Le processus pour élire un nouveau pape reprend mercredi matin à la chapelle Sixtine après un premier scrutin où les 115 cardinaux électeurs réunis en conclave au Vatican n'ont pu s'entendre sur le successeur du pape Benoît XVI, au premier tour de vote, mardi soir.
Une épaisse fumée noire s'est échappée de la cheminée de la chapelle Sixtine vers 19h40, heure locale, signifiant ainsi qu'aucun des cardinaux n'avait obtenu les 77 voix nécessaires pour accéder au siège apostolique.
Des dizaines de milliers de personnes étaient présentes pour assister à l'événement à la place Saint-Pierre.
Le suspense durera au moins jusqu'à mercredi matin, alors que deux tours de scrutin sont prévus.
Si aucun cardinal n'est élu mercredi matin, deux autres tours de scrutin seront tenus en après-midi, mercredi.
Vêtus de rouge, les cardinaux venant d'une cinquantaine de pays ont fait leur entrée officielle au conclave à 16h30 (heure locale), mardi, lors d'une procession, après avoir participé à la messe solennelle «pro eligendo Pontifice» (pour l'élection du pontife romain) à la basilique Saint-Pierre.
Ils ont prêté serment en latin en jurant de garder le secret sur le processus électoral et les discussions lors du conclave.
Parmi eux, les trois cardinaux canadiens, soit Jean-Claude Turcotte, archevêque émérite de Montréal, Thomas Collins, archevêque de Toronto, et Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques.
Plusieurs observateurs estimaient qu'il fallait plus d'un tour pour élire le 266e pontife de l'Église catholique.
L'élu devra avoir recueilli au moins deux tiers des 115 voix.
Trois favoris
Trois favoris se détachent du peloton dans la course, selon plusieurs observateurs. Il s'agit du cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan, du cardinal Marc Ouellet, et du cardinal Odilo Pedro Scherer, archevêque de São Paulo.
En entrevue mardi à LCN, Monseigneur Louis Dicaire, évêque auxiliaire du diocèse de Saint-Jean-Longueuil, a indiqué que l'aptitude à communiquer et les habiletés en gestion figuraient parmi les qualités recherchées que devrait posséder le prochain pape. Il n'a pas écarté la possibilité que le successeur de Benoît XVI vienne d'un autre continent que l'Europe.
«Quel sera son degré de préparation? Quelle est sa capacité de gérer l'ensemble de l'Église? Ce sont là des questions qui doivent se poser», a indiqué Mgr Dicaire.
«On cherche souvent un cardinal qui a l'expérience de la Curie, mais on cherche de plus en plus un pasteur. Quelqu'un qui possède ces deux qualités est plus difficile à trouver», a-t-il ajouté.
Selon le vaticaniste français Jean-Marie Guénois, le conclave «ne cherche pas un homme d'une culture donnée, mais un homme, tout court, suffisamment libre de sa propre culture nationale pour être capable d'embrasser toutes les cultures du monde».
Le deuxième tour de scrutin aura lieu en fin d'avant-midi, mercredi, heure de Rome. La fumée annonçant l'élection ou non du prochain pape devrait ainsi être visible au-dessus de la chapelle Sixtine quelque part entre 5h et 7h du matin, heure du Québec.
-Avec AFP