l'Union.

«Après mes consultations ces dernières heures, je dois l'avouer franchement: il n'y a toujours pas de garantie que nous parviendrons à un accord», a reconnu M. Tusk dans la lettre d'invitation au sommet qu'il a adressée aux 28 chefs d'État et de gouvernement.

«Nous avons des divergences sur certains points politiques et je suis parfaitement conscient qu'il sera difficile de les surmonter», a constaté le président du Conseil, en adjurant les dirigeants européens de «rester constructifs».

Les négociations achoppent sur certaines revendications du Premier ministre britannique David Cameron, en particulier celle sur la limitation des prestations sociales pour les ressortissants européens qui travaillent en Grande-Bretagne.

M. Cameron a néanmoins reçu mercredi le soutien appuyé de la chancelière allemande Angela Merkel. «Tout comme David Cameron, je considère aussi comme nécessaire que nous, au sein de l'UE, en fassions plus sur la compétitivité, la transparence et la bureaucratie», a déclaré Mme Merkel devant le Bundestag.

«Il ne s'agit pas juste des intérêts particuliers des Britanniques. (...) Bien au contraire, de nombreux points sont justifiés et compréhensibles», y compris sur la question controversée des allocations sociales, a insisté Mme Merkel, confrontée en Allemagne à une vague d'impopularité en raison de sa généreuse politique migratoire.

«Il est évident que chaque pays membre doit pouvoir protéger son système social contre les abus», a estimé la chancelière, reprenant l'argument de M. Cameron pour exiger des coupes dans les aides sociales.

Cette exigence a suscité une levée de boucliers en Europe centrale et de l'est, dont des centaines de milliers de ressortissants sont installés au Royaume-Uni, et bénéficient de ces allocations dès qu'ils ont signé un contrat de travail.

Sous pression des eurosceptiques, M. Cameron a promis un référendum sur le maintien ou non de son pays dans l'Union européenne, au risque de provoquer une nouvelle crise majeure au moment où le continent est ébranlé par une crise migratoire sans précédent.

Le dirigeant conservateur espère arracher un compromis lors du sommet des 28 chefs d'État et de gouvernement européens jeudi et vendredi à Bruxelles, ce qui lui permettrait d'organiser cette consultation dès le mois de juin.

«Moment crucial»

Donald Tusk avait présenté le 2 février une série de propositions pour répondre aux demandes britanniques et éviter un «Brexit», mais de l'immigration à la souveraineté politique, en passant par la gouvernance économique et la zone euro, les pommes de discorde n'ont pas disparu.

Depuis, les différents protagonistes, accompagnés d'une armée de juristes, ont multiplié les consultations pour rédiger un accord, qui sera très technique.

La gageure: concilier les exigences de M. Cameron avec les principes fondateurs de l'UE, comme la libre circulation des personnes, mais aussi limiter au maximum la possibilité que les concessions à Londres - en particulier sur les migrants européens - puissent être copiées par d'autres États membres.

Dans sa lettre au 28, M. Tusk qualifie le sommet de jeudi et vendredi de «moment crucial pour l'unité de notre union et pour l'avenir des relations du Royaume-Uni au sein de l'Europe».

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, se refuse toutefois à envisager un échec. «Nous n'avons pas de plan B, nous avons un plan A. La Grande-Bretagne restera dans l'Union européenne et sera un membre constructif et actif de l'Union», a-t-il répété mardi.

Du côté des eurosceptiques britanniques on dénonce depuis le début «une mascarade», comme l'a formulé Nigel Farage, le chef du parti anti-immigration Ukip.

Et de fait le sommet européen, qui démarre jeudi à 16 h, pourrait, selon certains diplomates, déborder sur le week-end. M. Cameron pourrait alors se targuer d'avoir arraché une victoire, «le meilleur accord possible» qu'il réclame depuis des mois.

D'après les sondages, les électeurs britanniques restent très partagés.

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