New York accueille en sauveurs les travailleurs d'Hydro-Québec

NEW YORK - Dans les zones dévastées par l'ouragan Sandy à New York, les travailleurs d'Hydro-Québec, qui prêtent main-forte depuis trois semaines, sont accueillis en véritables sauveurs.

«On avait vu des images à la télévision, mais en arrivant ici, jamais on n'aurait imaginé que ça serait aussi pire», a dit d'emblée François Fortier, responsable de mission pour Hydro-Québec.

Debout dans les ruines d'un quartier de 80 maisons complètement rasé par les flammes, il a encore du mal à réaliser l'ampleur de la catastrophe. «Le plus difficile, c'est de voir la misère, les gens en détresse qui ont tout perdu. C'est incompréhensible», a ajouté M. Fortier.

Trois semaines plus tard, les besoins sont encore criants dans les zones les plus sinistrées de New York comme Long Island ou Staten Island. Le gouverneur de l'État, Andrew Cuomo, a demandé une aide de 30 milliards $ au gouvernement fédéral pour tout reconstruire.

Breezy Point, un quartier de Long Island complètement ravagé par le feu et l'eau, c'est un peu le «Ground Zero» de cette catastrophe qui a coûté la vie à plus de 100 Américains, le 29 octobre dernier.

«C'est la pire situation que j'ai vue. Des quartiers entiers sont complètement dévastés», a dit Daniel Dumas, coordonnateur des mesures d'urgence, qui a aussi travaillé durant la crise du verglas en 1998. Il est surpris de la résilience des New Yorkais. «Malgré tout ce qu'ils vivent, les gens nous remercient», a-t-il précisé.

Alors qu'à Manhattan tout est rentré dans l'ordre, ici c'est encore la désolation et l'opération nettoyage vient à peine de commencer. Les rares habitants qui n'ont pas déserté l'endroit se promènent parmi les montagnes de sable et de débris, les voitures incendiées, les maisons déracinées et les camions de l'armée. On se croirait dans un film post-apocalyptique. Au moment de mon passage, Marine One, l'hélicoptère présidentiel, a survolé le quartier.

Parmi les décombres et les cendres, on trouve encore des objets qui rappellent un quotidien figé par la catastrophe, comme une collection de vinyles ou une boîte à musique muette. La seule touche de couleur vient des drapeaux américains accrochés un peu partout.

En début de semaine, près de 10 000 foyers étaient toujours privés d'électricité à Long Island et la colère envers le fournisseur d'électricité «Long Island Power Authority» (LIPA) est palpable. LIPA a d'ailleurs reçu une citation à comparaître cette semaine concernant leur gestion de la crise. Le dirigeant de la compagnie a aussi remis sa démission.

Dans ce contexte, les travailleurs d'Hydro-Québec sont accueillis en héros. Au plus fort de la crise, ils étaient 300, ces jours-ci, ils sont 50. C'est le plus grand nombre d'employés jamais envoyés en dehors du Québec. On écrit «Merci Québec» dans les fenêtres des maisons, dans la poussière de leurs camions, on leur apporte des chocolats, des cafés et des biscuits.

Les équipes travaillent 16 heures par jour depuis près de trois semaines. Au début, ils ont campé dans des camions-remorques transformés en dortoirs. «Les premiers jours n'étaient pas faciles, mais les gens nous apprécient beaucoup, ça nous encourage. On est fiers», a dit Jean Tétreault, qui travaille pour Hydro-Québec depuis 23 ans.

Hydro-Québec envoie des équipes de soutien aux États-Unis depuis le passage de l'ouragan Gloria en 1986.


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