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Un projet de «place Liu Xiaobo» à Washington insulte Pékin

Un projet de «place Liu Xiaobo» à Washington insulte Pékin

Des manifestants chinois pro-démocratie marchent à Tokyo avec une photo de Liu Xiaobo, le 1er juin 2014. Photo Toru Yamanaka / AFP

PÉKIN, Chine - Pékin a vivement fustigé mardi un projet de loi du Sénat américain visant à rebaptiser la portion de rue de Washington où se trouve l'ambassade de Chine, pour lui donner le nom du dissident chinois emprisonné Liu Xiaobo, prix Nobel de la Paix.

Le singulier projet de loi, adopté vendredi par le Sénat, a été introduit par le sénateur républicain Ted Cruz, candidat ultra-conservateur à la Maison Blanche.

S'il se concrétisait, la nouvelle adresse de l'ambassade de Chine aux États-Unis serait désormais le «numéro 1, Liu Xiaobo Plaza».

«Si ce texte devenait une loi (effective), cela aurait de graves conséquences», a averti mardi Hong Lei, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le projet du Sénat américain «contrevient aux normes de base des relations internationales», a-t-il fulminé, lors d'une conférence de presse régulière.

«Nous demandons aux sénateurs américains de cesser de promouvoir cette proposition de loi, et nous espérons que le gouvernement américain saura mettre un terme à cette farce politique», a ajouté M. Hong.

Une commission de la Chambre des représentants est en train d'étudier une proposition de loi similaire à celle du Sénat. Si la Chambre l'adopte, il faudra la signature du Président américain Barack Obama pour lui donner force de loi.

L'écrivain et intellectuel dissident Liu Xiaobo purge depuis 2009 une peine de 11 ans de réclusion pour «subversion», après avoir corédigé un texte prônant la démocratie en Chine, la Charte 08. Il s'était vu décerner en 2010 le prix Nobel de la Paix.

L'affaire avait déjà fait l'objet dimanche d'un éditorial du quotidien officiel chinois Global Times, qui avait qualifié l'initiative sénatoriale de «futile».

«Cette apparente provocation visait à susciter la fureur de la Chine, à nous déstabiliser. Mais au fond, ce n'est pas grand chose», a-t-il raillé, fustigeant des «élites américaines étroites d'esprit».

«Les États-Unis ne savent plus quoi faire dans leurs relations avec la Chine, et comme ils sont réticents à recourir à des menaces militaires ou des sanctions économiques, la seule option pour Washington reste ces petites actions mesquines pour déranger la Chine», a insisté le journal, lié au Parti communiste.

«Cela ne change pas le fait que Liu a mis en danger la sécurité nationale de la Chine et a été emprisonné» pour son «crime», ajoutait le Global Times.

Sous la direction du président Xi Jinping, le régime communiste a drastiquement renforcé la répression des voix dissidentes, avec l'arrestation de dizaines d'activistes, avocats et intellectuels.

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