Hervé Asquin
AFP

Hollande reperd la popularité acquise après les attentats

Hollande reperd la popularité acquise après les attentats

Le président socialiste français François Hollande.Photo archives / Reuters

Hervé Asquin

Deux mois après les attentats du 13 novembre, le président socialiste français François Hollande a reperdu l'essentiel du terrain qu'il avait gagné dans les enquêtes de popularité, plombé par le chômage et des cafouillages politiques.

Au lendemain des attentats jihadistes (130 morts, des centaines de blessés), le rebond avait été pourtant spectaculaire pour le chef de l'Etat, à un niveau jamais vu depuis l'été 2012.

Mais la dégringolade - paralysante pour la prochaine présidentielle de 2017 - l'aura été tout autant en janvier : plus que 22% d'opinions favorables (institut YouGov), 23% des Français qui lui font confiance pour résoudre les problèmes de la France (baromètre TNS-Sofres-Onepoint), 29% favorables à son action (baromètre Ipsos-Le Point)...

Le même phénomène avait déjà été observé après les attentats de janvier 2015 (17 morts). Les Français qui avaient d'abord plébiscité la réponse de l'exécutif à la menace terroriste l'avaient ensuite sanctionné pour son absence de résultats économiques et sociaux.

«C'est un phénomène quasi mécanique», décrypte Jérôme Fourquet de l'institut Ifop, «les griefs lourds et profonds à l'égard du président reviennent, on se remet à parler de chômage, de la situation économique et des engagements non tenus».

Mais à cette «trame de fond», relève le politologue, s'ajoute cette fois «le retour des couacs et des vieux démons à la tête de l'exécutif, un sentiment de déficit d'autorité, d'amateurisme et d'improvisation».

Une réforme constitutionnelle incluant une extension de la déchéance de nationalité aux binationaux nés en France et qui seraient condamnés pour terrorisme, voulue par le président et approuvée par les Français, a déclenché l'hostilité de la gauche et de multiples déclarations gouvernementales contradictoires.

Cela a fait «tambouille» et François Hollande y a perdu «une partie de son crédit, de sa stature présidentielle», estime Jérôme Fourquet.

Le malaise est perceptible dans le camp au pouvoir. «La situation est très dure», a concédé le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen.

- Extrême droite en force -Le gouvernement peine aussi à convaincre de l'efficacité de nouvelles mesures pour l'emploi, alors que François Hollande a fait d'une inversion de la courbe du chômage la condition d'une nouvelle candidature en 2017.

Seule la moitié des Français considère que la formation des chômeurs ou une nouvelle prime à l'embauche seront efficaces, selon un sondage de l'institut Odoxa publié jeudi.

La défiance est telle qu'elle a conduit plusieurs intellectuels à réclamer en début de semaine une primaire à gauche avant la prochaine présidentielle.

À la tête de l'État, François Hollande est «le candidat naturel de la gauche», s'est insurgé jeudi le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, très proche du président, en écartant cette éventualité de primaire.

Sur la scène politique, Alain Juppé à droite et le Premier ministre Manuel Valls à gauche apparaissent comme ceux qui ont le plus de capacités à être «un bon président de la République», loin devant François Hollande et Nicolas Sarkozy, selon une enquête d'opinion Viavoice pour le quotidien de gauche Libération, diffusée jeudi.

Ancien Premier ministre, Alain Juppé confirme à un an et demi de la présidentielle de 2017 l'ascendant pris à droite sur l'ex-président Nicolas Sarkozy (2007-2012). Ce dernier «est en difficulté» avec «des sondages en berne et des soutiens qui s'éloignent», note le quotidien Le Monde dans son édition datée vendredi. Une primaire à droite est prévue les 20 et 27 novembre 2016.

À gauche, moins touché que le président Hollande par l'impopularité, Manuel Valls occupe le terrain sur tous les fronts. Il sera samedi soir le premier chef d'un gouvernement français à participer à une émission de politique-spectacle baptisée «On n'est pas couché» et très prisée en France.

Galvanisée par ses succès électoraux de ces dernières années, la patronne de l'extrême droite française, Marine Le Pen, veut de son côté déminer en 2016 les réticences de plusieurs catégories d'électeurs face à son parti, le Front national, dont elle pourrait changer le nom.

Tous les instituts de sondage assurent que sa position de force dans le paysage politique français actuel la fera se qualifier sans problème pour le deuxième tour de la présidentielle de 2017.

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