Obsèques en Inde de l'infirmière qui s'est suicidée

Canular - Obsèques en Inde de l'infirmière qui s'est suicidée

Son mari, Benedict Barboza, son fils de 16 ans, Junal, et sa fille de 14 ans, Lisha, ont été rejoints par des proches et des habitants de la petite ville de Shirva pour une cérémonie religieuse empreinte d'émotion et rythmée de prières et de chants en konkani, la langue régionale.Photo: Danish Siddiqui / Reuters

SHIRVA (Inde) - Environ 2 000 personnes ont assisté lundi dans une église catholique du Sud-Ouest de l'Inde aux obsèques de l'infirmière retrouvée pendue après un canular téléphonique à l'hôpital où était soignée l'épouse du prince William, un drame qui a choqué la population locale.

Dans une déclaration lue par un ami après l'inhumation, sa famille a déclaré n'avoir «presque plus la force de pleurer» après la mort à 46 ans de Jacintha Saldhana, d'origine indienne. Elle a précisé que la police londonienne enquêtait sur les raisons de son geste.

Son mari, Benedict Barboza, son fils de 16 ans, Junal, et sa fille de 14 ans, Lisha, ont été rejoints par des proches et des habitants de la petite ville de Shirva pour une cérémonie religieuse empreinte d'émotion et rythmée de prières et de chants en konkani, la langue régionale.

Le cercueil, couvert de fleurs et sur lequel avait été apposé un portrait, a été transporté de Mangalore, dans l'État du Karnataka, à l'église Our Lady of Health de Shirva. L'infirmière a été inhumée dans le cimetière de cette petite ville d'où est originaire son mari, située à 50 km de Mangalore.

«Benedict est devenu veuf et ses enfants orphelins de mère. Prions pour son âme», a déclaré pendant la célébration Ronald Saldanha, un membre de sa famille.

Son cercueil avait d'abord été transporté dans la maison de sa belle-mère où des femmes en deuil ont entonné des chants.

«C'est un moment de tristesse. Rien d'autre, juste la douleur», a confié à l'AFP M. Menezes, un informaticien vivant dans un pays du Golfe et rentré en Inde pour Noël.

Son corps avait été rapatrié dimanche de Grande-Bretagne, après une messe d'hommage samedi en la cathédrale londonienne de Westminster. Elle habitait depuis 12 ans en Grande-Bretagne, après avoir vécu à Oman avec sa famille.

Les proches de Jacintha, née à Mangalore, ne souhaitaient pas communiquer avec la presse après la frénésie médiatique qui a suivi l'annonce de sa mort.

Elle a été retrouvée morte le 7 décembre dans les logements réservés aux infirmières de l'hôpital londonien King Edward VII, trois jours après avoir été abusée au téléphone par des animateurs d'une radio australienne qui s'étaient fait passer pour la reine Elizabeth II et le prince Charles.

Selon un journaliste local, s'exprimant sous couvert d'anonymat, la population s'identifiait à son parcours de vie.

De nombreux foyers ont des proches ayant choisi de s'exiler en Grande-Bretagne ou dans les pays du Golfe pour trouver un emploi dans le secteur tertiaire ou de l'ingénierie et envoyer une partie de leurs salaires à leur famille restée en Inde.

«Les gens sont curieux et veulent savoir ce qui s'est passé», jugeait ce journaliste.

Des équipes de télévision se bousculaient pour filmer le service religieux depuis l'entrée principale de l'église et obtenir des images de l'enterrement, tandis qu'une foule compacte derrière des cordons observait la mise en terre.

Sur la tombe, une simple croix en noir et blanc mentionnaient le nom de l'infirmière, sa date de naissance et celle de sa mort.

John Rodrigues, rentré à Shirva après avoir travaillé dans le secteur énergétique au Proche-Orient, estimait qu'il y avait encore «beaucoup de confusion dans l'esprit des gens sur les raisons de sa mort».

Les raisons du geste de Jacintha Saldanha n'ont pas été révélées. Mais l'infirmière a laissé trois notes.

Selon le journal britannique The Guardian, une de ces notes évoque le canular, l'autre donne des instructions pour ses funérailles et la troisième «concerne l'hôpital et contient des critiques sur le personnel».

L'hôpital, où était soignée Kate pour de fortes nausées en début de grossesse, a assuré avoir soutenu son employée qui n'a fait l'objet d'aucune «mesure disciplinaire».

La radio australienne 2Day FM, auteur du canular, a elle offert 500 000 dollars australiens (environ 513 000 CAN) à la famille de l'infirmière, et suspendu «jusqu'à nouvel ordre» les deux animateurs qui avaient passé le coup de téléphone.


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