Au moins treize morts dans l'explosion d'une voiture

Frontière Turquie-Syrie - Au moins treize morts dans l'explosion d'une voiture

Des dizaines d'ambulances ont été immédiatement dépêchées sur les lieux de l'explosion pour porter secours aux victimes.Photo Cem Genco / Reuters

Dernière mise à jour: 11-02-2013 | 13h31

REYHANLI (Turquie) - Au moins treize personnes, dont trois Turcs, ont été tuées et une trentaine d'autres blessées lundi après-midi par l'explosion d'une véhicule, apparemment piégé, à la frontière syro-turque, relançant les craintes d'un débordement du conflit qui ensanglante la Syrie depuis près de deux ans.

«Nous avons malheureusement perdu 13 personnes: trois d'entre elles sont turques, les autres syriennes», a déclaré le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Ankara, ajoutant que 27 personnes avaient été grièvement blessées.

«Cet incident montre combien nous avions raison d'être attentifs au terrorisme et au conflit en Syrie. Nous ne ferons de concession sur aucun de ces deux sujets», a ajouté M. Erdogan, sans donner plus de précision.

L'un de ses vice-Premiers ministres, Bülent Arinç, s'est lui aussi refusé à donner des détails sur l'origine de l'explosion. «Toutes les hypothèses sont sur la table», a dit M. Arinç à l'issue de la réunion hebdomadaire du gouvernement.

«L'explosion a touché un minibus immatriculé en Syrie et en provenance de Syrie», s'est-il contenté d'indiquer à la presse.

Plus tôt dans la journée, un responsable du ministère turc des Affaires étrangères a privilégié le scénario d'un attentat à la voiture piégée. «Il y a 51% de chance pour que cette explosion soit une attaque terroriste», a déclaré à l'AFP ce responsable s'exprimant sous couvert de l'anonymat.

Selon les premiers témoignages, le véhicule à l'origine de l'explosion était stationné à une quarantaine de mètres du poste-frontière turc de Cilvezoglu, dans le long no man's land qui le sépare du poste-frontière syrien de Bab al-Hawa.

Une quinzaine d'autres véhicules ont été détruits par la déflagration, selon les images diffusées par les chaînes de télévision turques. La grille du poste-frontière turc et des éléments du toit qui recouvrait le bâtiment ont été soufflés par l'explosion.

Des dizaines d'ambulances ont été dépêchées sur place en provenance de la localité voisine de Reyhanli, dans la province turque d'Hatay.

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a écarté l'hypothèse d'un tir de mortier ou d'un obus pour expliquer l'explosion et évoqué l'hypothèse d'un kamikaze, sans plus de détail. «Il est trop tôt pour tirer la moindre conclusion, l'enquête est toujours en cours», a-t-il déclaré à l'AFP sous couvert de l'anonymat.

Le poste-frontière de Cilvegozu est un important point de passage entre les deux pays, fréquenté par de nombreux camions. «Le secteur touché par l'explosion est utilisé par les organisations humanitaires pour transférer leurs chargements d'un véhicule à un autre», a expliqué le directeur régional des douanes turques, Adnan Korkmaz, cité par l'agence de presse Anatolie.

Cette explosion est l'incident le plus grave intervenu à la frontière entre la Syrie et la Turquie depuis la chute, au début du mois d'octobre dernier, d'un obus tiré par l'armée fidèle au président syrien Bachar al-Assad sur le village frontalier turc d'Akçakale, plus à l'est, qui s'était soldé par la mort de cinq civils turcs.

À la suite de cet épisode, l'armée turque avait riposté à plusieurs reprises à des tirs d'obus visant son territoire en ouvrant le feu sur des positions de l'armée syrienne, faisant craindre un embrasement de la région. La tension est retombée depuis à la frontière entre les deux pays, désormais tenue côté syrien par des unités rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL).

L'explosion de lundi intervient également dix jours après un attentat suicide contre l'ambassade des Etats-Unis à Ankara, qui s'est soldé par la mort du kamikaze et d'un agent de sécurité turc. Cet attentat a été revendiqué par un groupe d'extrême gauche turc interdit, le Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C).

Les États-Unis, l'Allemagne et les Pays-Bas ont déployé le mois dernier sur le sol turc, dans le cadre d'une mission de l'Otan, six batteries de missiles sol-air Patriot destinées à protéger la Turquie d'une éventuelle attaque venue de Syrie.

Après l'avoir longtemps soutenu, la Turquie a tourné le dos au régime du président Assad, dont elle réclame avec insistance le départ.

Les autorités d'Ankara accueillent aujourd'hui près de 200.000 réfugiés syriens qui ont fui les combats dans leur pays.



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