Jennie Matthew
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États-Unis: Rubio, le candidat «robot», ne se laisse pas démonter

États-Unis: Rubio, le candidat «robot», ne se laisse pas démonter

Marco Rubio.Photo Don Emmert / AFP

Jennie Matthew

LONDONDERRY, États-Unis - Un candidat au large sourire qui répète des phrases en boucle mais serait incapable de gérer une crise majeure à la Maison-Blanche: le portrait de Marco Rubio dressé par ses rivaux samedi soir fut terrible. Mais le sénateur de Floride semble déterminé à garder la même ligne.

Toujours porté par sa solide troisième place dans l'Iowa qui lui a donné des ailes, le charismatique candidat poursuivait dimanche dans le New Hampshire sa campagne pour, espère-t-il, porter les couleurs républicaines lors de l'élection présidentielle du 8 novembre.

«Je continuerai à dire ce en quoi je crois», a-t-il déclaré sur ABC. Et d'assurer que son équipe de campagne avait récolté plus de dons dans la première heure du débat de samedi que lors de n'importe quel autre débat jusqu'ici.

Son premier arrêt, à Londonderry, devait initialement être un «petit-déjeuner de crêpe». Mais face à l'affluence, les organisateurs ont changé de format pour accueillir tout le monde. «On n'a pas trouvé comment faire des crêpes pour 800 personnes!», a glissé, tout sourire et très décontracté, le candidat à son arrivée.

Dans les traditionnelles émissions de variété du dimanche matin, ses adversaires, eux, tentaient d'enfoncer le clou: «Il n'est tout simplement pas prêt. C'est un type bien mais il n'est pas prêt pour être président des États-Unis», a déclaré Chris Christie sur Fox News. «Il est doué. Il parle bien. Mais il s'exprimait comme si tout avait été écrit à l'avance, presque comme un robot», a surenchéri Jeb Bush.

Derrière ces attaques, un constat sans appel pour le gouverneur du New Jersey et l'ancien gouverneur de Floride: un mauvais résultat mardi dans la primaire du New Hampshire, que les donateurs observent à la loupe, pourrait marquer la fin de leurs ambitions présidentielles.

25 secondes par coeur

Mais la soirée de samedi fut rude pour celui que ses détracteurs ont rebaptisé «Marco Roboto».

«Écoutez! Écoutez! Les 25 secondes apprises par coeur! Les voilà!». Mordant, sarcastique, Chris Christie n'a pas retenu ses coups face au jeune sénateur qui venait de répéter, pour la quatrième fois, presque mot pour mot, la même phrase.

«La jeunesse et l'apparence de Rubio l'obligent à démontrer qu'il ne se laisse pas facilement ébranler et qu'il a plus à offrir qu'une histoire familiale inspirante. Il n'en a pas fait clairement la démonstration samedi soir», résumait Frank Bruni, éditorialiste du New York Times.

Discours après discours, ce fils d'un barman d'hôtel et d'une femme de chambre qui ont quitté Cuba pour fuir la pauvreté, raconte son parcours familial pour mieux incarner le «rêve américain».

Les candidats Christie et Bush, auxquels il faut ajouter John Kasich, gouverneur de l'Ohio, reprennent depuis quelques jours un air connu: un gouverneur est mieux préparé à diriger le pays car il prend des décisions sur le terrain, au quotidien, là où le sénateur ne fait qu'effleurer les sujets dans l'univers clos de Washington, coupé des réalités.

Selon le dernier sondage CNN/WMUR réalisé samedi avant le débat, Donald Trump est largement en tête dans le New Hampshire avec 33 % des intentions de vote du côté républicain.

La bataille pour la deuxième place s'annonce extrêmement serrée entre Marco Rubio (16 %), Ted Cruz (14 %) et John Kasich (11 %). Jeb Bush et Chris Christie, sont loin derrière avec un résultat à un chiffre.

Pour Danny Mahoney, professeur de sciences politiques dans le Massachusetts, le sénateur de Floride reste, à ce stade, le mieux placé.

«Je ne pense que pas Ted Cruz puisse remporter l'élection présidentielle. Trump est un clown et un démagogue et les gouverneurs n'ont pas la moindre chance. Il reste Rubio», tranche-t-il.

«Pendant les deux derniers tiers du débat, il a été fantastique. Il y a eu cinq minutes où il a été secoué par Christie. C'était regrettable pour lui. Mais vous ne pouvez pas juger un débat simplement sur une gaffe».

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