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Syrie: Paris critique Moscou, Téhéran et Washington

Syrie: Paris critique Moscou, Téhéran et Washington

Laurent Fabius.Photo Stéphane de Sakutin / AFP

Dernière mise à jour: 10-02-2016 | 17h24

PARIS - Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, qui va quitter le gouvernement, a dénoncé mercredi Moscou et Téhéran, «complices» des horreurs du régime syrien et a aussi critiqué les «ambiguïtés» des Etats-Unis et leur manque d'engagement.

«Il y a à la fois une brutalité effrayante du régime de Bachar al-Assad (...) et, j'appelle les responsables par leur nom: il y a une complicité de la part de la Russie et de l'Iran», a déclaré M. Fabius devant les députés, en exigeant de nouveau l'arrêt des bombardements en Syrie, où le régime et son allié russe mènent une offensive sanglante dans le Nord.

Le ministre, dont le départ pour le Conseil constitutionnel a été annoncé mercredi matin, a également critiqué «un certain nombre d'ambiguïtés de la part de toute une série de partenaires», qu'il n'a pas nommés.

Mais un peu plus tôt avec des journalistes, il s'était montré plus explicite. «Il y a des ambiguïtés (...) y compris dans les acteurs de la coalition. Je ne vais pas redire ce que j'ai souvent dit, en particulier sur le principal pilote de la coalition (les États-Unis), et d'autres aussi. Mais on n'a pas le sentiment que ce soit un engagement très fort», a déclaré M. Fabius.

«Évidemment, comme les Russes et les Iraniens sentent ça, ils ont compris. (...) Et Bachar al-Assad s'est refait de la force», a encore déclaré le chef sortant de la diplomatie française, pour lequel une solution politique en Syrie passe par le départ du président syrien.

Départ du gouvernement

En plus de ces critiques, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, 69 ans, a annoncé mercredi son départ du gouvernement pour prendre en mars la présidence du Conseil constitutionnel, ouvrant la voie à un remaniement gouvernemental en France.

Parmi les noms évoqués pour lui succéder figurent ceux de Ségolène Royal, ex-compagne de François Hollande et ministre de l'Ecologie, Elisabeth Guigou, présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, ex-Premier ministre, et Matthias Fekl, secrétaire d'État au Commerce extérieur.

Aux journalistes qui lui demandaient s'il s'agissait de sa dernière participation au Conseil des ministres hebdomadaire qui se tient habituellement le mercredi, Laurent Fabius a simplement répondu «Oui».

Dans la foulée, le gouvernement a confirmé que le président François Hollande avait annoncé «le choix» de ce ministre pour diriger pendant neuf ans le Conseil constitutionnel, un poste à pourvoir en mars.

Le départ de Laurent Fabius des Affaires étrangères n'est pas une surprise. Son nom était cité régulièrement depuis fin 2015 pour prendre la présidence du Conseil constitutionnel.

Lors d'une rencontre mercredi avec des journalistes, Laurent Fabius a précisé qu'il continuerait jusqu'à novembre «à présider la COP21», la conférence de l'ONU sur le climat.

«Il n'y a pas d'incompatibilité» avec le Conseil constitutionnel, a-t-il estimé. La présidence de la COP doit être transmise en novembre au Maroc. En 2015, Laurent Fabius avait permis l'adoption à Paris d'un accord mondial de lutte contre le réchauffement climatique.

Le départ de Laurent Fabius marque le premier signal d'un remaniement attendu d'ici la fin de la semaine du gouvernement socialiste au pouvoir à Paris, que François Hollande prépare en vue de l'élection présidentielle de 2017.

Dans la perspective de ce scrutin, le chef de l'État cherche à élargir sa majorité gouvernementale sans renier ses orientations libérales et sécuritaires, contestées à gauche.

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