Explosion dans un gratte-ciel: au moins 32 morts

Mexique - Explosion dans un gratte-ciel: au moins 32 morts

On déplore également 121 blessés, dont 52 toujours hospitalisés. Photo Reuters


Sofia Miselem

Dernière mise à jour: 01-02-2013 | 12h58

MEXICO - Secouristes, pompiers, militaires et policiers poursuivaient vendredi leurs recherches, après s'être relayés toute la nuit dans les décombres, au lendemain de l'explosion au siège de la compagnie pétrolière publique Pemex à Mexico, qui a fait au moins 32 morts selon un bilan actualisé.

Dans la tour B du siège social, où a eu lieu l'explosion, les secouristes retirent d'énormes blocs de béton et des tiges de métal tordues, ont constaté des journalistes de l'AFP. D'un côté du bâtiment, s'empilent sièges, papiers, ordinateurs, cartons, archives et autres meubles de bureau, portant les stigmates de l'accident.

«Jusqu'à présent, nous avons 32 morts: 12 hommes et 20 femmes», a déclaré lors d'une conférence de presse au petit matin le directeur général de la compagnie pétrolière publique du Mexique, Emilio Lozoya.

Il a précisé que l'on déplorait également 121 blessés, dont 52 toujours hospitalisés. L'explosion s'est produite jeudi vers 16h (heure locale), à la sortie des bureaux.

«C'était comme pendant un tremblement de terre», a raconté jeudi à l'AFP une employée de Pemex, Astrid Garcia Treviño, qui sortait à peine de la tour pour aller faire une course. «Je suis revenue, j'ai vu toute la partie basse de l'immeuble détruite et je n'ai pas pu entrer», a-t-elle expliqué. «Dans l'entresol, il y avait plus de 1.000 personnes. C'est là que les employés pointent», a ajouté l'employée visiblement sous le choc.

Quelque 200 à 250 personnes se trouvaient jeudi dans la zone concernée par l'explosion, selon M. Lozoya. La tour B héberge 1700 salariés, et 10 000 personnes travaillent sur le complexe chaque jour.

Selon son directeur général, l'entreprise, une des plus importantes compagnies pétrolières au monde, poursuivait normalement ses activités de production vendredi.

Il a répété également que l'origine de l'explosion restait inconnue. «La priorité est la récupération des corps et les soins aux victimes. Nous ne voulons anticiper sur aucune conclusion», a-t-il déclaré, insistant sur la "complexité de ces expertises, menées par des spécialistes" locaux et étrangers.

L'explosion a touché la tour B du siège de la compagnie, mais a également secoué la tour principale, un édifice de 54 étages et plus de 200 mètres de haut, dont des vitres et des murs se sont effondrés.

Une source à la Protection civile a indiqué à l'AFP que l'accident serait dû «à une accumulation de gaz, dans un local électrique», ce qui n'a pas été confirmé officiellement.

Sur place, «les travaux (d'évacuation des décombres) ont duré toute la nuit, ils se sont principalement concentrés sur les sous-sols», a expliqué à l'AFP un membre de la Protection civile.

Les équipes de secours, accompagnées de chiens spécialisés, poursuivent leurs fouilles dans les décombres du sous-sol, du rez-de-chaussée et de l'entresol du bâtiment touché, relié à la tour principale par une passerelle, dont le toit s'est affaissé.

Au moins six ambulances étaient toujours sur place vendredi matin, tandis que la police rétablissait partiellement la circulation sur l'avenue de la Marine, axe très fréquenté de la capitale mexicaine.

«Apparemment, tout le monde a été sorti», a affirmé à l'AFP une infirmière militaire qui n'a pas souhaité donner son nom.

Des proches de salariés de la Pemex ont, eux, passé la nuit devant les trois hôpitaux de la ville, où les blessés sont soignés.

La Pemex, plus grosse entreprise du Mexique (elle produit quelque 2,5 million de barils de brut par jour), a déjà été frappée par plusieurs drames.

En 2012, une violente explosion accidentelle avait tué 30 personnes sur un de ses sites gaziers près de Reynosa, non loin de la frontière américaine.

En décembre 2010, un de ses oléoducs avait explosé à San Martin Texmelucan, dans le centre, tuant 29 personnes et faisant plus de 50 blessés.

Et en 2007, 21 employés avaient péri dans une impressionnante fuite de gaz sur une plate-forme pétrolière dans le golfe du Mexique, la plupart se noyant après avoir paniqué et sauté dans l'eau.


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