Sara Hussein
AFP

Le régime syrien reprend un fief rebelle

Le régime syrien reprend un fief rebelle

Un nouvel attentat suicide revendiqué par l'EI a fait au moins 22 morts à Homs.Photo Reuters

Sara Hussein

Dernière mise à jour: 26-01-2016 | 10h17

BEYROUTH - Le régime a repris une ville carrefour aux rebelles en Syrie à quelques jours des négociations avec l'opposition qui doit décider mardi de sa participation à ces pourparlers appelés à trouver une solution au conflit.

L'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura a annoncé avoir envoyé les invitations aux «participants syriens», sans préciser lesquels, pour assister aux négociations vendredi à Genève, alors que des désaccords subsistent sur la composition de délégation de l'opposition.

Appuyées par l'aviation russe, des combattants du Hezbollah libanais et d'officiers iraniens, les forces du régime se sont emparées lundi tard le soir de la ville de Cheikh Miskine dans la province méridionale de Deraa, près de la frontière jordanienne.

Il s'agit d'une victoire clé, la ville étant un carrefour stratégique menant au nord à Damas et à l'est à la ville de Soueida, toutes deux aux mains du régime, même si la majorité de la province de Deraa reste aux mains des rebelles dont ceux du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda.

Alliée indéfectible du régime intervenue le 30 septembre dans la guerre en Syrie, la Russie s'est félicitée du fait que son intervention avait permis aux troupes du président Bachar al-Assad de reprendre du terrain aux rebelles.

«Les actions des forces aériennes russes effectuées à la demande des autorités syriennes ont vraiment aidé à renverser la situation et à réduire l'espace contrôlé par les terroristes», a dit le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov à Moscou, en référence notamment au Front Al-Nosra et au groupe jihadiste État islamique (EI).

Début de la réunion de Ryad

Mais les forces du régime continuent de subir les coups des jihadistes avec un nouvel attentat suicide revendiqué par l'EI contre un barrage de l'armée dans la ville centrale de Homs, qui a fait 29 morts dont un grand nombre de soldats, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La télévision d'État a parlé de 22 morts.

Face à une situation de plus en plus alarmante au niveau militaire et humanitaire, les grandes puissances cherchent à trouver une solution au conflit dans lequel sont impliqués plusieurs acteurs et protagonistes et qui a fait plus de 260 000 morts depuis mars 2011.

Appelées à durer six mois, les négociations intersyriennes, les deuxièmes depuis le début de la guerre, devaient initialement commencer lundi mais M. de Mistura a annoncé leur report à vendredi. 

L'émissaire de l'ONU a souligné la nécessité d'inclure le plus grand nombre de personnes aux pourparlers, notamment des femmes et des représentants de la société civile. 

Des représentants de l'opposition ont entamé leur réunion à Ryad pour décider si celle-ci participera ou non aux pourparlers après des critiques sur la composition de sa délégation.

L'opposition regroupant les principales factions politiques et armées, a désigné la semaine dernière comme négociateur en chef, Mohamed Allouche, un chef du groupe armé rebelle pro-saoudien Jaich al-Islam, qui est la bête noire d'une partie de l'opposition de l'intérieur et de Moscou. 

Dilemme sur une participation kurde

Autre point de discorde: la participation des kurdes, en pointe dans la lutte contre l'EI qui occupe de vastes territoires en Syrie.

Alors qu'ils sont exclus de la délégation des opposants, M. Lavrov a estimé que sans les Kurdes les négociations ne peuvent pas «donner de résultats». Mais la Turquie, hostile à M. Assad, s'est dite opposée à une présence du principal parti kurde syrien PYD aux discussions.

Les pourparlers doivent porter sur une feuille de route votée en décembre 2015 par le Conseil de sécurité de l'ONU qui prévoit un cessez-le-feu, un gouvernement de transition dans les six mois et des élections dans les 18 mois.

L'opposition exige en outre le départ de M. Assad au début de la période de transition. Mardi, M. Lavrov a nié des informations selon lesquelles le président Vladimir Poutine a demandé à M. Assad de partir ou lui a proposé un asile politique en Russie.

L'ONU et les capitales occidentales veulent essayer d'éviter un nouvel échec en Suisse, comme lors des précédentes négociations début 2014, alors qu'elles cherchent à renforcer leur lutte contre l'EI en Syrie et en Irak voisin, où le groupe jihadiste occupe de vastes régions. 

Dans sa dernière vidéo de propagande, l'EI a montré combien la Syrie a été un lieu de transit et de formation pour ses combattants notamment pour les auteurs des attentats de Paris en novembre 2015 (130 morts).

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