AFP

Frappes en Irak et en Syrie: menaces de représailles

Dernière mise à jour: 27-09-2014 | 23h03

DAMAS - Le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, a annoncé des représailles «dans le monde entier» contre les pays de la coalition anti-jihadiste menée par Washington, qui multiplie les frappes en Irak et en Syrie.

Les derniers raids aériens, effectués samedi par les États-Unis, la Jordanie, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont visé sept cibles en Syrie et trois en Irak, selon le commandement américain chargé du Moyen-Orient et de l'Asie centrale (Centcom).

Dans une vidéo diffusée sur Internet, le Front Al-Nosra a qualifié les opérations de la coalition de «guerre contre l'islam» et a fustigé un «axe du mal» dirigé par «le pays des cow-boys».

«Ces États ont commis un acte horrible qui va les mettre sur la liste des cibles des forces jihadistes dans le monde entier», affirme dans la vidéo le porte-parole d'Al-Nosra, Abou Firas al-Souri. «Nous sommes engagés dans une longue guerre» qui «pourra durer des décennies», déclare-t-il.

Les États-Unis frappent depuis août en territoire irakien l'organisation État islamique (EI), qui s'est emparée de vastes territoires en Irak et en Syrie, a proclamé un califat, commis de nombreuses exactions dans les zones qu'elle contrôle et assassiné trois otages occidentaux.

La coalition a étendu depuis quelques jours ses frappes aériennes à la Syrie. Les États-Unis ont annoncé mardi y avoir «éliminé» des membres de Khorassan, un groupuscule islamiste proche d'Al-Qaïda qui s'apprêtait selon Washington à lancer des «attaques majeures» aux États-Unis et en Europe.

D'après le Pentagone, Khorassan est lié au Front Al-Nosra. En revanche, des militants et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), proche de l'opposition syrienne, soutiennent que le groupe visé est le Front al-Nosra lui-même, apparu dans le conflit syrien en 2012.

Des tweets envoyés par un jihadiste semblent confirmer que le chef présumé du groupe Khorassan, Muhsin al-Fadhli, aurait été tué dans des frappes, a annoncé samedi SITE, le centre américain de surveillance des sites islamistes.

Les frappes aériennes les plus récentes ont notamment visé la région syrienne d'Aïn al-Arab, où un bâtiment de l'EI et deux véhicules blindés ont été touchés.

Malgré ces raids (les deuxièmes menés par la coalition internationale cette semaine dans ce secteur), les jihadistes de l'EI ont attaqué à la roquette la ville kurde d'Aïn al-Arab (Kobané en kurde), poussant plusieurs centaines d'habitants à se réfugier en Turquie voisine, selon l'OSDH.

L'avancée des jihadistes vers cette ville, qu'ils assiègent désormais de trois côtés, avait auparavant poussé 160 000 personnes à fuir en Turquie.

Les frappes de la coalition ont par ailleurs endommagé «un aéroport tenu par l'EI, une garnison et un camp d'entraînement près de Raqa», le fief du groupe extrémiste sunnite en Syrie, a ajouté le Centcom.

Renfort britannique

Les nombreuses exactions commises par l'EI ont amené les États-Unis à mettre en place une coalition internationale visant à «détruire» ce «réseau de la mort», selon les termes du président américain Barack Obama.

Cette alliance a reçu un renfort de poids vendredi avec la décision du Royaume-Uni de se joindre aux opérations aériennes en Irak, où seuls les États-Unis et la France ont pour l'instant ciblé l'EI.

Deux chasseurs-bombardiers, des Tornado GR4, ont mené samedi une mission d'environ sept heures, selon le ministère de la Défense.

Le Danemark et la Belgique viennent également de décider de participer aux raids en Irak en déployant tous deux des F-16.

En Syrie, les Américains ont pour l'heure été aidés par cinq pays arabes, mais la France n'exclurait plus de frapper aussi dans ce pays. La question est «posée», souligne une source au ministère français de la Défense.

Washington critiqué par Moscou

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a fustigé samedi à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU à New York l'interventionnisme militaire américain dans le monde.

«Les interférences militaires sont devenues la norme, et ce malgré le résultat lamentable des opérations militaires menées par les États-Unis ces dernières années», a déclaré M. Lavrov, citant entre autres les interventions en Irak, en Libye et en Afghanistan.

Pour la Russie, qui soutient le président syrien Bachar al-Assad, les frappes en Syrie ont un caractère illégal tant qu'elles ne sont pas effectuées en coordination avec Damas.

Les États-Unis ont explicitement exclu toute participation de Damas à la coalition et soutiennent des factions rebelles considérées comme modérées qui luttent à la fois contre les jihadistes et contre le pouvoir du président Assad.

Selon la Maison Blanche, la conseillère de Barack Obama à la sécurité nationale, Susan Rice, a rencontré vendredi l'opposition modérée syrienne à Washington, lui apportant son soutien et réaffirmant «que le président Assad a perdu toute légitimité». Le conflit syrien a fait près de 200 000 morts en plus de trois ans.



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