MANILLE - Les Philippines ont annoncé dimanche avoir renforcé la protection des ambassades des États-Unis, de Grande-Bretagne, du Canada et d'Australie et d'autres pays occidentaux à Manille en raison de menaces liées vraisembablement à Al-Qaïda.
L'ambassade américaine a émis vendredi un appel à la prudence destiné à ses ressortissants, évoquant une menace non spécifique identifiée par des «services de sécurité fiables».
La Grande-Bretagne, le Canada et l'Australie ont émis un avis similaire samedi, mettant en garde les Occidentaux contre le risque d'une attaque contre des ressortissants ou des intérêts américains.
La porte-parole adjointe du président philippin, Abigail Valte, a confirmé que Washington avait demandé à Manille des mesures de sécurité supplémentaires. «Par mesure de précaution, nous avons répondu à leur demande de relever le niveau de sécurité» autour de leur mission diplomatique, a-t-elle dit à la radio.
Des responsables des services de renseignement philippins et occidentaux ont fait état par le passé de l'existence de cellules dormantes de militants d'Al-Qaïda à Manille.
En novembre 2010, l'administration américaine avaient dit craindre des attentats contre des lieux fréquentés par des étrangers dans la capitale de l'archipel philippin où sévissent plusieurs milices islamistes, essentiellement présentes et actives dans le sud.
Parmi ces groupes armés, Abou Sayyaf reste aujourd'hui le plus virulent alors que Manille a ouvert des négociations avec le Front moro islamique de libération (MILF).
Fondé au début des années 1990, Abou Sayyaf a commis plusieurs attentats meurtriers, dont l'incendie criminel d'un ferry au large de Manille en février 2004 qui avait fait 116 morts.
Il est également à l'origine de la prise d'otages le 23 avril 2000 de 21 personnes, dont dix touristes occidentaux, sur l'île malaisienne de Sipadan, libérés contre des millions de dollars.
Abou Sayyaf ne compte plus que quelque 300 membres, mais il survit grâce au soutien de communautés musulmanes dans le sud des Philippines et à l'argent tiré des kidnappings et autres activités criminelles.