Israël bloque les routes principales autour de la bande de Gaza

Dernière mise à jour: 16-11-2012 | 15h07

JERUSALEM - Des combattants palestiniens à Gaza ont tiré vendredi des roquettes en direction de Jérusalem et Tel-Aviv, poussant Israël à mobiliser des dizaines de milliers de réservistes en prévision d'une éventuelle offensive terrestre contre l'enclave palestinienne.

Au troisième jour de l'offensive «Pilier de défense», l'armée israélienne a poursuivi ses raids aériens sur Gaza mais a aussi bloqué toutes les routes principales autour de l'enclave palestinienne près de laquelle se massaient des transports de troupes blindés et des bulldozers.

Au total, 28 Palestiniens ont péri dans quelque 500 raids israéliens, alors que que trois Israéliens ont été tués par une roquette palestinienne dans le sud d'Israël, près de la bande de Gaza.

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À New York, l'ONU et des diplomates ont annoncé une visite «bientôt» du patron des Nations unies Ban Ki-moon dans la région afin de convaincre Israël et les Palestiniens de s'accorder sur une trêve. Les Palestiniens ont précisé qu'elle aurait lieu «dans 2 ou trois jours».

Dans une nouvelle escalade, le mouvement islamiste Hamas au pouvoir à Gaza a lancé une roquette qui est tombée, sans faire de victime, dans une zone inhabitée à cinq kilomètres au sud-ouest de Jérusalem, selon la police israélienne.

C'est la première fois dans l'histoire du conflit israélo-palestinien qu'une roquette tirée de Gaza tombe près de la Ville Sainte, coeur politique d'Israël à environ 65 km de l'enclave palestinienne.

À Gaza, la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a revendiqué le tir sur Jérusalem. «Nous avons bombardé Jérusalem occupée avec une roquette M75 mise au point par Al-Qassam», a-t-elle écrit dans un communiqué.

Ce tir est survenu après ceux jeudi et vendredi de trois roquettes contre Tel-Aviv, la ville économique du pays plus au nord, dont deux sont tombées en mer. Jamais un projectile tiré depuis Gaza n'était tombé aussi profondément en territoire israélien.

Dans la bande de Gaza, un territoire exigu de 362 km2 pauvre et surpeuplé où Israël a lancé mercredi son offensive avec l'assassinat du chef militaire du Hamas Ahmed Jaabari, les frappes ont tué neuf Palestiniens vendredi, selon des sources médicales.

Nouvelle mobilisation

Cette escalade est survenue malgré les appels internationaux à la retenue et après la brève visite à Gaza du Premier ministre égyptien Hicham Qandil, dont le pays a dénoncé «une agression (israélienne, ndlr) flagrante contre l'humanité" et promis qu'il "ne laisserait pas Gaza seule».

Face à la persistance des tirs de roquettes, le secrétaire du cabinet israélien Zvi Hauser a entamé des consultations téléphoniques avec les principaux ministres pour obtenir leur feu vert en vue de mobiliser jusqu'à 75 000 réservistes, selon un communiqué officiel.

Auparavant, le ministre de la Défense, Ehud Barak, avait déjà ordonné le rappel de nouveaux réservistes, après le début de mobilisation de 16 000 d'entre eux.

«L'aviation a mené l'essentiel des missions et nous avons enregistré des succès significatifs. L'armée est désormais prête à élargir l'opération», a déclaré le ministre des Affaires stratégiques Moshé Yaalon.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en pleine campagne électorale, avait dit jeudi que son pays prendrait «toute action nécessaire» face aux roquettes de Gaza.

Au début d'une réunion d'urgence de la direction palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie, le président palestinien Mahmoud Abbas a assuré que l'offensive israélienne n'arrêterait pas la demande d'élévation de la Palestine au statut d'État non membre de l'ONU, prévue le 29 novembre malgré l'opposition d'Israël.

357 roquettes en trois jours

Depuis mercredi, 357 roquettes ont été tirées de Gaza sur Israël, dont 197 ont été interceptées par le système anti-missile «Iron Dome», selon un nouveau bilan de l'armée.

Des manifestations de soutien au Hamas, un mouvement qui prône la lutte armée contre Israël et refuse de le reconnaître, ont eu lieu en Cisjordanie, en Iran, au Caire et dans les camps palestiniens au Liban.

Plusieurs pays occidentaux, dont les États-Unis et l'Allemagne, ont appelé l'Égypte, dirigée par les Frères musulmans, mouvement dont est issu le Hamas, à exercer son influence pour calmer la situation.

Au Liban, le mouvement chiite Hezbollah, qu'une guerre dévastatrice a opposé en 2006 à Israël, s'est félicité des frappes sur Tel-Aviv, parlant d'un développement «significatif».

Après l'Égypte, la Tunisie a annoncé que son ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem se rendrait samedi à Gaza.

Jaabari est le plus important chef militaire palestinien à avoir été tué par un raid israélien depuis la fin de la dévastatrice offensive «Plomb durci» (décembre 2008-janvier 2009) qui n'avait pas permis l'arrêt des tirs de roquettes palestiniennes.


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