Jessica Berthereau
AFP

«Brexit»: discussions cruciales entre Cameron et l'UE

«Brexit»: discussions cruciales entre Cameron et l'UE

David Cameron et Donald Tusk.Photo Archives / AFP

Jessica Berthereau

LONDRES - David Cameron demandera dimanche au président du Conseil européen Donald Tusk de pouvoir prendre des mesures pour limiter l'immigration européenne au Royaume-Uni dès le lendemain du référendum, des discussions qui s'annoncent déterminantes dans les négociations sur le maintien du pays dans l'UE.

M. Tusk, qui doit dîner à Downing Street à l'invitation du Premier ministre britannique, pourrait publier dès lundi ses propositions sur les quatre points soulevés par M. Cameron en amont du référendum par lequel les Britanniques devront se prononcer sur un maintien ou non dans l'UE d'ici fin 2017, a indiqué une source européenne à l'AFP.

Il est arrivé à Londres dimanche en début d'après-midi en compagnie de son équipe de négociation au grand complet: son chef de cabinet, Piotr Serafin, le secrétaire général du Conseil, Jeppe Tranholm-Mikkelsen, et le directeur général du service juridique, Hubert Legal.

Dimanche soir, les tractations se concentreront sur une solution alternative proposée par Bruxelles à la volonté de Londres d'imposer un moratoire de quatre ans avant le versement de certaines aides sociales aux immigrants issus de l'UE venant travailler au Royaume-Uni. Une demande jugée «discriminatoire» et contraire à la libre circulation des biens et des personnes, un principe fondateur de l'UE.

La solution proposée par l'UE prendrait la forme d'un «frein d'urgence» qui pourrait être actionné si les services publics britanniques sont débordés ou si la Sécurité sociale britannique est victime d'abus répétés.

Les Britanniques ont d'emblée posé des exigences. «La forme que prendrait un frein d'urgence sera le principal sujet de discussions au dîner ce soir à Downing Street», a affirmé une source gouvernementale britannique.

«Le premier ministre dira clairement qu'un accord n'est possible que si le frein s'applique aux niveaux actuels d'immigration européenne, s'il peut être activé immédiatement après le référendum et s'il s'applique suffisamment longtemps pour résoudre le problème sous-jacent», a-t-elle énuméré.

Le dirigeant britannique veut que ce frein «soit aussi puissant que sa proposition des quatre ans» et qu'il puisse se transformer «en un mécanisme plus permanent», a encore précisé la source britannique.

Le moratoire de quatre ans proposé par Londres nécessiterait selon les experts une révision des traités. Mais une telle option ne sera pas au menu de la discussion dimanche soir.

«Être plus ambitieux»

Au total, Londres a formulé quatre exigences pour rester dans le bloc des 28: ne pas faire de discrimination à l'égard des pays non membres de la zone euro, mettre l'accent sur la compétitivité, restaurer la souveraineté du pays (par exemple en octroyant un droit de veto aux Parlements nationaux) et limiter l'immigration européenne.

Dimanche soir, «le premier ministre soulignera la nécessité d'être plus ambitieux sur l'ensemble des quatre sujets, avec des mesures plus fermes pour alléger le poids de la régulation européenne et des mécanismes pour renforcer la subsidiarité et pour réviser la législation existante», a indiqué la source gouvernementale britannique.

«Le premier ministre entend dire très clairement à (Donald) Tusk qu'il ne conclura pas d'accord à tout prix, qu'il n'est pas pressé et qu'il est bien plus important d'obtenir des réformes significative», a-t-elle ajouté.

Ces discussions interviennent après celles qu'a eues M. Cameron vendredi à Bruxelles avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le président du Parlement européen Martin Schulz.

«Nous avons fait des progrès aujourd'hui, ce n'est pas suffisant, ça va être difficile», avait déclaré vendredi le premier ministre britannique à l'issue du déjeuner de travail avec M. Juncker. «Si l'accord est bon, je le prendrai, s'il ne l'est pas, je ne le prendrai pas».

Si Londres obtient un accord final lors du prochain sommet européen, qui se tiendra à Bruxelles les 18 et 19 février, le référendum pourrait être organisé dès le mois de juin.

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