Un tireur tue trois personnes

Suisse

Un policier quitte la scène du crime dans le village de Daillon Photo Denis Balibouse / Reuters

Dernière mise à jour: 03-01-2013 | 10h32

DAILLON (Suisse) - Un Suisse de 33 ans, avec des antécédents psychiatriques, a abattu mercredi soir trois femmes en pleine rue, et blessé deux hommes, à Daillon, dans le canton du Valais, provoquant la stupeur dans ce petit village où tout le monde se connaît.

L'homme, originaire de la paisible localité entourée de vignes, a été blessé au cours de son interpellation par la police qui n'a pas révélé son identité. Selon le journal suisse Le Matin, son prénom est Cédric, et c'est un marginal, sans emploi.

«Il y a trois blessés hospitalisés, deux victimes et le tireur», a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police du canton. «Une des victimes est en soins intensifs et se trouve dans un état critique» a-t-il ajouté.

Le tireur est également hospitalisé en soins intensifs, grièvement blessé au thorax. La dernière victime, blessée à l'épaule, est hospitalisée et ses jours ne sont pas en danger.

Selon Le Matin, cet homme blessé à l'épaule, âgé de 63 ans, est l'oncle et le voisin du tueur, qui était à «couteaux tirés» avec lui. Selon des voisins, le sexagénaire, un ancien policier, aurait tenté de raisonner son neveu, qui passait ses journées cloîtré dans la maison familiale que lui avaient laissée ses parents au moment de leur divorce.

Les autres victimes sont trois femmes de 32, 54 et 79 ans, et un hommes de 33 ans, en soins intensifs. Toutes les victimes sont des Suisses.

Le drame s'est déroulé vers 20h50 locales. Les habitants du hameau de 400 habitants ont entendu des coups de feu et des cris et ont averti la police après avoir vu «plusieurs personnes gisant à terre».

À leur arrivée, le tireur a menacé la police contraignant cette dernière à ouvrir le feu et à blesser le tueur, a indiqué la police cantonale.

Connu des services de police

L'homme, qui touche une pension d'invalidité, est connu des services de police en tant que consommateur de marijuana. Il a fait un séjour en hôpital psychiatrique en 2005 à la suite duquel les armes qu'il possédait lui ont été confisquées, selon la police.

Mercredi soir, il a tiré avec au moins deux armes -un mousqueton de l'armée suisse qui n'est plus utilisé depuis des années, et un fusil à grenailles- dont la provenance est inconnue.

Le tireur aurait consommé de l'alcool en début de soirée mercredi selon la propriétaire du restaurant local, «La Channe d'or». Mais les autorités n'ont pas confirmé que le tireur ait été en état d'ébriété lors de la fusillade.

Les Suisses sont amateurs d'armes à feu et, selon des chiffres non confirmés, il y en aurait deux millions d'exemplaires détenus dans les foyers, dont un grand nombre de fusils d'assaut et de pistolets appartenant à des soldats ou d'anciens soldats.

D'ailleurs, il n'est pas rare de croiser dans les trains le dimanche soir, des recrues suisses qui rejoignent leurs cantonnements équipées de leur fusil d'assaut. Le service militaire en Suisse ne se fait pas d'une seule traite, mais en plusieurs périodes de trois semaines, pendant la vie professionnelle. Et les Suisses gardent tout leur équipement, y compris leur fusil d'assaut, chez eux, jusqu'à la fin des périodes de service militaire.

Les Helvètes s'adonnent aussi volontiers au tir sportif, une activité pratiquée dans le cadre de sociétés de tirs très présentes sur le territoire.

La prolifération des armes a été dénoncée maintes fois par des organisations de défense des droits de l'homme, les Églises, les syndicats et les partis politique de gauche.

Plusieurs drames provoqués par des armes à feu ont eu lieu en Suisse ces dernières années. En 2001, un tireur fou a pénétré dans le Parlement cantonal de Zoug, faisant 14 morts. Une ancienne championne de ski, Corinne Rey-Bellet a été abattue en 2006 par son mari tuant également son frère. Enfin en 2009, un soldat a tué une adolescente à un arrêt d'autobus avec son fusil d'assaut.

Une consultation populaire a été organisée en février 2011, pour limiter les armes à feu, mais elle a été repoussée par la majorité des Suisses.


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