Alix Rijckaert
AFP

Une proposition sur la table mardi pour éviter un «Brexit»

Une proposition sur la table mardi pour éviter un «Brexit»

Donald Tusk et David Cameron.Photo Toby Melville / Reuters

Alix Rijckaert

Dernière mise à jour: 01-02-2016 | 14h22

BRUXELLES - Après d'intenses négociations entre diplomates européens et britanniques, le président du Conseil européen Donald Tusk a promis de dévoiler mardi ses propositions pour faire en sorte que le Royaume-Uni reste dans l'UE, et que l'Europe évite une nouvelle crise majeure.

«Demain autour de midi je présenterai une proposition», a annoncé lundi soir M. Tusk sur Twitter. Il y a eu de «bon progrès lors des dernières 24 heures», mais il reste «des questions à régler», a ajouté celui qui préside l'instance européenne représentant les dirigeants des 28 membres de l'UE.

M. Tusk et le Premier ministre conservateur David Cameron, sous pression des europhobes de l'Ukip et d'une frange eurosceptique de son propre parti, n'avaient pas réussi à trouver un accord dimanche soir lors d'une rencontre au 10, Downing Street.

À la sortie des négociations, M. Tusk avait promis un «travail intensif dans les prochaines 24 heures», jugeant la séquence «cruciale» alors que M. Cameron veut arracher un accord aux chefs d'État et de gouvernement de l'UE lors d'un sommet à Bruxelles les 18 et 19 février, ce qui lui permettrait d'organiser le référendum britannique sur la question dès juin.

Donald Tusk espérait initialement soumettre ce lundi les propositions des Européens visant à répondre aux demandes de réformes de M. Cameron, qui a promis qu'il ferait campagne contre un «Brexit», une sortie de son pays de l'UE, s'il obtenait gain de cause.

Des hauts fonctionnaires du Conseil européen, de la Commission et les émissaires de M. Cameron étaient encore réunis lundi soir à Bruxelles, pour boucler leurs tractations.

«Des progrès ont été enregistrés à la fois à un niveau technique et politique» mais «nous n'y sommes pas encore», a commenté lundi à la mi-journée le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas.

 

«Simulacre»

En promettant d'organiser cette consultation à haut risque, qui pourrait déclencher un autre séisme dans l'Union déjà éprouvée par la crise migratoire, M. Cameron, réélu en mai 2015, espérait couper l'herbe sous le pied des eurosceptiques.

«Le simulacre de renégociation de David Cameron continue, avec sa comédie et ses drames, mais il se moque de nous!», a persiflé un responsable de l'Ukip, Paul Nuttall. 

S'il obtient un accord, «cela ne répondra pas à la perte générale de souveraineté (britannique) en faveur de l'UE (...) et nous fera encore moins reprendre le contrôle de nos frontières», a accusé M. Nuttall, alors que les sondages actuels donneraient une légère avance aux partisans d'une sortie.

M. Cameron exige de ses partenaires européens des réformes dans quatre secteurs, dont la plus controversée vise à décourager l'immigration intra-européenne, en particulier des pays de l'Est.

Il voudrait imposer un moratoire de quatre ans avant tout versement d'aides sociales aux immigrants issus de l'UE venant travailler au Royaume-Uni. Mais cette exigence, jugée «discriminatoire», est contraire à la libre circulation des biens et des personnes, principe fondateur de l'Union.

Londres et Bruxelles semblent avoir trouvé un terrain d'entente avec la proposition de Bruxelles d'introduire un mécanisme de «frein d'urgence» dans le cas où les services publics britanniques étaient débordés ou si la Sécurité sociale britannique était victime d'abus répétés, un système auquel pourraient également recourir les autres pays européens.

«Avancée substantielle»

À ce propos, Downing Street a salué lundi une «avancée substantielle», tout en répétant qu'il fallait encore «travailler». «Le premier ministre n'acceptera une alternative aux quatre ans (de gel des prestations sociales, ndlr) que si c'est aussi efficace», a insisté un porte-parole.

M. Cameron demande par ailleurs des garanties que le renforcement annoncé de la zone euro ne se fera pas au détriment des pays qui ne sont pas membres de ce club, et donc de la puissante City de Londres.

La France, notamment, voit d'un mauvais oeil les revendications sur ce point. «Pour les responsables français, il est irresponsable de donner à des pays qui ne sont pas membres de la zone euro le pouvoir d'indéfiniment bloquer des votes» en son sein, a rappelé le Financial Times. Paris refusera de concéder tout «droit de véto détourné» à la City, assure le quotidien économique.

Mais «nous ne cherchons pas à nous dresser sur le chemin d'une plus grande intégration de la zone euro», a expliqué le porte-parole de Downing Street, ajoutant que Londres réclame seulement «des principes clairs pour régir les relations entre les membres de la zone euro et les non membres pour que des pays comme le Royaume-Uni, qui n'est pas membre, ne soient pas désavantagés».

M. Cameron veut également relancer les chantiers pour améliorer la compétitivité de l'économie européenne et regagner en souveraineté en octroyant davantage de pouvoirs aux Parlements nationaux.

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