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Étudiants disparus au Mexique: le maire d'Iguala arrêté

Étudiants disparus au Mexique: le maire d'Iguala arrêté

José Luis Abarca et son épouse Maria de los Angeles Pineda.Photo Archives / AFP

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Dernière mise à jour: 04-11-2014 | 10h25

MEXICO - La police fédérale mexicaine a arrêté mardi l'ancien maire d'Iguala (sud), José Luis Abarca, et son épouse, soupçonnés d'être les instigateurs des attaques contre des étudiants ayant fait six morts et 43 disparus le 26 septembre.

«Abarca et son épouse ont été arrêtés par des membres de la police fédérale dans la ville de Mexico», a indiqué un porte-parole de la Commission nationale de sécurité à l'AFP.

«L'opération a été menée sans violence». Le couple a été mis à disposition du ministère public fédéral dans les installations des autorités judiciaires chargées du crime organisé (SEIDO), a-t-il précisé.

Le couple aurait été localisé dans une maison du quartier populaire d'Iztapalapa, à l'est de la capitale, selon le journaliste Joaquin Lopez-Doriga, présentateur du journal le plus regardé du Mexique sur Televisa.

José Luis Abarca et son épouse, Maria de Los Angeles Pineda, étaient les fugitifs les plus recherchés du Mexique depuis les événements d'Iguala, ville située dans l'État du Guerrero, à 200 km au sud de Mexico.

Le 26 septembre, des policiers municipaux et des membres du groupe criminel des Guerreros Unidos avaient attaqué avec des armes à feu des bus dont s'étaient emparés des d'étudiants de l'école normale d'Ayotzinapa venus à Iguala pour, selon leurs dires, recueillir des fonds. Cette attaque avait fait 6 morts et 25 blessés.

Selon des déclarations de certaines des 56 personnes arrêtées dans cette affaire, dont le chef présumé des Guerreros Unidos, Sidronio Casarrubias, les 43 disparus auraient été ensuite assassinés et enterrés.

Parmi les détenus figurent 22 policiers d'Iguala et 14 de la ville voisine de Cocula.

Mais jusqu'à présent, on n'a pas retrouvé la trace des jeunes disparus, en dépit d'une vaste opération de recherches dans l'État du Guerrero, où une douzaine de fosses clandestines ont été trouvées avec au moins 38 corps non identifiés.

Les autorités judiciaires ont accusé Abarca et Pineda d'avoir organisé cette attaque. Le couple avait pris la fuite plusieurs jours après les faits, avant qu'un mandat d'arrêt soit lancé contre eux le 22 octobre.

Selon les autorités, l'ordre de l'attaque contre les étudiants a été donné par Abarca par crainte que les élèves enseignants soient en réalité venus à Iguala pour empêcher la tenue d'un événement public organisé ce jour-là par son épouse, en tant que responsable de l'organisation locale de protection de l'enfance.

«Retrouver les 43 jeunes en vie»

Élu en 2012 sous l'étiquette du Parti de la Révolution démocratique (PRD, gauche), Abarca avait été l'objet de plusieurs enquêtes pour liens présumés avec le crime organisé. En 2013, une plainte avait été déposée contre lui pour le meurtre d'une leader paysan, membre de son propre parti, Arturo Hernandez Cardona.

Il a été révoqué quelques jours après sa fuite.

Pineda, de son côté, est la soeur de trois narcotrafiquants notoires. Elle est considérée par les autorités judiciaires comme la principale opératrice des Guerreros Unidos à la mairie d'Iguala. Elle envisageait de succéder à son époux à la tête de la mairie à l'occasion des élections de 2015.

L'ancien gouverneur du Guerrero, Ángel Aguirre, également élu sous l'étiquette PRD, a dû démissionner de son poste.

Rogelio Ortega, nouveau gouverneur de l'État, a estimé que la capture d'Abarca «signifie la possibilité de trouver des pistes substantielles (...) pour la recherche plus précise pouvant conduire à notre priorité : retrouver les 43 jeunes en vie».

L'affaire a soulevé l'indignation au Mexique pour la collusion directe qu'elle a exposée entre des autorités municipales, la police et le crime organisé.

Les familles des disparus ont exprimé leur colère face aux autorités locales et fédérales pour l'absence de résultat des recherches. Elles ont été reçues la semaine dernière pendant plus de cinq heures par le président mexicain Enrique Pena Nieto.

Plusieurs manifestations se sont déroulées au Mexique pour exiger que les étudiants soient retrouvés. Elles ont pris parfois une tournure violente, avec l'incendie du siège du gouvernement du Guerrero à Chilpancingo ou celui de la mairie d'Iguala.

L'État du Guerrero, un des plus pauvres du Mexique, connaît le plus fort taux d'homicides du Mexique.

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