TULLE - François Hollande a affirmé dimanche que les Français avaient «choisi le changement» en le portant à la présidence de la République, après avoir remporté le second tour du scrutin face au sortant Nicolas Sarkozy.
«Les Français en ce 6 mai viennent de choisir le changement en me portant à la présidence de la République», a-t-il déclaré devant ses partisans à Tulle (centre de la France), son fief, ajoutant qu'il serait le «président de tous».
«Je mesure l'honneur qui m'est fait et la tâche qui m'attend. Devant vous, je m'engage à servir mon pays avec le dévouement et l'exemplarité que requièrent cette fonction», a-t-il ajouté.
«J'adresse un salut républicain à Nicolas Sarkozy qui a dirigé la France pendant cinq ans et qui mérite à ce titre tout notre respect», a poursuivi François Hollande alors que ses supporters ont hué le nom du président sortant.
«J'exprime ma profonde gratitude à toutes celles et à tous ceux qui ont par leurs suffrages rendu cette victoire possible», a-t-il souligné, en demandant à être «jugé sur deux engagements majeurs, la justice et la jeunesse».
«L'Europe regarde»
François Hollande a estimé que «l'Europe regarde» la France et que «l'austérité ne peut être une fatalité».
«Aujourd'hui-même, responsable de l'avenir de notre pays, je mesure aussi que l'Europe nous regarde. Au moment où le résultat a été proclamé, je suis sûr que dans bien des pays européens, ca a été un soulagement, un espoir, l'idée qu'enfin l'austérité ne pouvait plus être une fatalité», a déclaré M. Hollande.
Socialistes et libéraux européens saluent la victoire de François Hollande
Le chef de file des socialistes au Parlement européen, l'Autrichien Hannes Swoboda, et le président du groupe libéral, le Belge Guy Verhofstadt, ont salué la victoire de François Hollande et critiqué le bilan européen de Nicolas Sarkozy.
«En élisant clairement François Hollande, les Français ont rejeté le style de la présidence de Nicolas Sarkozy. Ils ont sanctionné ses dérives sur l'immigration et Schengen qui n'ont fait qu'alimenter le nationalisme et le populisme», écrit M. Swoboda dans un communiqué.
«La victoire de François Hollande ouvre la voie au changement en Europe» et il «peut compter sur l'appui de tous les socialistes et démocrates européens dans sa volonté de sortir l'Europe de la politique d'austérité pure et dure imposée par le couple Merkozy», poursuit-il. «Comme François Hollande, nous voulons une autre Europe, une Europe socialement plus juste, plus solidaire, et économiquement plus forte».
De son côté, M. Verhofstadt «se félicite des résultats du scrutin, dans la mesure où» M. Hollande «a pris des engagements forts pour une relance du projet européen».
«Nicolas Sarkozy est un homme énergique qui a mis son énergie au service de positionnements sur la crise de la zone euro ainsi que sur Schengen particulièrement décevants et qui ont été une source de préoccupation pour ceux qui, comme moi, attendent autre chose de la France», écrit-il.
Avec François Hollande «s'ouvrent de nouvelles perspectives pour la gouvernance économique de la zone euro». «Il conteste le traité budgétaire, et il a tort», juge M. Verhofstadt, ajoutant: «il veut le compléter par un volet de croissance et il a raison».
Le président du Parlement européen, le socialiste allemand Martin Schulz, avait réagi très vite à l'élection de M. Hollande par un message sur Twitter: «Félicitations à François Hollande. C'est le moment pour un changement de direction en Europe».
Sans attendre la réaction officielle de la Commission européenne, la commissaire à la Justice, Viviane Reding, qui s'en était prise violemment aux expulsions de Roms par la France en 2010 en les comparant à des épisodes de la Seconde Guerre mondiale, a également réagi sur Twitter, par un message lapidaire:: «Une France de la justice, enfin!».
Selon l'institut CSA, M. Hollande a obtenu 51,8% des voix contre 48,2% à Nicolas Sarkozy. Pour Ipsos, le socialiste a remporté 51,9% des suffrages et pour TNS Sofres 52%.