Agence QMI

Six Québécois tués dans l'attentat d'Ouagadougou

Dernière mise à jour: 16-01-2016 | 23h16

OTTAWA - Six Québécois ont été tués dans l'attaque d'un commando jihadiste contre un hôtel et un restaurant d'Ouagadougou, au Burkina Faso, qui a fait 29 morts vendredi.

C'est le bureau du premier ministre du Canada Justin Trudeau qui a le premier annoncé par voie de communiqué en fin d'après-midi samedi que six Canadiens étaient morts dans l'attentat. Le ministère des Relations internationales du Québec a ensuite confirmé à l'Agence QMI qu'il s'agissait de six Québécois. Selon TVA Nouvelles, quatre des six victimes québécoises étaient des touristes membres d'une même famille originaire de Lac-Beauport dans la région de Québec.

«Au nom de tous les Canadiens, nous offrons nos plus profondes condoléances aux familles, aux amis et aux collègues de toutes les personnes tuées, ainsi qu'un prompt rétablissement à toutes celles qui ont été blessées, a déclaré M. Trudeau. Nous sommes profondément attristés par ces gestes insensés de violence contre des civils innocents.

«Nous avons offert aux autorités burkinabées de les assister au cours de l'enquête sur ce crime terrible.»

Le premier ministre a par ailleurs déclaré que le Canada condamne au plus haut point cet attentat meurtrier.

Son homologue québécois, Philippe Couillard, a réagi en soirée.

«Rien ne peut expliquer des actes d'une telle lâcheté et gratuité. Au nom du peuple québécois, j'offre mes plus sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes et souhaite un prompt rétablissement aux personnes blessées», a dit M. Couillard également dans un communiqué.

«Jamais nous n'accepterons ces manifestations de violence barbare, perpétrées dans le but de terrifier la population burkinabé et les étrangers. De concert avec le gouvernement du Canada et l'Organisation internationale de la Francophonie, nous exprimons notre solidarité avec le peuple burkinabé et ses dirigeants», a également dit le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.

Dix-huit nationalités

L'attentat, qui a débuté en soirée vendredi et qui s'est poursuivi durant la nuit de samedi, a fait au moins 29 morts et une trentaine de blessés, dont plusieurs étrangers de 18 nationalités différentes. Deux Suisses et deux Français feraient partie des victimes.

Vendredi vers 19 h 45, heures locales, des assaillants ont fait irruption dans l'hôtel Splendid. L'établissement de luxe de la capitale du Burkina Faso est fréquenté par de nombreux voyageurs occidentaux, ainsi que par des employés des Nations unies.

L'assaut des forces burkinabées et françaises a été donné en début de nuit, puis s'est poursuivi au petit matin dans le café-restaurant Cappuccino situé à proximité de l'hôtel.

Des appels à la centrale de la Police nationale et à la rédaction du journal Sidwaya à Ouagadougou n'ont pas permis d'en apprendre davantage sur les victimes canadiennes, sinon qu'une liste des noms des victimes avec leurs nationalités pourrait être publiée par les autorités dimanche.

Nombreuses réactions

À l'instar de MM. Trudeau et Couillard, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, et la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, ont aussi présenté leurs condoléances «aux familles et aux amis des personnes tuées lors de l'attentat d'hier à Ouagadougou, qui comptent parmi elles des travailleurs humanitaires et des bénévoles canadiens, et nous souhaitons un prompt rétablissement aux personnes qui ont été blessées».

«À l'heure actuelle, des représentants canadiens collaborent avec les autorités locales et fournissent des services consulaires aux familles des Canadiens touchés», ont ajouté les deux ministres, condamnant également l'attentat.

Chez les conservateurs, ce sont la cheffe intérimaire, Rona Ambrose, et le porte-parole sur les affaires étrangères, Tony Clement, qui ont offert leurs condoléances.

«Au nom du caucus conservateur, j'exprime mes condoléances aux familles des 23 victimes de cet acte terroriste insensé, et j'ajoute que nos pensées et nos prières sont avec les victimes canadiennes», ont dit Ambrose et Clement.

Les conservateurs en ont profité pour lancer une flèche au gouvernement de Justin Trudeau.
«Le caucus conservateur, comme il le fait depuis que les Libéraux sont au pouvoir, presse le gouvernement du Canada de mettre un terme à l'ambigüité quant à notre rôle dans la lutte contre le groupe État islamique, peut-on lire dans le communiqué de Mme Ambrose et M. Clement. Ces attaques incessantes montrent que des mesures décisives sont requises pour affronter cette menace, ce qui comprend un soutien total à nos alliés de la coalition et le maintien de nos CF-18 en Irak et en Syrie.»

Au Québec, les partis d'opposition se sont également exprimés.

Le chef du Parti Québécois, Pierre Karl Péladeau, et la porte-parole de son parti en matière de relations internationales, Carole Poirier, ont aussi exprimé ses condoléances aux familles des victimes et condamné l'attaque.

«Le Québec doit continuer à combattre ces attaques menées contre nos valeurs de liberté et de démocratie. Je condamne fermement ces gestes barbares et ignobles», a indiqué M. Péladeau.

«Ces attentats sont des expressions de haine insensée, devant lesquelles personne ne peut rester indifférent. Comme beaucoup de nos concitoyens, nous sommes sous le choc à la suite de ces actes de violence abjecte qui menacent nos démocraties», a ajouté Carole Poirier.

Quant au chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, il a indiqué que la communauté internationale devait tout faire pour mettre fin au fléau du «terrorisme islamiste».

«Plus que jamais, le terrorisme ne peut plus être considéré comme une vague menace, bien loin de notre réalité. Le danger est aujourd'hui réel. Nos gens sont maintenant attaqués, où qu'ils soient dans le monde», a dit M. Legault.

Un Québécois raconte l'horreur à Ouagadougou


Patrick Gagnon, un Québécois qui travaille à Ouagadougou, a été bien chanceux vendredi soir. Il a quitté son bureau situé tout près du lieu de l'attentat qui a fait 29 morts moins d'une heure avant le drame.

«Mon bureau est à un peu moins de cent mètres du Cappuccino, donc on est partis entre 17 h 30 et 18 h pour rentrer et c'est rendu à la maison que j'ai découvert ce qui s'était passé», a-t-il raconté en entrevue à TVA Nouvelles.

M. Gagnon, qui habite près du siège de la présidence du pays, assure toutefois ne pas craindre pour sa sécurité.

«Les militaires sont actuellement dans les rues pour sécuriser les maisons des ministres et du président donc pour ce qui est de chez-nous, je vous dirais que c'est très sécuritaire.»
Patrick Gagnon a expliqué que la tension reste tout de même très vive au centre-ville de Ouagadougou.

«Pour ce qui est du centre-ville, c'est vraiment quadrillé, on ne peut pas entrer dans le périmètre qu'ils ont érigé [...] tout le monde est sur le qui-vive, le gouvernement demande à tout le monde de rester à la maison justement pour ça.»

«Pour le Burkina Faso, c'est la pire chose qui pourrait arriver, le gouvernement vient de se relever d'un récent coup d'État alors ça va être difficile pour l'économie du pays au cours des prochaines semaines et des prochains mois», déplore M. Gagnon.

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