La mobilisation se poursuit en France

Contre le mariage gai - La mobilisation se poursuit en France

Des milliers de personnes sont de nouveau descendues dans les rues pour dénoncer le projet de loi du gouvernement socialiste.Photo Thomas Samson


Valentin Bontemps

PARIS - Manifestants en soutane ou brandissant des croix chrétiennes: la mobilisation contre le mariage homosexuel s'est poursuivie dimanche en France avec un rassemblement à Paris à l'appel d'une organisation proche des catholiques intégristes, qui a été marqué par des incidents.

Au lendemain d'une première démonstration de force avec plus de 100 000 manifestants dans plusieurs villes de France, des milliers de personnes sont de nouveau descendues dans les rues de la capitale pour dénoncer le projet de loi du gouvernement socialiste d'ouvrir le mariage et l'adoption aux couples homosexuels.

Tranchant avec l'ambiance bon enfant des défilés de la veille, entre ballons roses et poussettes, le ton s'est durci dès le début du rassemblement convoqué par l'Institut Civitas devant le ministère de la Famille, où des militantes du mouvement féministe ukrainien Femen et des journalistes ont été agressés.

«Une dizaine de militantes des Femen avaient décidé de faire une protestation pacifique et drôle, d'arriver habillées en nonnes avec des slogans humoristiques, et quand elles se sont avancées vers les manifestants, des types les ont pris en chasse, déchaînés», a raconté à l'AFP la journaliste et essayiste Caroline Fourest.

«Les filles ont pris des coups dans toutes les parties du corps», ainsi que des journalistes qui les avaient filmées, a-t-elle ajouté par téléphone depuis un fourgon de police.

Des photographes ont été «molestés», a également rapporté un photographe de l'AFP.

Le gouvernement n'aura «aucune tolérance» à l'égard des violences de l'extrême droite, a prévenu sa porte-parole, Najat Vallaud-Belkacem, se déclarant «profondément choquée» par ces agressions.

Parmi les manifestants défilant aux cris de «oui à la famille, non à l'homofolie», figuraient de nombreux jeunes gens, certains en soutane, mais aussi des retraités et des familles, brandissant des drapeaux bleu-blanc-rouge, des croix chrétiennes, ou des banderoles ornées de fleurs de lys.

«Boîte de Pandore»

«Notre objectif, c'est de mener une véritable bataille pour la sauvegarde de la famille et de l'enfant», a déclaré à un petit groupe de journalistes Alain Escada, responsable de Civitas.

L'institut Civitas, qui souhaite "rechristianiser la France des clochers et des cathédrales", revendique 1.200 adhérents et un réseau de sympathisants d'environ 100.000 personnes.

«Le mariage homosexuel, c'est la boîte de Pandore qui va permettre que d'autres revendiquent le mariage polygame, ou le mariage incestueux», a-t-il affirmé, assurant vouloir «libérer la parole des Français».

Un retraité venu de Bretagne (ouest) à bord d'un car affrété par Civitas s'inquiète : «un enfant ne peut pas s'épanouir normalement s'il n'a pas un père et une mère; c'est contre-nature».

Une dame d'origine polonaise de 60 ans, se présentant comme «docteur en sciences», affirme, statuette de la Vierge Marie en main, que «la femme a été créée pour mettre les enfants au monde, ça ne peut pas être autrement».

Pour Alain Escada, l'homosexualité est un «mauvais penchant qui nécessite d'être corrigé et une personne qui a de tels penchants devrait être abstinente».

Dimanche, la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a dit «respecter l'inquiétude» des opposants au mariage homosexuel tout en affirmant que le gouvernement ne renoncera pas à son projet de loi, qui sera soumis pour débat à l'Assemblée nationale le 29 janvier.

La ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, a pour sa part déclaré que le gouvernement allait répondre à «un certain nombre de contre-vérités» concernant l'ouverture du mariage aux homosexuels.

Elle a jugé «intolérables» et «tout à fait contraires aux valeurs de la Républiques» les affrontements intervenus lors de la manifestation de dimanche.


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