Jennie Matthew
AFP

Clinton et Sanders s'affrontent avant le New Hampshire

Jennie Matthew

Dernière mise à jour: 04-02-2016 | 22h51

DURHAM, New Hampshire - Les démocrates américains Hillary Clinton et Bernie Sanders se sont affrontés parfois vivement jeudi soir dans un débat télévisé dans le New Hampshire, chacun affichant fermement ses différences pour convaincre les électeurs avant les primaires de cet État mardi.

Le sénateur du Vermont, qui prêche une révolution politique, y est donné largement en tête dans les sondages. Le dernier publié jeudi (NBC/Wall Street Journal/Marist) lui donnait 58 % des intentions de vote contre 38 % à Mme Clinton, qui s'est immédiatement positionnée jeudi soir comme «une progressiste qui fait avancer les choses», mais qui est réaliste.

«Je veux imaginer un pays où les salaires de gens reflètent leur dur travail, et où tout le monde a une assurance maladie», a-t-elle déclaré. Mais, a-t-elle ajouté, «je ne fais pas des promesses que je ne peux pas tenir».

M. Sanders, qui veut cette assurance maladie pour tous, et plaide aussi pour l'université gratuite pour tous, en promettant de taxer plus lourdement Wall Street, a rejeté l'idée que ses idées soient irréalistes, soulignant notamment qu'elles existaient «dans de nombreux pays».

Jusqu'à présent courtois si on le compare aux insultes qu'échangent les républicains, le ton entre Mme Clinton et M. Sanders est monté d'un cran jeudi soir, Mme Clinton défendant sa vision, et M. Sanders l'accusant de faire partie de l'establishment et réclamant des changements «majeurs» dans le parti démocrate.

Les républicains voteront aussi pour leurs primaires mardi dans le New Hampshire, et Donald Trump, battu dans l'Iowa lundi par le sénateur ultra conservateur Ted Cruz, et talonné par Marco Rubio, va lui aussi devoir confirmer les sondages qui le donnent gagnant dans le New Hampshire.

Cet État du Nord-Est est le deuxième à voter pour départager les candidats républicains et démocrates à la présidentielle, après l'Iowa.

Dans l'Iowa, Mme Clinton, l'ultra favorite de l'establishment démocrate, l'a emporté d'un cheveu face à M. Sanders (49,8 % à 49,6 %), galvanisant la campagne de ce dernier qui n'a d'ailleurs pas reconnu officiellement sa défaite.

La campagne de Mme Clinton a reconnu jeudi que le sénateur du Vermont avait levé plus de fonds qu'elle en janvier, 20 millions $ US contre 15 millions.

Dans le New Hampshire, elle espère faire mieux que les sondages, ce qui lui permettrait d'aborder sereinement les prochains États du Nevada et de Caroline du Sud, qui lui sont plus favorables.

Le débat de deux heures jeudi soir, à l'université du New Hampshire à Durham, devait permettre aux deux démocrates de souligner leurs différences en matière de politique étrangère, santé, impôts, armes à feu, relations avec le monde de la finance.

Le troisième candidat démocrate, Martin O'Malley, a abandonné après l'Iowa.

Dans le New Hampshire, les indépendants peuvent participer aux primaires démocrates ou républicaines. M. Sanders, 74 ans, est aussi nettement en tête face à Mme Clinton, 68 ans, chez ces électeurs (69 % à 26 %), ainsi que chez les jeunes (76 % à 24 %), selon le sondage NBC/Wall Street Journal/Marist.

Et les deux candidats n'ont pas dit leur dernier mot: ils ont prévu après cette rencontre retransmise par la chaîne MSNBC trois autres débats démocrates d'ici la convention de leur parti fin juillet.

Modéré ou progressiste?

Déjà mercredi soir, lors d'une rencontre avec des électeurs du New Hampshire, Mme Clinton s'est présentée comme progressiste, Bernie Sanders soulignant qu'elle ne pouvait pas prétendre à la fois être progressiste et modérée.

Hillary Clinton a réaffirmé jeudi qu'elle partageait avec lui «certains buts progressistes», mais insisté sur le coût des promesses de Bernie Sanders.

L'ancienne secrétaire d'État s'est amusée que le sénateur du Vermont se présente «comme le gardien de la définition de qui est progressiste».

Ce grand pourfendeur de Wall Street se présente aussi comme le plus à même de mettre un frein à l'influence de l'argent dans la politique. Il est aussi pour l'augmentation du salaire minimum.

Côté républicain, les experts estiment qu'une nouvelle défaite de Donald Trump dans le New Hampshire, après celle de l'Iowa, pourrait porter un coup dur à l'image de gagnant qu'il a mise en avant. Les sondages le donnent actuellement 21 points devant le télégénique sénateur de Floride Marco Rubio, le sénateur du Texas Ted Cruz arrivant en troisième position.

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