Laurent Barthelemy
AFP

La Corée du Nord préparerait un test de missile balistique

La Corée du Nord préparerait un test de missile balistique

La Corée du Nord a procédé à des tirs de missiles longue portée à plusieurs reprises dans le passé. Photo Archives / Reuters

Laurent Barthelemy

Dernière mise à jour: 28-01-2016 | 18h54

WASHINGTON - Trois semaines après son quatrième essai nucléaire, la Corée du Nord pourrait être en train de préparer un nouveau test de missile balistique, un nouveau pas vers son objectif de se doter de missiles nucléaires.

Un tel essai mettrait encore plus le régime de Pyongyang au ban de la communauté internationale, alors qu'une nouvelle résolution de l'ONU est déjà en préparation pour alourdir les sanctions contre le pays, après l'annonce par Pyongyang le 6 janvier de son quatrième test d'une bombe nucléaire. 

Le régime a indiqué qu'il s'agissait d'une bombe H, mais les experts estiment que la puissance dégagée par l'explosion était en réalité trop faible pour qu'il s'agisse de ce type d'engin.  

Selon l'agence Kyodo, qui cite une source gouvernementale japonaise, les images satellite de ces derniers jours laissent présager que l'essai d'un tir de missile balistique de longue portée pourrait intervenir dans environ une semaine depuis le site de Dongchan-ri, dans l'ouest du pays.

Un responsable américain de la Défense a confirmé de son côté que la Corée du Nord semblait préparer le lancement d'un engin spatial, mais que rien n'indiquait pour l'instant qu'il s'agisse bien d'un missile.

«Cela peut-être un satellite ou un engin spatial. Il y a beaucoup de suppositions. Les Nord Coréens font cela régulièrement, installer et enlever des équipements», a indiqué ce responsable sous couvert de l'anonymat.

Selon la télévision publique NHK, des mouvements de personnes et de véhicules sont visibles autour du site apparemment recouvert d'une sorte de bâche.

Le ministère sud-coréen de la Défense n'a pas confirmé ni infirmé ces informations. 

Seulement des composants de bombe H

Selon la chaîne CNN qui cite un responsable américain anonyme, la Corée du Nord n'aurait testé que des composants de bombe H lors de son essai nucléaire du 6 janvier.

Selon ce responsable, qui précise qu'il n'y a pas de conclusion définitive de la part des services de renseignement américains, les données sismiques montrent que les Nord-Coréens ont testé leur engin très profondément, comme ce qui est nécessaire pour une bombe H.

Mais ces données, et d'autres informations, montrent qu'il n'y pas eu d'explosion d'une bombe H thermonucléaire, mais seulement peut-être de composants d'une telle bombe, comme le détonateur.

Le détonateur d'une bombe H est lui-même une petite bombe nucléaire classique (bombe A).

Washington avait tout de suite contredit les affirmations de la Corée du Nord sur le succès d'un test de bombe H, estimant qu'il n'y avait aucune indication pour étayer les dires de Pyongyang.

Les spécialistes jugent trop faible la puissance apparemment dégagée par l'explosion pour que la bombe puisse être à hydrogène.

Après l'annonce de l'essai, le Conseil de sécurité de l'ONU avait adopté à l'unanimité une déclaration le condamnant, et annonçant un renforcement des sanctions contre Pyongyang.

La Corée du Nord a testé auparavant trois fois la bombe atomique, en 2006, 2009 et 2013. Ces essais lui ont valu plusieurs volées de sanctions internationales.

Plusieurs essais de missiles

La Corée du Nord a procédé à des tirs de missiles longue portée à plusieurs reprises dans le passé. 

En décembre 2012, elle avait effectué un tir de fusée Unha-3, une opération également assimilée par les États-Unis à un tir de missile balistique.

Elle affirme que ses missiles sont capables d'atteindre les États-Unis. 

Mais de nombreux spécialistes estiment que Pyongyang est à des années d'obtenir une capacité crédible dans le domaine des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM).

Les experts s'attendaient à une reprise des lancements de fusées par la Corée du Nord, après l'achèvement d'un programme de modernisation du site de Dongchan-ri, également connu sous le nom de Sohae.

Une menace

La transformation du site, qui a commencé au début de 2013, est centrée sur la création d'installations permettant le lancement de fusées plus grandes, ayant une plus longue portée et une charge utile plus importante.

L'US-Korea Institute considère que l'achèvement des travaux de Sohae permettra au site d'accueillir des fusées mesurant jusqu'à 50 mètres, alors que la fusée Unha-3 mesure 30 mètres.

Le régime a aussi construit des abris d'entreposage de carburant et un banc d'essai de moteurs.

Les États-Unis surveillent régulièrement la Corée du Nord depuis l'espace et le Japon a mis en place en 2003 une observation de ce pays par satellite.

En voyage à Pékin mercredi, le secrétaire américain John Kerry a souligné que la Corée du Nord était «une menace contre le monde».

Nouvelle résolution

Son homologue chinois Wang Yi a confirmé que Pékin et Washington était tombés d'accord pour que le Conseil de sécurité (des Nations unies) prenne des mesures supplémentaires et vote une nouvelle résolution après le dernier essai nucléaire onusien.

Mais les deux dirigeants n'ont pas voulu entrer dans le détail du contenu d'une éventuelle résolution onusienne.

La Chine est la principale alliée diplomatique et commerciale de la Corée du Nord, mais leurs relations se sont tendues depuis que Pyongyang persiste, contre les exhortations chinoises, à effectuer des essais nucléaires.

Aussi sur Canoe.ca



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook


Vidéos

Photos