Eloi Rouyer
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Le chef de la police de Cologne écarté après les violences

Le chef de la police de Cologne écarté après les violences

Le chef de la police de Cologne, Wolfgang Albers.Photo Archives / AFP

Eloi Rouyer

Dernière mise à jour: 08-01-2016 | 12h34

BERLIN - Le chef de la police de Cologne a été démis de ses fonctions vendredi et Angela Merkel a soutenu l'idée d'une expulsion facilitée pour les réfugiés délinquants après les agressions sans précédent dans la ville qui ont choqué le pays.

Le même jour, le gouvernement allemand a révélé qu'une majorité de réfugiés figuraient parmi les suspects identifiés par la police pour certaines des violences commises le soir du Nouvel An dans la ville rhénane.

Selon un nouveau décompte du ministère de l'Intérieur, la police fédérale effectue des vérifications sur 32 «suspects», dont 22 demandeurs d'asile, pour des violences et vols. Ce groupe de personnes comprend notamment 9 Algériens, 8 Marocains, 4 Syriens, 5 Iraniens, un Irakien et un Serbe, a-t-il détaillé.

Une certaine confusion règne encore sur l'état de l'enquête en raison de communications distinctes entre la police fédérale et celle de Cologne, qui mobilise de son côté 100 enquêteurs pour exploiter entre autres 350 heures d'enregistrements vidéo, selon un porte-parole à l'agence allemande DPA.

Le manque de clarté, une semaine après la Saint-Sylvestre, et les critiques sur l'incapacité des forces de l'ordre à protéger les femmes victimes d'agressions sexuelles ont entraîné l'éviction vendredi du chef de la police locale, Wolfgang Albers.

«Regagner la confiance du public»

Premier à faire les frais de la polémique, il a été suspendu de ses fonctions par son ministre régional de l'Intérieur, Ralf Jäger. «Ma décision est à présent nécessaire pour regagner la confiance du public et la capacité d'action de la police de Cologne», a déclaré ce dernier.

«Les gens veulent savoir ce qui s'est passé cette nuit-là et il faut s'assurer que cela ne se reproduise pas», a-t-il ajouté, promettant des détails sur l'enquête lundi.

La communication très limitée de la police sur ces événements lui vaut aujourd'hui d'être soupçonnée de chercher à dissimuler la gravité des faits, alors que le nombre de plaintes s'élève désormais à 200, selon l'hebdomadaire Der Spiegel.

Au-delà des déficiences de la police, le débat se focalise en Allemagne sur les conséquences à tirer pour la politique d'accueil des réfugiés de la chancelière Angela Merkel, dont le pays a accueilli l'an dernier 1,1 million de demandeurs d'asile. Un afflux record qui suscite l'inquiétude grandissante d'une partie de l'opinion.

Une manifestation du parti populiste et islamophobe Pegida est prévue samedi à Cologne, sur le parvis séparant la cathédrale de la gare centrale où ont eu lieu les agressions du Nouvel An.

«Il faut réduire sensiblement le nombre, nous ne pourrons pas accueillir chaque année un million de réfugiés», a estimé le chef de file des députés du parti social-démocrate, Thomas Oppermann. 

Droite et gauche confondues, la coalition au pouvoir à Berlin cherche à envoyer un message de fermeté sur la nécessité pour les immigrés de s'intégrer et sur les menaces pesant sur ceux qui enfreignent la loi.

Expulser les demandeurs d'asile criminels

Il s'agit en particulier de rendre les procédures d'expulsion plus rapides.

Actuellement la législation impose une condamnation d'au moins trois ans de prison d'un demandeur d'asile pendant l'examen de son dossier pour lui faire perdre son statut, à la condition supplémentaire que sa vie ou sa santé ne soient pas menacées dans son pays d'origine.

«Il faut se demander s'il ne faut pas le perdre plus tôt (que ce qui est prévu aujourd'hui), et je dois dire que, pour moi, il faut le perdre plus tôt», a déclaré Angela Merkel vendredi soir lors d'une réunion avec des responsables de son parti conservateur à Mayence.

Le parti SPD, d'abord plus réservé sur le durcissement des règles d'expulsion, semblait lui aussi vendredi aller dans ce sens. 

«Nous devons examiner toutes les possibilités du droit international pour pouvoir renvoyer les demandeurs d'asile criminels dans leur pays», où ils pourraient effectuer leur peine de prison, a déclaré son président Sigmar Gabriel.

«S'il faut changer la loi, nous le ferons», a-t-il promis.

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