Jennie Matthew et Brigitte Dusseau / AFP
Agence QMI

Les candidats républicains à couteaux tirés lors du 8e débat

Jennie Matthew et Brigitte Dusseau / AFP

MANCHESTER, États-Unis - Sept candidats républicains à la Maison Blanche se sont affrontés samedi soir lors d'un huitième débat particulièrement tendu, avant les élections primaires du New Hampshire qui pourraient sonner mardi le glas des ambitions des plus faibles.

Le sénateur de Floride Marco Rubio a été la cible de critiques immédiates, ses opposants cherchant à freiner sa progression, après son score meilleur que prévu dans l'Iowa, le premier état qui avait voté lundi dernier.

«Il n'a tout simplement pas l'expérience», a d'entrée de jeu lancé le gouverneur du New Jersey Chris Christie, au cours d'une tirade particulièrement virulente.

En tant que sénateur, «vous n'avez été impliqué dans aucune décision importante dans laquelle votre responsabilité était engagée», a-t-il insisté à l'adresse de Marco Rubio.

«Marco Rubio est un politicien doué, mais nous avons déjà essayé (un jeune sénateur) avec Barack Obama», a aussi déclaré l'ancien gouverneur de Floride Jeb Bush, mettant lui aussi en avant son expérience sur le terrain.

«Quand je deviendrai président des États-unis, nous allons ré-embrasser toute les choses qui ont fait de l'Amérique le plus grand pays du monde», a pour sa part déclaré Marco Rubio, concentrant ses attaques sur Barack Obama.

Donald Trump s'est lui présenté d'entrée de jeu comme celui ayant «le meilleur tempérament» pour devenir président.

Le débat télévisé de samedi était particulièrement important: le petit état du New Hampshire est le deuxième état à voter, dans le long marathon qui désignera les candidats, républicain et démocrate, à l'élection présidentielle du 8 novembre pour succéder à Barack Obama.

Il donne généralement le ton pour la suite, les candidats les plus faibles n'y survivant généralement pas.

Certains électeurs sont aussi réputés pour ne se décider qu'au dernier moment. Les électeurs indépendants, qui peuvent choisir de voter démocrate ou républicain, y sont en outre très nombreux, 44 % du total. Ils ont été particulièrement courtisés.

Tous les yeux étaient samedi soir rivés sur Marco Rubio, le télégénique sénateur de Floride. À 44 ans, le benjamin de la course est arrivé 3e des caucus de l'Iowa, une surprise qui lui vaut d'être devenu l'espoir de l'establishment républicain, qui déteste tout autant Ted Cruz, sénateur ultra-conservateur du Texas arrivé en tête dans l'Iowa, que le flamboyant Donald Trump, qui a dû s'y contenter d'une deuxième place, quand tous les sondages le donnaient gagnant.

Le positionnement du milliardaire de l'immobilier, qui avait boycotté le dernier débat dans l'Iowa, était délicat samedi soir.

Dans le New Hampshire, où il est en tête devant Marco Rubio (35 % à 14 % selon un dernier sondage 7News/University of Massachusetts Lowell), ses partisans ont pris le soin de faire du porte à porte. Lui même a tenu des rencontres au format plus réduit, pour essayer de consolider son avance sur Rubio.

Ted Cruz est, selon ce sondage, 3e, à 13 %. Viennent ensuite l'ancien gouverneur de Floride Jeb Bush (10 %), le gouverneur de l'Ohio John Kasich (10 %), le gouverneur du New Jersey Chris Christie (4 %), et le neuro-chirurgien Ben Carson (3 %).

En dépit de ses protestations, la seule femme candidate chez les républicains, Carly Fiorina, ex-PDG de Hewlett-Packard, n'a pas été invitée au débat en raison de ses résultats trop faibles.

Diffusé par ABC, il était organisé au Saint Anselm College, université catholique sur les hauteurs de la ville de Manchester.

Ces derniers jours, la majorité des attaques avaient déjà visé Marco Rubio, ses adversaires dénonçant son supposé manque d'expérience et de solidité.

Brièvement déstabilisé par sa défaite dans l'Iowa, Donald Trump, qui a accusé Ted Cruz d'avoir «volé» le caucus par des pratiques malhonnêtes, est revenu depuis à ses déclarations agressives. Il s'est moqué de ce que Jeb Bush, pour essayer de sauver sa campagne, ait appelé sa mère de 90 ans, Barbara, femme et mère de deux présidents Bush, à la rescousse dans le New Hampshire.

«Wow, Jeb Bush dont la campagne est un désastre complet, a dû appeler sa maman pour s'en prendre à moi. Ce n'est pas bien !», a tweeté samedi M. Trump.

Aussi sur Canoe.ca




Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos