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Le département d'État «regrette» l'exécution d'un Mexicain

Le département d'État «regrette» l'exécution d'un Mexicain

Edgar Tamayo Arias. Photo AFP

Dernière mise à jour: 23-01-2014 | 14h19

WASHINGTON - Le département d'État américain a dit jeudi «regretter» que l'État du Texas ait exécuté la veille un ressortissant mexicain, en violation du droit international, notamment concernant ses droits consulaires.

«Le ministère regrette la décision du Texas d'avoir procédé à l'exécution de M. (Edgar) Tamayo (Arias) sans réexaminer son cas», a écrit dans un communiqué une porte-parole de la diplomatie américaine, Marie Harf, dont le gouvernement fédéral avait réclamé en vain au Texas l'ajournement de cette exécution.

La porte-parole a rappelé que son ministère avait jusqu'à la dernière minute «exhorté le Texas à repousser l'exécution de M. Tamayo afin de pouvoir réexaminer le verdict et la condamnation conformément à une décision» de la Cour internationale de Justice de 2004 sur le non respect par les États-Unis des droits consulaires de ressortissants mexicains condamnés.

Le Mexicain Edgar Tamayo Arias, 46 ans, a été exécuté mercredi soir au Texas, en violation du droit international et malgré les pressions de Washington et le tollé diplomatique, après l'échec de tous les recours de dernière minute. Condamné pour le meurtre d'un policier en 1994 à Houston, Edgar Tamayo avait été privé de ses droits consulaires, en violation de la Convention de Vienne.

Cette Convention de 1963, ratifiée par 175 pays dont les États-Unis, stipule que tout ressortissant étranger doit pouvoir informer et recevoir l'assistance des représentants de son consulat, après avoir été au préalable avisé de ces droits.

Jusqu'au bout, le gouvernement américain, qui s'opposait catégoriquement à cette exécution, avait mis la pression sur le Texas, qui a toutes les prérogatives en matière de justice pénale sur son territoire.

Fin 2013, le secrétaire d'État John Kerry avait déjà demandé un sursis pour M. Tamayo auprès du gouverneur de cet Etat, Rick Perry, insistant sur «l'obligation des États-Unis au regard du droit international», et sur les répercussions inévitables pour tous les Américains emprisonnés à l'étranger.

Car les États-Unis redoutent qu'en cas de non respect des droits consulaires pour les étrangers emprisonnés sur leur sol, les ressortissants américains condamnés et emprisonnés partout dans le monde subissent le même sort.

Plusieurs organisations des droits de l'Homme, dont Amnesty International, dénoncent une «violation honteuse du droit international» dans le cas de M. Tamayo, comme dans celui d'une quarantaine d'autres Mexicains qui sont toujours dans le couloir de la mort aux États-Unis, malgré le jugement de 2004 de la Cour internationale de Justice, réclamant une révision de leur dossier.

«Le respect par les États-Unis de nos obligations internationales (...) est crucial pour pouvoir offrir un accès et une assistance consulaires à nos propres concitoyens arrêtés ou détenus par des gouvernements étrangers», a encore déploré Mme Harf.



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