Au moins 45 morts dans des attentats

Irak - Au moins 45 morts dans des attentats

Il s'agit de la deuxième série d'attaques visant les chiites en l'espace de trois jours.Photo: AFP

Dernière mise à jour: 29-11-2012 | 11h41

Hilla (Irak) - Au moins 45 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées et 205 blessées jeudi dans des attentats ayant visé la communauté chiite et les forces de l'ordre, remettant une fois de plus en question la capacité du gouvernement à assurer la sécurité du pays.

Il s'agit de la deuxième série d'attaques visant les chiites en l'espace de trois jours. Mardi, au moins 12 personnes avaient péri et 50 avaient été blessées dans des attentats près de lieux de culte chiites à Bagdad.

Dans la ville de Hilla, à 95 km au sud de Bagdad, deux bombes ont explosé jeudi au passage d'un groupe de pèlerins chiites, tuant 28 personnes et blessant 85 autres, ont indiqué la police et un médecin.

Parmi les morts figurent deux femmes, trois enfants et deux médecins, ont-ils précisé.

Les forces de sécurité ont interdit l'accès au site de l'attentat et établi des barrages à travers la ville afin de fouiller les voitures, a rapporté un journaliste de l'AFP, ajoutant que les magasins environnants avaient fermé leurs portes.

Dans la ville sainte chiite de Kerbala, un peu plus au sud, une voiture piégée a explosé sous un pont, tuant cinq personnes et en blessant 13 autres, selon un responsable de la police et un médecin.

Par ailleurs, une attaque à la voiture piégée contre une patrouille militaire à Falloujah, à l'ouest de Bagdad, a fait trois morts parmi les soldats, blessant trois autres soldats et quatre civils. À Mossoul (nord), un policier et un civil ont été tués et deux policiers blessés dans une attentat similaire visant une patrouille de police, selon des sources médicales et sécuritaires.

Chaque année, des millions de chiites convergent vers Kerbala pour les célébrations de l'Achoura commémorant le martyre de l'imam Hussein - petit-fils du prophète Mahomet, tué en 680 à Kerbala -, qui ont culminé dimanche. Des pèlerins de tout l'Irak continuent de se rendre ensuite vers Kerbala lors des 40 jours de deuil suivant l'Achoura.

Baisse de la vigilance

Cette année, même si trois pèlerins ont été tués et 35 blessés dans des attentats, les célébrations tenues jusqu'à dimanche ont été relativement épargnées par les violences par rapport aux années passées.

Mais les attentats de cette semaine remettent une fois de plus en question la capacité des forces de sécurité à assurer la stabilité du pays, qui se remet à peine d'un sanglant conflit interconfessionnel.

Les combattants sunnites de l'État islamique en Irak (ISI), branche d'Al-Qaïda dans le pays, tentent fréquemment de déstabiliser le gouvernement du chiite Nouri al-Maliki par le biais de violentes attaques contre les forces de sécurité et la communauté chiite, majoritaire en Irak.

«Ce qui s'est passé, c'est que les forces de sécurité (qui) étaient au maximum de leur (vigilance) et de leur mobilisation» durant l'Achoura, ont baissé leur garde après les commémorations, a estimé Ali al-Haidari, expert irakien en sécurité et stratégie.

«Les forces de sécurité sont généralement fatiguées après de telles occasions, et l'ennemi en profite. À cela s'ajoute l'absence d'une technologie moderne pouvant détecter les explosifs», a-t-il ajouté.

Les violences sont quasi-quotidiennes en Irak même si elles ont considérablement diminué depuis le conflit confessionnel de 2006-2008.

Les États-Unis avaient retiré en décembre 2011 leurs dernières troupes d'Irak après une présence de près de neuf ans. Ils avaient envahi le pays en 2003 et renversé le président Saddam Hussein.


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