Ali Khalil
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Les Émirats nomment une ministre du Bonheur

Les Émirats nomment une ministre du Bonheur

Ouhoud al-Roumi.Photo AFP

Ali Khalil

Dernière mise à jour: 10-02-2016 | 11h27

DUBAÏ - Une ministre du Bonheur, une de la Tolérance et une troisième de la Jeunesse, âgée de 22 ans, ont été nommées mercredi aux Émirats arabes unis à la faveur d'un remaniement gouvernemental sans précédent.

Ces nominations, annoncées sur Twitter, marquent une petite révolution pour cette riche fédération pétrolière du Golfe composée de sept émirats, conduits par Abou Dhabi et Dubaï.

Selon le Premier ministre des Émirats, Cheikh Mohammed ben Rached Al-Maktoum, qui est aussi souverain de Dubaï, ce remaniement constitue «le changement structurel le plus important dans l'histoire du gouvernement fédéral».

Au total, huit nouveaux ministres font leur entrée au cabinet, dont cinq femmes. La moyenne d'âge des 29 ministres est de 38 ans et le gouvernement compte désormais au total huit femmes.

«Le paramètre de la réussite du gouvernement est d'introduire des changements réels qui participent au bonheur de l'Homme», a expliqué Cheikh Mohammed. 

Le poste de ministre d'État du Bonheur a été attribué à Ouhoud al-Roumi, directrice générale de la présidence du Conseil des ministres qui conserve aussi ces fonctions.

Selon Cheikh Mohammed, ce ministère devra s'assurer que les politiques gouvernementales créent «le bien-être social et la satisfaction» des individus.

«Le bonheur n'est pas seulement un vœu pieux dans notre pays. Il y aura des plans, des projets, des programmes et des indicateurs. Cela fera partie du travail de tous les ministères», a affirmé le premier ministre.

Les Émirats suivent ainsi la trace du Bhoutan, petit royaume himalayen qui s'était rendu célèbre en lançant une philosophie économique basée sur le «Bonheur national brut» plutôt que le Produit intérieur brut.

Jeune diplômée d'Oxford

Une jeune diplômée d'Oxford, âgée de 22 ans seulement, Chemma al-Mazroui, a été désignée ministre d'État aux Affaires de la Jeunesse.

Loubna al-Qassimi, ancienne ministre de la Coopération internationale et du Développement, devient ministre d'État à la Tolérance. 

Ce ministère a été créé pour «promouvoir la tolérance comme valeur fondamentale», a expliqué cheikh Mohammed.

Certains ministères ont été regroupés par souci d'efficacité et peut-être aussi pour réduire les dépenses, alors que le pays est affecté par l'effondrement des cours du pétrole.

Les ministères-clés restent détenus par les familles régnantes.

Cheikh Seïf ben Zayed Al-Nahyane, un des fils du fondateur de la fédération, conserve le portefeuille de l'Intérieur. 

Son frère, Cheikh Abdallah, reste ministre des Affaires étrangères et récupère la Coopération internationale, tandis que son autre frère, Cheikh Mansour, reste vice-premier ministre et ministre des Affaires présidentielles.

Le premier ministre, Cheikh Mohammed, conserve le portefeuille de la Défense, tandis que son frère, Cheikh Hamdane, ne bouge pas des Finances. Idem pour le ministre de l'Énergie, Suhail al-Mazroui.

La fédération des Émirats compte environ 90% d'étrangers sur ses quelque neuf millions d'habitants et mène une politique de «tolérance zéro» vis-à-vis des islamistes.

Proche allié des États-Unis et de la France, il a été épargné par les troubles et les guerres qui ont accompagné depuis cinq ans le «Printemps arabe».

Créé en 1971, la fédération a profité de la manne pétrolière pour se lancer dans une course effrénée au développement. Aujourd'hui, les dirigeants soignent l'image d'un pays moderne et innovant.

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