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Somalie: le gouvernement reprend aux shebab le port de Merka

Somalie: le gouvernement reprend aux shebab le port de Merka

La ville portuaire de Merka.Photo Archives / AFP

MOGADISCIO, Somalie - Les troupes du gouvernement somalien et de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom) ont repris samedi le contrôle du port de Merka, à environ 100 km au sud de Mogadiscio, 24 heures après l'avoir abandonné aux islamistes radicaux shebab, selon l'armée et des habitants.

Les shebab, affiliés à Al-Qaïda, s'étaient emparés vendredi de ce port d'une haute valeur stratégique et qui avait été un de leurs principaux fiefs entre 2008 et 2012, après le départ inexpliqué des troupes de l'Amisom, selon le gouverneur de la région et des habitants.

Mais le chef de l'Amisom, le Mozambicain Francisco Madeira, a nié samedi dans un communiqué que celle-ci ait jamais perdu le contrôle de la ville.

Elle a simplement déplacé d'un kilomètre ses positions, pour tenir compte de «considérations tactiques», et pour garantir «la sécurité de la population locale de Merka en cas de combats», a-t-il assuré.

Les troupes de l'Amisom étaient samedi matin dans Merka simplement pour «rassurer les habitants». «Il est donc faux de dire que Merka a été prise ou reprise», a-t-il insisté.

Cette déclaration contredit les témoignages recueillis depuis deux jours par l'AFP, auprès de l'administration locale, d'habitants, ou même de l'armée somalienne qui est soutenue par l'Amisom.

«Les forces somaliennes et les soldats de maintien de la paix de l'Amisom ont repris le contrôle de Merka et maintenant la situation est revenue à la normale. Il y a eu de brefs échanges de coups de feu, mais les militants (shebab) se sont enfuis», avait déclaré samedi matin à l'AFP Abdirisak Mohamed, un responsable de l'armée somalienne joint par téléphone depuis Mogadiscio.

«Les forces de sécurité mènent des opérations de nettoyage dans la ville», avait-il ajouté, précisant que «plusieurs militants (shebab) avaient été tués pendant les combats» et que l'armée somalienne avait perdu un soldat.

L'Amisom, qui soutient le fragile gouvernement somalien, est composée d'environ 22 000 hommes, avec pour principaux contingents ceux d'Ouganda (6000 soldats) - qui contrôlait la région de Merka -, du Burundi (5400), d'Éthiopie (4400) et du Kenya (3600).

La reconquête de Merka, capitale de la région de Basse-Shabelle et ville historique fondée au 10e siècle, est symboliquement et militairement importante pour le gouvernement somalien et l'Amisom.

La charia brièvement appliquée

Symboliquement car, avant vendredi, les shebab n'avaient pas pris d'importantes localités depuis l'offensive de l'Amisom et des forces gouvernementales qui les avaient chassés de Mogadiscio en 2011.

Et militairement car avec la conquête de Merka, les shebab avaient retrouvé un accès à la mer, ce qui leur permettait, lorsqu'ils contrôlaient le sud somalien, de se livrer à de lucratifs trafics, notamment de charbon de bois.

Selon un habitant, l'Amisom a utilisé des chars pour reprendre le contrôle de la ville et des civils auraient été tués en se retrouvant piégés au milieu des combats.

«Quatre personnes ont été tuées dans notre quartier et deux blessées. Je vois que l'Amisom et les troupes somaliennes sont revenues dans notre ville et maintenant elles mènent des opérations de sécurité», a déclaré à l'AFP un habitant, Muhidin Osman.

«Les combattants shebab se sont retirés de la ville après avoir opposé une légère résistance. Les forces somaliennes et celles de l'Amisom sont de retour», a confirmé un autre habitant, Shamso Moalim.

«Il y a des victimes civiles, mais je n'en connais pas le nombre», a-t-il dit.

Sitôt leur arrivée dans la ville, les shebab avaient commencé à y faire appliquer la charia (loi islamique).

Merka était sous contrôle des forces gouvernementales et de l'Amisom depuis août 2012, après avoir délogé les shebab au terme de combats acharnés.

Confrontés à la puissance de feu supérieure de l'Amisom, les shebab ont été chassés de Mogadiscio en août 2011 et ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions, refusant le plus souvent le combat conventionnel au profit d'opérations de guérilla et d'attentats suicides. 

Mais ils contrôlent toujours de nombreuses zones rurales et restent une menace pour la sécurité en Somalie et dans les pays voisins, notamment au Kenya où ils ont mené de nombreuses attaques - certaines spectaculaires - faisant au total plus de 400 morts depuis 2013.

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