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Notre envoyé spécial en France

Les socialistes encouragés par le débat des présidentielles

Agence QMI 
Une chronique de François Bugingo
02/05/2012 20h14 
 
 
Notre envoyé spécial en France - Les socialistes encouragés par le débat des présidentielles
Le journaliste François Bugingo. 
© Courtoisie

PARIS - Les camps de Sarkozy et de Hollande nous avaient invités tous les deux au débat de la campagne présidentielle, mercredi soir. Nous avons choisi de passer la soirée au 10, rue Solferino, le quartier-général du Parti socialiste, car, arrivé en tête au premier tour des présidentielles et favori des sondages, François Hollande était celui qui avait beaucoup à perdre. Et rue Solferino.

Impossible de manquer la table des victuailles en rentrant. Vous l'ai-je déjà dit ? Les petits fours servis aux journalistes au Parti socialiste (PS) sont savoureux, et le vin généreux (dans le camp de Sarkozy, nous devons nous contenter de boissons sans alcool). Un peu plus et un esprit mal tourné prétendrait qu'au PS on trinque déjà, avant l'heure, à cette victoire que leur prédisent avec entêtement les sondages. Au milieu de la centaine de journalistes déjà sur place, les lieutenants de François Hollande s'évertuent à démentir les excès de confiance et rappellent que l'élection déterminante n'est pas avant dimanche.


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21 h à Paris, le débat commence. Cinq minutes à peine et déjà une collègue de l'agence Reuters s'écrie : «Oh p… il attaque !» Sarkozy a en effet commencé fort alors que, très technique, Hollande lui chiffre son argumentaire. «Sors de là, Hollande, sors de là, implore une assistante socialiste, parles au cœur !» Presque en réponse à cette prière, le candidat socialiste lance des pointes d'humour et recueille des applaudissements dans la salle de presse.

Dans la pièce où sont réunis à huis clos les cadres du parti, la confiance revient. Assez pour laisser rentrer quelques caméras pour les filmer. Et une heure après le début du débat, Benoît Hamon, le porte-parole socialiste, me souffle dans l'oreille : «Le scénario d'attaque de Sarkozy s'effondre : il a en face de lui un adversaire qui le regarde droit dans les yeux et le challenge sur son bilan. Il est tellement nerveux qu'on a l'impression que c'est la caméra le cadrant qui bouge.»

Soixante minutes plus tard pourtant la nervosité s'installe chez les socialistes : le débat peine à avancer et ils redoutent que leur candidat baisse la garde. La peur ici est qu'à cause de la fatigue, les tics et les coups mal calculés ne prennent le dessus et n'aient raison de la prestation de François Hollande.

Mais finalement, il n'aura rien lâché.

Lorsque les responsables du parti viennent à la rencontre des journalistes, le sourire est au rendez-vous. Sûr de lui, Benoît Hamon veut renverser les rôles et demander aux journalistes de déterminer le gagnant. Mais très vite il ne peut s'empêcher de pavoiser : «Dire que Sarkozy, affirme-t-il, voulait trois débats. Durant la première partie, il a été acculé, poussé dans les cordes. La soirée a donc tenu sa promesse, elle a été déterminante, car elle a conforté les Français dans leur choix pour Hollande. Ce soir, je suis un socialiste heureux.»

Mais, trop à son bonheur, Benoît Hamon en a échappé une belle : «Sarkozy a tenté de traiter Hollande de menteur. Mais des deux, on aura tous vu que ce fut lui le plus menteur.» Qu'un match de menteurs donc ? Oups !



 
 






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