Hervé Asquin et Sabine Wibaux
AFP

François Hollande accueille chaleureusement Raul Castro

François Hollande accueille chaleureusement Raul Castro

Raul Castro et François Hollande.Photo Jacques Brinon / AFP

Hervé Asquin et Sabine Wibaux

Dernière mise à jour: 01-02-2016 | 15h43

PARIS - Le président français François Hollande a appelé lundi les États-Unis à lever l'embargo commercial qui frappe Cuba depuis 1962, à l'occasion d'une visite à Paris de Raul Castro signant la normalisation des relations entre La Havane et l'Europe.

«La France a toujours été convaincue que, malgré les tensions internationales qui pouvaient exister (...), il y avait une nécessité: la levée de l'embargo et donc la fin du blocus», a déclaré M. Hollande en recevant à l'Élysée son homologue cubain.

«Cet embargo, ce blocus doivent être maintenant effacés», a insisté le chef de l'État français à l'adresse du président américain Barack Obama.

«Le président Obama, qui a fait que l'on progresse, doit, et il l'a dit lui-même, aller jusqu'au bout et permettre qu'il puisse y avoir la fin de ce vestige de la guerre froide», a-t-il lancé.

Cuba «apprécie la position de la France en faveur de la levée du blocus économique américain», a réagi à ses côtés Raul Castro.

Embargo

À la mi-janvier, Barack Obama avait lui-même appelé une nouvelle fois le Congrès américain à lever l'embargo contre Cuba, un an après l'amorce d'une normalisation diplomatique historique entre les deux anciens ennemis de la Guerre froide.

Cet embargo interdit toujours aux Américains d'investir et de faire du tourisme sur l'île, Washington menaçant en outre de fortes amendes les entreprises présentes aux États-Unis et qui se risquent à faire des affaires avec La Havane.

La visite de Raul Castro, 84 ans, est sa première dans un pays de l'Union européenne depuis qu'il a pris les rênes de Cuba en 2006. Elle est aussi la première d'un chef d'État cubain en France depuis celle de son frère aîné Fidel en 1995.

Ce voyage officiel répond à celui de François Hollande à Cuba en mai 2015.

Pour l'occasion, le président français a annoncé un geste supplémentaire de Paris à l'égard de La Havane après la conclusion en décembre d'un accord pour apurer la dette cubaine envers les créanciers du club de Paris de 8,5 milliards de dollars d'intérêts.

Paris annulera aussi «progressivement les intérêts de retard à mesure que Cuba remboursera les arriérés» et «un fonds franco-cubain doté de plus de 200 millions d'euros» sera créé «pour accélérer les projets d'investissements de la France à Cuba», selon M. Hollande.

Le président français s'est montré en revanche peu disert sur les droits de l'homme, dont le manque de respect par Cuba est souvent pointé du doigt par les ONG.

«Nous n'avons écarté aucun sujet aussi bien sur le plan politique que sur le plan économique, y compris le droit des personnes», a-t-il déclaré. La France «y est toujours attachée et le rappelle à chaque instant, dans toutes les circonstances et pour tous les pays.»

«Une nouvelle page»

Avant leurs entretiens, François Hollande a donné à Raul Castro une chaleureuse accolade sur le tapis rouge de l'Élysée.

«Aujourd'hui, ce que nous ouvrons, c'est une nouvelle page de l'histoire entre la France et Cuba, et au-delà, entre l'Europe et Cuba et, demain, entre le monde et Cuba», a-t-il souligné ensuite devant la presse.

La réception à l'Élysée devait se prolonger dans la soirée avec un «dîner d'État». Au menu : Saint-Jacques, dos de bar et entremets.

Paris a déployé des égards exceptionnels pour le dirigeant cubain, qui a eu droit aux honneurs militaires et à une descente des Champs-Élysées, escorté par la Garde républicaine à cheval.

À l'exception de quelques partisans du régime de La Havane, la «plus belle avenue du monde» était toutefois quasiment déserte, les accès étant bouclés par les forces de l'ordre.

La France entendait renforcer lors de sa visite la présence de ses entreprises dans un pays qui s'ouvre progressivement à l'économie de marché. Outre l'accord sur la dette et une feuille de route économique, des déclarations conjointes ont été signées sur le tourisme, le commerce équitable ou le transport ferroviaire.

Paris voit en La Havane un «élément clé» de la relance de sa relation avec l'Amérique latine, où le président français effectuera fin février une tournée.

Aussi sur Canoe.ca



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos